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Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]

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Sorcier Suprême
♠ Emploi : Sorcier Suprême, consultant en sciences occultes, ancien neurochirurgien / médecin. ♠ Gif :
MessageSujet: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Lun 21 Mai 2018 - 14:51
Don't be shy, step into the light
Statut du sujet : Privé ft. Jessica Drew
Date du rp : Situé avant le RP event "A Magic World"
Météo & moment de la journée : Après-midi, journée ensoleillée.
Autre : Appartement luxueux au dernier étage d'un immeuble au Centre de Los Angeles. Lorsqu'on y rentre après y avoir été invité, au lieu de se retrouver dans un appartement moderne, on se retrouve à la place au coeur du Saint des Saints, exactement identique à celui de Greenwhich Village, vaste manoir sur deux étages et aux multiples pièces et recoins, le tout décoré dans un style ancien et victorien. En revanche, si on n'y a pas été invité, on pénètre dans un appartement moderne avec vue sur la ville tout ce qu'il y a de plus banal. Magie magie.




Docteur Strange & Jessica Drew
Don't be shy, step into the light



Quatre nouveaux livres. C'était cela que portait Stephen sous son bras alors qu'il marchait tranquillement dans les rues de Los Angeles, pour revenir jusqu'à chez lui après une sympathique virée jusqu'à sa librairie préférée. La jeune libraire était charmante et amusante, derrière son air intellectuel et presque timide parfois. Oui, le Sorcier s'était habitué à aller là-bas, lorsqu'il avait besoin de nouveaux livres. Des livres de loisir, s'entend. Car les livres de magie ne se trouvaient définitivement pas dans les librairies du coin. En général, il devait les débusquer à grand renfort d'incantations et de combats contre de farouches gardiens attitrés avant de pouvoir récupérer les fameux ouvrages ou artefacts aux quatre coins des dimensions du multivers. Mais Stephen, dans son isolement imposé par ses fonctions, et son ennui d'immortel, avait aussi besoin de se changer les idées, et, fidèle à sa soif de savoir naturelle, la lecture était toute indiquée pour cela. Des livres d'histoire, des atlas, des manuels scientifiques ou de médecine et de chirurgie - sa vieille et éternelle passion - des romans policiers, parfois. Il fallait dire que le Docteur n'avait pas un rythme de vie commun. Ses activités avaient lieu à toute heure du jour et de la nuit, sans beaucoup de répit, aussi était-il devenu incapable de vivre selon le cycle des gens normaux. Et cela lui causait régulièrement des insomnies qu'il se devait d'occuper, soit en charmante compagnie féminine, soit en se plongeant dans des activités comme la lecture ou les arts martiaux lorsque le multivers était à peu près calme. Cela lui évitait de penser à Clea, et de se morfondre sur ses sentiments pour elle dont, après tant d'années, il restait définitivement prisonnier.

Profitant du soleil, Stephen passa par le parc le plus proche. Il ne sortait pas souvent sur Terre. Il avait visité mille royaumes, milles réalités, aux paysages tous plus époustouflants et étranges les uns que les autres, et en oubliait parfois d'admirer la beauté naturelle de son propre monde. Aussi savoura-t-il cette petite marche.

En retrouvant le quartier central de Los Angeles, aux immenses buildings, Stephen finit par arquer un sourcil en observant le sommet de celui où il vivait. Personne n'aurait pu voir à cette distance, mais il avait senti scintiller l'Oeil d'Agamotto pendant sur son élégant complet sur mesure le temps d'une seconde. De quoi lui faire savoir qu'une énième fois, quelqu'un s'approchait un peu trop du Saint des Saints. Et en augmentant sa vue par la magie, fixant l'immeuble, Stephen vit une silhouette furtive ramper sur les vitres de son domicile. Encore elle. Spider-Woman. Il ne savait pas depuis combien de temps elle l'épiait, mais depuis plusieurs jours, il avait fini par remarquer sa présence et son insistance à guetter ses allées et venues hors de chez lui. Il n'était jamais simple de repérer des espions et des espionnes surentraînées. Sans la magie, il n'aurait jamais pu "sentir" sa présence. Bien, il semblerait qu'il était temps d'en finir avec cela, car cela n'avait que trop duré. Trop de jours qu'elle agissait ainsi sans jamais se révéler ni oser venir le voir. A croire qu'elle cherchait à rentrer chez lui en douce sans y parvenir. Les enchantements protégeaient ce lieu sacré avec une redoutable efficacité, et tout regard à travers les baies vitrées ne dévoilaient que l'intérieur d'un luxueux appartement tout ce qu'il y avait d'américain. Le Saint des Saints ne se révélait qu'à ceux qui étaient invités par le Maître des lieux.

Dans un soupir, Stephen ôta l'enchantement d'invisibilité sur sa Cape de Lévitation pourtant sur ses épaules depuis le début. Ses pieds quittèrent le trottoir sous quelques élans de surprise des gens autour, et il vola droit en direction de son building. Il fit le tour du sommet sans la trouver de prime abord, sa cape rouge volant au vent autour de lui. Elle se cachait ou il rêvait...? Préférant ne pas lui forcer la main par la magie sous peine de provoquer des réactions violentes non-désirées, Stephen se posa sur le toit, près de l'antenne géante. Tout en tenant les livres entre son torse et son avant-bras gauche, il enfouit l'autre main dans la poche de son pantalon, reculant le pan de sa longue veste. « Vous comptez vous cacher de moi encore longtemps ou vous aviez un jour prévu de venir me parler ? La politesse n'est clairement pas le fort des agents du SHIELD, » lança-t-il à la volée. Il y avait un peu de vent, mais le soleil était chaud et la vue splendide. « Cela fait quoi, quatre ans ? Cinq ans ? Si c'est pour me remercier, une simple lettre aurait suffit. Sachez qu'il n'y a pas de quoi, » ajouta-t-il, sarcastique mais sans méchanceté. Stephen était comme ça, son flegme calme et titillant ne changerait probablement jamais. Patient, il attendit donc que l'espionne daigne enfin sortir de sa cachette.




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Hydra
♠ Classe et nom de code : Spider Woman ♠ Emploi : Agent d'Hydra infiltré au SHIELD et agent du SHIELD infiltré chez HYDRA ♠ Gif :
MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Lun 21 Mai 2018 - 16:48
Help me. Please. Help me.

Elle n’arrive pas à se souvenir ce qui a fait réellement fait basculer sa décision. De le savoir ici, lui aussi ? Si près d’elle avec, peut-être, les réponses qu’elle veut le plus au monde ? Peut-elle aimer de nouveau ? Pourquoi son cœur semble-t-il si sombre ? Pourquoi ne ressent-elle plus les émotions passées ? Pourquoi a-t-elle autant changé ? Et-il possible qu’il l’aide, contre Hydra s’ils lui retirent ses pouvoirs ? Oui, les dossiers du SHIELD. Une mission avec une agent, Johnson.

D’abord, elle use, comme à son habitude les réseaux de caméras, rien de plus simple, finalement, pour une agent du SHIELD et si Hydra le voit, elle peut toujours dire qu’elle cherche à l’amener chez le Poulpe. Un magicien comme Strange, c’est toujours bon ! Pourtant, c’est plus profond. Elle se souvient de la douleur, ces quelques mois dans le coma, son corps endormi, son esprit dans une sorte de monde parallèle où le monde est identique mais où elle n’a que sa solitude comme amie. Mais ses amis l’avaient appelé, il était venu, il l’avait sauvé et était parti sans demander son reste.

Jessica avait du vivre en humaine, sans ses pouvoirs, comme dans sa jeunesse passée, de très nombreuses années avant, maintenant. Elle avait repris un travail, son travail, détective, avec la peur au ventre de faire ce qu’elle ne pouvait plus faire et sans comprendre pourquoi ses pouvoirs n’étaient pas revenus. Par la faute de Strange, elle avait dû suivre Hydra. S’il était resté, il aurait pu l’expliquer et elle aurait pu se battre pour Hydra, mais plus à présent.

Depuis quelques jours, souvent dans son costume jaune et rouge, elle se présente, elle est furtive, mais voyante. Elle cherche à se faire voir, elle veut qu’il la voie. Elle est jamais si loin et dés qu’il part, qu’il s’absente, elle tente d’entrer, mais jamais elle ne trouve l’antre du magicien. Au fond d’elle, elle bouillonne, si seulement, elle pouvait trouver un livre qui pourrait l’aiguiller, l’aider et ne pas faire face à cet homme…

Et d’un coup, elle entend des voix, des cœurs qui s’affolent, des murmures. Un homme en cape qui vient de s’élever dans les airs ? Elle sait. Il sait. Il devine sa présence, elle entend, par personnes interposées, qu’il arrive pour elle. Alors, dans un premier temps, elle se fond dans la masse, contorsionnée presque pour échapper au regard du magicien. Pourtant, c’est ironique alors qu’elle fait tout depuis quelques pour qu’il sache enfin qu’il est observé. Des semaines à le surveiller, à vouloir rentrer dans sa tanière, à vouloir comprendre qui il est vraiment et ce qu’il s’est passé il y a quelques années pour elle.

Elle entend le froissement de sa cape, le cœur battant du magicien si proche et pourtant si éloigné. Et sa voix résonne dans sa tête, ses oreilles tremblent de la voix suave de l’homme en face d’elle. Après tout, elle aurait pu tomber sur un magicien vert, petit et rabougri d’un style japonais quelconque. D’un nom beaucoup moins classe que Docteur Strange, comme Babidi, qui aurait pu finir en bobidi bouh, comme dans ce compte Disney. Pourtant, il est bien là, en chair et en os, et en charme derrière cette absence de sourire et sous cette voix chaude.  Sa voix résonne donc et les paroles énervent la jeune femme. Oui, jeune malgré son âge bien plus avancé que l’homme en face d’elle. Elle le laisse finir, ses poings se ferment et elle sort de sa tanière, son costume de Spider-Woman, délaissant symboliquement les deux uniformes sombres que sa vie de mensonges lui force à porter. Ici, c’est Jessica et Spider-Woman qui viennent…chercher de l’aide, finalement. Pourtant, si ses yeux sont cachés par son masque, ses lèvres ne se fendent pas d’un sourire.

- Vous osez réellement parler de politesse, Strange ? Je ne suis pas ici pour vous remercier, où sans doute devrais-je vous remercier d’être parti sans attendre mon réveil et me laisser dans cette…vie ?

Sa voix tremble plus qu’elle ne le voudrait. Lui, cet homme, elle sait qu’elle lui doit la vie, mais elle sait aussi, qu’elle en attend encore plus et se retrouver dans cette position n’est pas au gout de l’araignée. Elle sait aussi, que lui est un rappel de son échec cuisant, de sa vie disparut, de sa douleur constante. A présent, face à lui, elle doute. Peut-il réellement l’aider ? Pourtant, il se souvient d’elle. Il a du vivre autant d’aventures qu’elle, si ce n’est plus et pourtant, il se souvient d’elle. Elle, elle ne peut l’oublier, cette situation et cette absence quand elle en avait eu besoin, mais pourquoi se souvenir d’elle ? Elle lui en veut. Elle est reconnaissante. Elle est perdue. Elle ne le connait pas, elle ne sait pas si elle peut réellement lui faire confiance, s’il sera près à l’aider, mais elle ne sera pas plus douce pour autant. Elle sent que la douceur a disparut qu’elle a changé.

- Vous vous pavanez avec votre cape et vos pouvoirs, mais vous êtes-vous arrêtez une seule et simple seconde face à vos…patient, docteur ? Dans toute votre carrière, magique où non, vous vous êtes préoccupez de l’après ?

Sa voix ne tremble plus. La tristesse, on la perçoit. Le désespoir, aussi. La colère, surtout. En bas, dans la rue, on observe, on parle, on prend en vidéo cet homme à cape et cette femme à costume. Ils attirent plus le regard qu’elle ne le voudrait et son envie de partir est proportionnelle à son envie de le frapper. Pourtant, malgré ses yeux masqués, elle ne le lâche pas du regard, elle l’observe, elle le détaille, elle essaie de passer le masque qu’il a lui même sur le visage. A-t-elle raison d’être venue ?




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Sorcier Suprême
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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Mar 22 Mai 2018 - 21:55

Docteur Strange & Jessica Drew
Don't be shy, step into the light



Enfin, l'intrus sortit de sa tanière. Magnifique silhouette svelte et dangereuse au regard blanc mais définitivement sévère à n'en pas douter. Spider-Woman. Stephen s'était attendu à tout sauf à ce ton maîtrisé mais vibrant d'une colère subtile. Une colère qu'il sentait dirigée à son égard. Il arqua un sourcil interrogateur en l'écoutant parler. Elle lui en voulait. Il lui avait sauvé la vie, et elle lui portait une animosité qu'il ne comprit pas de suite. Son costume n'aidait pas à déchiffrer ses expressions, avec son visage plus de moitié masqué. Mais le ton suffisait à lui seul à lui faire comprendre sa rancoeur. Génial. Il aidait les gens, sauvait le monde à peu près tous les jours de menaces que personne ne voyait, et malgré cela, on trouvait toujours le moyen de venir lui reprocher des choses. Ce monde était épuisant, et sa population, agaçante. Pourrie gâtée, d'une certaine façon, à toujours exiger et exiger encore sans jamais se satisfaire de ce qui lui était donné. Ce fut au tour de Stephen de se parer d'une expression impassible, voire froide alors qu'elle renchérissait en osant le juger, dénonçant son comportement envers ses patients ou les personnes qu'ils secourait.  

« Me préoccuper d'un après ? Oh, non... ne me dites pas que j'ai oublié de vous inviter à prendre le thé après une étreinte chaleureuse et une tape sur l'épaule à votre réveil. » s'exclama-t-il en tapant sa paume contre son front dans un geste exagérément sarcastique. « J'ai manqué à tous mes devoirs, c'est vrai que je n'avais que ça à faire que de veiller jusqu'à votre réveil pendant des jours, le reste du multivers pouvait bien attendre. » Cynique et cassant, le Sorcier franchit les quelques pas qui le séparaient de son interlocutrice pour venir la toiser de toute sa hauteur. Il planta son regard perçant, clairement irrité, dans le sien, et s'attela à préciser ce que visiblement certains refusaient de comprendre, dans cette vie comme dans celle d'avant. « J'étais neurochirurgien, et non psychologue ou assistant social. Je suis Sorcier Suprême aujourd'hui, et là aussi, magie, vous noterez que ça ne sonne ni comme psychologue, ni comme assistant social, et encore moins comme votre ami ou votre famille. C'est leur rôle de vous cajoler lorsque vous vous brisez un ongle, Mademoiselle Drew, pas le mien. Chacun son fardeau. Si vous avoir sauvé la vie ne vous suffit pas, jetez-vous de ce toit et finissez-en au lieu de venir me balancer votre petite colère à la figure comme une enfant capricieuse qui n'a pas eu l'attention qu'elle voulait, » fit-il, cinglant. Venir l'agresser chez lui, avec cette ingratitude, quel culot. Clairement, il n'appréciait pas du tout.

Si le magicien réagissait si férocement, c'était, certes, parce qu'il ne tolérait pas qu'on l'agresse ainsi, surtout quand il estimait avoir agi pour sauver une vie, mais aussi parce qu'au fond, elle avait touché un point sensible. Il savait qu'elle avait énoncé un fond de vérité qui lui collait à la peau depuis ses jeunes années de chirurgien. Il sauvait des vies, il avait toujours eu ça dans le sang, dans le coeur même. Mais il avait toujours peiné à à être ouvert envers ses patients, à être compréhensif, vers les gens en général, même. Son enfance avait été martelée de deuils enchaînés les uns après les autres. Toutes les personnes qui lui avaient été les plus chères, toute sa famille, sa soeur, ses frères, ses parents, étaient morts devant ses yeux, parfois de manière violente et cruelle par l'impuissance qu'il avait ressenti à ne pas pouvoir les sauver. Sa soeur morte noyée à côté de lui, ses gestes de premiers secours échoués, son corps sans vie sur la pelouse où il l'avait traînée sur le bord du lac où quelques minutes avant, ils jouaient ensemble. Ces images le hanteraient à jamais. Le sentiment d'échec, aussi. Cela avait motivé sa volonté de devenir médecin, de sauver des vies. Comme pour essayer de compenser cela, en vain. Oui, il voulait sauver des gens, mais il était bloqué, il ne pouvait pas aller plus loin. Garder une distance émotionnelle, c'était s'assurer de tenir le coup, de ne pas s'attacher, pour ne plus souffrir comme il avait souffert. Traumatisme de sa jeunesse, jamais assumé, jamais vraiment surmonté. Réflexe défensif vieux comme le monde dont il n'avait pas l'exclusivité, beaucoup de héros et même de gens normaux étaient comme lui, à garder les autres éloignés dans une sorte de survie. Mais ce réflexe avait fini par devenir un trait bien ancré de sa personnalité. Alors, il ne laissait approcher personne. De toute façon, à quoi bon. Une vie normale lui était interdite, une famille, ou quoi que ce soit d'approchant, son rôle le lui refusait par nature. Lassitude, mais facilité, aussi.

« Bien, maintenant, si vous avez fini, soit vous partez, soit vous entrez pour m'expliquer enfin les raisons de votre présence ici, » reprit-il plus calmement en se redressant, ouvrant un portail à côté d'eux menant directement à l'intérieur du Sanctuaire, dans le salon principal. Qu'elle l'agresse encore était son choix, mais lui avait autre chose à faire, et son temps était précieux. Si elle avait un problème qui concernait ses fonctions et capacités, il tenterait de l'aider, c'était son rôle et jamais il ne tournait le dos à ce pour quoi on l'avait choisi. Mais si elle tergiversait, tant pis pour elle. Malgré son agacement, Stephen demeura gentleman, et, joignant les mains dans son dos, attendit qu'elle fasse son choix et daigne passer la première par le portail. Galanterie oblige, même si parfois, certaines ne la méritaient pas. Cependant, Stephen avait beau être un homme froid, ses rancoeurs ne duraient jamais vraiment. Il avait cette incroyable faculté de passer à autre chose une fois un problème réglé, et son masque professionnel avait donc pris le dessus dans la foulée de leurs politesses de bonjour.

Le portail se referma derrière lui et il apprécia ne plus subir les quelques rafales de vents qui soufflaient peu avant en haut du building. « Thé, café... quelque chose ? » demanda-t-il en passant devant elle dans le Sanctuaire, pour la guider jusqu'à la partie de l'étage où se trouvaient canapés et fauteuils confortables sous les fenêtres du plafond. Il se délesta de sa Cape de Lévitation en chemin, qui partit sur son porte-manteau attitré, pour ne rester qu'en complet. Inutile pour le moment de revêtir sa tenue de Sorcier tant qu'il ignorait de quoi il retournait. La réponse de son insolente invitée du jour permit à Wong de venir servir les boissons peu après sur un plateau, avant de se retirer aussi vite qu'il était venu. Parfois, sa dévotion le gênait encore. Il avait beau avoir tenté de lui dire que les serviteurs ça n'existait plus, du moins dans le monde occidental, rien à faire, il persistait à "servir le Sorcier Suprême jusqu'à la mort". Invitant d'une main Jessica à prendre place où elle le désirait, il s'assit face à elle et accrocha son regard de nouveau. « Bien, et si vous me disiez précisément pourquoi vous souhaitiez me voir ? Si votre démarche est sincère, vous ne chercherez évidemment pas à me mentir, si vous tenez à ce que je vous aide. Dans le cas contraire, je le saurai, » déclara-t-il en la détaillant des yeux, cherchant à savoir à l'avance par un quelconque indice comportemental ou autre ce qui l'amenait chez lui. Mais dans son uniforme, et surtout son masque, il restait difficile de la déchiffrer un tant soit peu, en tout cas sans magie.




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Hydra
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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Mar 22 Mai 2018 - 23:53
Help me. Please. Help me.

Elle pourrait regretter. A une époque, elle aurait regretté et aurait tenté de s’adoucir, mais cette époque était révolue. Dans les tentacules d’Hydra, au fond d’elle, ce qu’elle cherchait, c’était la fin. Sa fin. Elle est bien trop âgée pour subir tout ça. Elle serait prête à donner sa vie si seulement, elle pouvait laisser une chance au monde de s’en sortir. Elle croisa les bras, le toisant d’un regard féroce sans qu’il ne puisse le voir. Son masque, elle le bénissait depuis des années à présent. Depuis son retour, depuis Hydra surtout. Elle n’arrivait presque plus à sourire, elle n’arrivait plus à blaguer, à piquer son peu d’amis qui lui restait avec le même entrain qu’avant. Elle vivait dans le mensonge et semblait s’y accommoder. Il semblait ne pas comprendre et vu l’accueil, elle ne voulait pas faire un pas vers lui. Au contraire.

Les poings de l’araignée se serrèrent quand il reprit. Comment pouvait-il se moquer d’elle ? Elle ne supportait pas les gens comme lui et elle n’allait pas perdre sa verve face à lui, et ce, même s’il pouvait la tuer d’un claquement de doigts. En soit, elle comprenait. Elle n’était qu’un grain de sable dans l’univers et il était bien plus important, pourtant, elle ne subit aucun complexe d’infériorité. Elle était importante, elle aussi. Elle n’est pas l’univers, mais qu’est-ce qui peut le pousser à choisir ? Rendre la vie et ne pas aider par la suite ? Comment peut-il ainsi réagir, sans sourciller ? Et puis, elle comprend. Elle avait fait ça, pendant des années, à moindre mesure en tant que détective et faisait ça tous les jours à cause d’Hydra. Elle avait repoussé ses amis pour les protéger eux, mais surtout, pour se protéger elle.  Avait-elle aussi était une garce sans cœur avec ses clients ? Et ses amis ?

Ses poings sont toujours serrés, elle sent aussi que ses pouvoirs la démangent. Depuis quand ne lui a-t-on pas adressé la parole de cette manière ? Et pourtant, l’aube d’un sourire carnassier prend place sur ses lèvres délicieusement rosée. Elle entend de plus en plus le cœur battant du magicien, cette musique qu’elle entend quotidiennement et relève le visage, même si à demi caché vers lui. Elle ne baissera pas la tête, pas même si elle est venue pour lui, pour son aide.  Elle écouta et senti son sang bouillir au fond d’elle. L’espace d’une seconde, elle vit même ses mains s’illuminait, mais une profonde respiration calma la colère qui l’animait.

Les dernières paroles lui firent mal. Elle n’avait pas eu d’enfance. Confinée dans un caisson pour survivre alors que ses parents mourraient. Oui, elle n’avait pas eu l’attention et quand elle l’avait eu, c’était d’Hydra, qui l’avait formé à tué. Elle avait été une arme tellement d’année que dès son plus jeune âge, elle avait dû refouler ses émotions primaires. Pourtant, elle ne bascula pas dans la facilité.

- C’est donc ça ? Monsieur se croit supérieur parce qu’il a été chirurgien. Soulignons le été, voulez-vous. Vous avez tellement présumez de vos forces, de votre capacité à dépasser la vie et la mort elle-même que vous avez était inattentif. C’est quelque chose de famille, ça, Strange, non ? Les accidents. Vous voulez quoi ? Une médaille en plus de votre médaillon pour sauver des vies ? Vous croyez être le seul à le faire ? Sous prétexte que vous êtes sorcier, vous vous pensez supérieur à une araignée ? Je vous rappelle qu’on respecte ses ainées, alors surveillez bien votre langage envers moi. Tandis que vous n’étiez qu’un ado pré-pubère complexé dans sa vie, j’étais déjà en marge pour sauver le monde.

Elle était tout aussi cassante et cinglante, mais à la différence de Strange, elle, elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin.

- N’avez-vous eu aucun scrupule de manipuler ainsi Namor et Hulk ? On vois ici votre grande bonté envers les autres. Vous sauvez, oui, mais pas pour eux, pour vous. Pour votre misérable et pathétique fierté à se sentir plus fort que tout le monde. Que croyez-vous que l’on fass, quand, vous aller affronter le Baron Mordo ? Que l’on dresse un tapis rouge pour vous ? Je n’ai pas eu l’ongle cassé ! J’ai perdu la vie ! J’ai été au combat, moi aussi, j’ai donné mon temps et mon énergie, alors veuillez bien à cesser votre étalage de compétence en face de moi.  Vous voulez jouer carte sur table avec moi, Strange ? Jouons.

Elle s’approcha d’un pas, réduisant l’écart, sentant même la chaleur du corps de Strange l’effleurer, mais la machine était lancé et elle ne voulait et surtout, ne pouvez pas s’arrêter.

- Vous vous croyez unique ? Pensez-vous vraiment être le seul à avoir perdu des proches ? A se sentir coupable ? A avoir une vie qui mettrait en péril quelqu’un ? Ne pas pouvoir se reposer sur quelqu’un parce que l’on attend de vous que vous soyez fort. Cessez votre jeu avec moi. Vous croyez que le matin, dans votre miroir vous êtes le seul à ressentir cette solitude, parfois même ce dégout de soi ? Avez-vous seulement pu, une fois, aimer quelqu’un ? Et le perdre ? Remettre sa vie, ses espoirs entre les mains d’un autre ? Et après, on se sent vide, on se démène, mais on arrive plus. Vous n’êtes pas unique, Strange, alors cessez de pseudo flegme anglais, vous faites honte à mon pays.


Avait-il seulement l’habitude qu’on lui tienne tête à ce point ? Elle était plus âgée, avait l’expérience et même si elle venait en demande, elle ne pourrait pas permettre à quelqu’un d’autre de la mettre plus bas que terre. Oui, ainsi, elle montrait que durant ses cinq années, elle l’avait observé, elle l’avait suivi du regard. Elle avait attendu tant d’années avant d’avoir le courage d’affronter ses problèmes et de venir le voir, mais si elle devait repartir parce qu’elle en avait trop dit, tant pis. Elle n’était plus à une douleur près. Elle n’avait rien dit, non, elle ne se jetterait pas de ce toit, d’ailleurs, elle survivrait grâce à ses capacités spéciales, mais oui, si elle servait de bouclier entre les moins résistants et les dangers, sans doute que ça n’était pas que par charité d’âme. Elle ne comprend pourtant pas une chose. Des gens, elle en a croisé, souvent. SHIELD, Hydra, la Main pour les organisations, elle a même été avec les Vengeurs. Durant ces cinq années, elle a côtoyé des gens, des bons, des mauvais, des verves acérés, mais jamais… Jamais elle n’avait fait ce qu’elle venait de faire. Ses épaules semblaient moins lourdes. Comment avait-il pu, en quelques phrases la faire sortir de ses gonds aussi facilement ? Presque un siècle et pourtant, il avait réussi.

Elle reste pourtant, quelque peu surprise qu’il l’invite, tout de même à entrer. Une fois le portail ouvert, elle se place dans sa direction et observe. Elle en avait entendu parler, bien sûr, mais c’était…impressionnant. La magie. Il était près à écouter, mais une nouvelle question venait de se poser : Etait-elle prête à parler ?  Pourtant, alors que son cerveau tergiversait sur un possible mutisme, elle fut surprise de voir ses pas bouger et avancer. Elle resta d’autant plus surprise, par le portail, par l’endroit où ils étaient, si différents de ce qu’elle avait pu voir par les fenêtres. Elle ne se risqua pas à faire un commentaire, aucun moyen qu’elle ne flatte son égo, non. Pas après l’avoir descendu plus tôt. Elle remit ses longs cheveux en ordre et tourna la tête vers un autre homme. Elle le regarde de haut en bas, elle savait qui il était puisqu’elle suivait Strange depuis des années.

- Whisky. Le verre et la bouteille.

Elle avait été directe, mais elle connaissait son propre « médicament ». Il lui fallait beaucoup d’alcool pour être ivre, mais elle avait besoin d’alcool, sans cesse à présent. Elle savait tendre vers l’alcoolisme, ses proches le savaient et sincèrement, elle s’en moquait. Elle suivit en silence Strange, ses yeux cachés par son masque tentaient de photographier tout ce qu’elle voyait. Elle resta surprise, risqua un temps d’arrêt quand elle vit la cape bougeait, seule. Bordel, la magie, c’est beau quand même. Elle avait beau être en colère, elle trouvait tout ça…fascinant. Elle regarda la cape, installée le plus normalement du monde et ravala son sourire bien rapidement. Elle continua de suivre l’homme jusqu’à ce qui lui indique un fauteuil. Elle se glissa dedans avec finesse et délicatesse, ce qui détonnait cruellement de ce demi-visage fermé. Elle avait accordé un signe de tête à l’autre homme, surprise par cette attitude de valet. Elle fixa l’homme avant de boire une gorgée de whisky et de relever la tête avec un léger rictus.

- Je vois que l’on a bon gout. Je suis étonnée. C’est donc à ceci que ressemble l’antre d’un magicien ? N’est-ce pas un trop rangé…Houdini ?


Oui, elle était là pour son aide, mais elle était bien trop en colère. Elle aurait pu dire qu’elle n’était pas une menteuse, mais si vraiment il avait les moyens de savoir si elle mentait où non, il saurait que c’était faux. Aussi, perturbé par la manière de demander, elle ne savait pas quoi répondre. Elle resta quelques secondes à l’observer avant de boire de nouveau dans son verre. A coup sûr, prendre une cuite avec celui là lui ferait mal aux cheveux !

- Je… Je veux savoir ce qu’il s’est passé ce jour là. Quelque chose… n’a pas dû se passer correctement. J’ai cette impression de… ne pas être revenue…entièrement.


Voilà. Enfin, elle venait de demander à Strange de l’aider. Enfin, elle avait mis des mots sur sa douleur face à celui qui pouvait comprendre et l’aider. Enfin, maintenant, elle commençait à ressentir de la peur.



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Sorcier Suprême
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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Jeu 24 Mai 2018 - 22:23

Docteur Strange & Jessica Drew
Don't be shy, step into the light



« Non. Pas d'alcool. Vous êtes venue ici pour obtenir mon aide, non celle fantoche de cette bouteille, sinon autant repartir d'où vous venez, vous aurez tout le loisir de vous saouler encore et encore sans jamais venir à bout de ce qui vous tourmente. Ce problème-là il vous faudra le traiter avec un addictologue, pas avec moi. De plus, pour bien faire mon travail, j'ai besoin que vous soyez sobre et concentrée. » Sa voix s'était élevée, sans appel, à peine la commande de son interlocutrice passée. Et Wong avait agi en conséquence en apportant un plateau contenant café, thé, et quelques jus de fruits. Tout pouvait être modifié de toute façon à la guise de Stephen si elle désirait autre chose, du moment que cela ne contenait pas d'alcool. Tant pis si cela courrouçait son invitée. Il serait mentir que de dire que contrer ainsi sa volonté ne lui procurait pas un léger plaisir, étant donné la colère sourde qui l'habitait depuis plusieurs minutes déjà. Depuis le toit. Avait-il eu raison ? Avait-il eu raison de ravaler son égo et de ne pas surenchérir après tout ce qu'elle avait osé lui dire, alors que mille mots plus sévères encore lui avaient brûlé les lèvres ?

Installé dans son fauteuil, face à elle, il la fixait certes stoïque, mais non sans une lueur d'animosité au fond de ses yeux terriblement clairs. Il la regarda prendre ses aises en y allant de ses petits commentaires. Clairement, il ne manquait que peu de chose pour pouvoir percevoir à l'oeil nu les éclairs d'inimitié qui se dégageaient d'eux. C'était bien dommage, parce que c'était une belle femme, et trop de sarcasme lui ôtait ce charme qu'il lui devinait aisément sous son masque. Mais il y avait des gens avec qui le courant ne passait, ou pas de la bonne manière. Vu ce qu'elle lui avait dit, il avait toutes les raisons de se verrouiller face à elle, plus encore qu'envers quiconque étant donné ce qu'elle savait sur lui.

« Trop... rangé ? Rien n'est jamais trop rangé, » réagit-il, piqué par cette étrange critique, bien plus que le "Houdini" dont elle osa l'affubler. Puis, il demanda enfin à savoir les raisons de sa venue, précisant que le mensonge était à proscrire. Elle mit un certain temps avant de répondre, temps pendant lequel le silence s'installa entre eux. Pour autant, il garda ses iris vissées sur elle, joignant ses mains devant son menton dans une position de réflexion typique, cherchant à lire chaque tressaillement, chaque mouvement qu'elle effectuait. Et à cacher le fait que ses paroles persistaient à résonner dans son esprit. Sur les accident, sur sa famille, sur ses manipulations passées envers ceux qui étaient aujourd'hui ses alliés et amis. S'il avait fait pénitence pour ces derniers, il estimait en revanche ne pas avoir sauvé assez de vies, assez de mondes et de dimensions, pour affranchir son coeur du sentiment d'impuissance et de culpabilité qui le rongeait concernant la mort de sa famille.

Stephen balaya ces pensées lorsqu'elle reprit la parole, pour enfin dévoiler ce qui la perturbait assez pour l'avoir amenée jusqu'à lui. « Je… Je veux savoir ce qu’il s’est passé ce jour là. Quelque chose… n’a pas dû se passer correctement. J’ai cette impression de… ne pas être revenue…entièrement. » Il conserva le silence pendant quelques instants, sans bouger de sa position. Cela ne se percevait pas, mais ces quelques paroles avaient activé ses réflexions à vitesse grand V, comme à chaque fois qu'il se dédiait corps et âme à son rôle. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais certainement pas d'être fainéant ni mauvais dans ce qu'il faisait. Ce n'était pas pour rien que plus de quarante ans après sa "nomination", il était encore Sorcier Suprême.

Perdu un instant dans ses songes, Stephen ne mit pas longtemps à comprendre de quoi il retournait, ou tout du moins, à en avoir un fort pressentiment. Elle n'avait pas dit grand chose, mais bien assez pour déjà l'aiguiller sur les quelques possibilités explicatives de son mal-être. Et, si par pure rancoeur il aurait pu se réjouir intérieurement de ce mal, ce fut l'inverse. Il s'inquiéta. Si c'était ce dont il redoutait, elle ignorait à quel point elle risquait de souffrir, que ce soit pour y remédier, ou en refusant de le faire. Dans les deux cas, elle était coincée. En cet instant, il savait déjà. Et en fut presque peiné d'avance pour son invitée. Alors, sans un mot, il se leva de son fauteuil et marcha jusqu'à l'une des bibliothèques un peu plus loin. Il se devait de vérifier son instinct, son expérience, par du concret. « Vous avez attendu bien longtemps avant de venir chercher de l'aide ici... » constata-t-il d'une voix assez forte pour qu'elle puisse l'entendre. « Avez-vous déjà cherché et reçu de l'aide sur ce sujet ces dernières années, notamment celle d'un télépathe ? Si oui, pour quelles raisons a-t-il échoué à vous aider ? Que vous a-t-il dit ? Si non, pourquoi ne pas avoir commencé par cela ? Il est autant possible que votre problème puisse venir de vos traumatismes et de facteurs psychosomatiques que des événements mystiques ayant eu lieu il y a cinq ans, » continua-t-il. Il parcourut du regard et de l'index les différents ouvrages avant de trouver celui qu'il cherchait. Il l'attrapa et l'ouvrit pour consulter rapidement les pages, les faisant tourner par télékinésie pour plus de vitesse, jusqu'à celle qui titillait sa mémoire. « Ou peut-être des deux, » ajouta-t-il en arquant un sourcil à cette réflexion qu'il se faisait plus à lui-même qu'autre chose. Le livre ouvert dans sa main, tête baissée plongée dedans, Stephen revint jusqu'à son fauteuil pour s'y rasseoir. Il écouta ses réponses sans la regarder cette fois, sans cesser de lire les quelques pages qui confirmaient de plus en plus ce qu'il craignait, et dépoussiéraient ses souvenirs sur ce genre de problématique. Il se flatta intérieurement de constater que ses souvenirs étaient exacts. Toujours une aussi bonne mémoire.

Il poursuivit sa lecture pendant plusieurs minutes sans se soucier de la faire attendre dans le silence de son mutisme concentré. Puis, enfin, il referma le livre dans un brusque claquement et le posa sur l'accoudoir pour ne plus y toucher. Son visage se releva vers elle, fermé, presque grave. « Je peux vous aider, » dit-il. « Mais cela ne se fera pas sans mal. Si c'est bien ce que je crois - et je me trompe rarement - cela signifie que votre problème s'est enraciné depuis cinq ans. Plus l'attente est grande, plus il devient difficile d'y remédier. Il va nous falloir repartir sur le plan astral, où vous étiez prisonnière. Pour y entrer, il faudra que je vous hypnotise, afin d'atteindre votre subconscient responsable d'une partie de votre problème, puisque c'est lui-même qui a décidé de laisser une partie de vous là-bas, une partie que vous ne vouliez pas ramener. Ensuite seulement, je vous ferai basculer sur le plan astral pour récupérer cette partie de vous, » expliqua-t-il méthodiquement comme un chirurgien expliquerait son opération à un patient. Ce qu'il avait fait pendant des années. Les vieilles habitudes avaient la peau dure.

Evidemment, cela ne plut pas vraiment à la jeune femme que d'entendre cela, sans surprise pour le Sorcier. Il précisa d'ailleurs, implacable, mais désireux de faire preuve de pédagogie pour qu'elle comprenne que sa propre réaction était la première barrière : « Soyons bien d'accord, le premier obstacle à la solution, n'est autre que vous-même. Par peur, douleur, ou déni, c'est contre vous que nous allons devoir combattre. J'y suis passé aussi, il y a bien longtemps, je ne vous mentirai donc pas, ce sera, pour vous, douloureux, car il est toujours complexe de s'affronter soi-même. Mais cela le sera toujours bien moins que si vous ne faites rien, et gardez cela jusqu'à la fin de vos jours. Cela vous rongera et vous détruira bien plus que ce que vous pensez avoir enduré jusqu'à présent. »

Ses yeux clairs observèrent chacune des réactions de son interlocutrice sans que jamais il ne réagisse physiquement, ou très peu. Oui, lui-même avait dû affronter ses peurs, ses blocages, ses angoisses, face à l'Ancien. Il avait été mis à rude épreuve physiquement, en combat, en magie, en savoir, mais le plus dur avait été l'épreuve de l'esprit, du coeur et de l'âme. Sondé, mis à nu, forcé d'affronter ce qui le détruisait. Stephen connaissait ses propres défauts, ses propres démons. Il savait qu'ils ne disparaîtraient jamais vraiment, en tout cas pas ceux concernant sa famille. Et c'était cette vérité qu'il avait dû affronter. Celle de savoir que certes il avait échoué à les sauver, qu'il leur avait même survécu sans le mériter, mais que surtout, sa peur d'être à jamais hanté par cela était vraie : il devrait à jamais porter ce poids coupable sur lui, car aucun remède n'existait aux blessures de l'âme liées à la famille. Tout le reste, les traumatismes de guerre ou de la médecine, les démons et autres combats mystiques, étaient traumatisants mais surmontables au fil du temps et de la méditation. La famille ne l'était jamais, par nature ancrée dans le coeur et le façonnement de tout être. Et c'était en acceptant cela, au lieu de le nier, de le fuir, qu'il avait réussi à passer la dernière épreuve. « Je ne ferai rien sans votre accord. Personne ne peut aider un malade qui refuse de se soigner. La balle est donc dans votre camp, Mademoiselle Drew. »




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I'm unstoppable, I'm invincible, I win every single game
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I'm so confident, I'm unstoppable today
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Hydra
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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Ven 25 Mai 2018 - 16:25
Help me. Please. Help me.

Le fauteuil est confortable. Ni trop dur, ni trop mou. Confortable à souhait, assez pour qu’on se sente comme dans un nuage et qu’il épouse toutes les formes de l’araignée.  Elle croise les jambes, son pied en l’air, trahi sa nervosité naissante et commence à battre la mesure. Pas n’importe quelle musique, mais celle des battements de cœur de Strange, comme si elle se rattachait un peu plus à lui, comme si, c’était cette musique qui viendrait lui donner le courage de continuer.

Pourtant, cette musique est brisée par la voix de l’homme et le pied se fige, trahissant l’étonnement, le résultat des paroles du sorcier. Elle se sent humiliée. Terriblement humiliée. Elle le foudroie d’un regard qu’il ne peut voir, encore caché par son masque et se demande ce qu’elle pourrait bien faire pour se venger de lui, mais la raison, cette fois, reprend le relai. Il  n’avait rien quand elle avait parlé. Humilié, rabroué, incendié, mal traité le sorcier, dehors. Il avait accepté, il avait été le plus censé des deux, sur le coup. Alors, après tout, n’était-ce pas de bonne guerre ? Elle acceptait. Ce qu’elle n’acceptait pas, c’était sa faiblesse. Dans la crainte des dires de Strange, elle avait demandé une bouteille, non juste un verre, ce qui serait sans doute passé. Elle avait montré son seul soutient depuis des années, surtout depuis qu’elle était revenue dans cette ville. Son pied rattrapa la mesure, sur une musique lente, celle de son propre cœur. Elle était venue demander son aide sur un sujet bien spécifique, et pourtant, elle avait montré que la partie visible n’était rien comparée au gouffre en elle. Ses mains étaient serrées entre elle, une façon pour garder sa colère qui gronder. Elle ne ferait pas usage de sa force, même si elle ne supportait visiblement pas le sorcier suprême. Ils étaient tous deux poussés par la fierté. Lui, de faire son travail, elle de ne pas abandonner à présent. Et pourtant, dans tout bon cartoon qui se respecte, il y aurait dessiné des éclairs au dessus d’eux. Pensait-il à un moyen de se venger de l’affront de Jessica ? Elle qui pensait déjà à le contrer si besoin. Une fois le serviteur arrivé, elle se décida par une tasse de café. Si l’alcool jouait comme désinhibiteur et calmant, le café aurait raison de son cœur. Elle ressentirait sans doute quelque chose, tout de même.  

Si elle n’était pas elle, si elle n’était pas en train de souffrir continuellement, si elle avait quelque chose à faire, finalement, de ce qu’il ressentait, elle se serait sentie coupable de ce qu’elle lisait dans son regard. Elle aurait pu se mettre à sourire. A se moquer de lui. A lui faire clairement comprendre qu’elle se moquait royalement des états d’âme d’un homme aussi arrogant que lui, mais son visage, son bas de visages, ses lèvres, ne laissaient rien passé. Non, il ne verrait rien.

Elle avait perdu le combat contre Houdini. Elle s’était attendue à une réplique sur son costume, sur son nom, en soit, sur les araignées. Elle avait pu entendre tout et n’importe quoi, mais très rarement le silence. Ainsi, ce qu’il montrait était plus important que lui ? Se pourrait-il qu’il existe en lui quelque sorte d’abnégation de soit ?

Quand elle parla, quand il se tût, Jessica se sentit mourir de l’intérieur. Le silence de Strange la cloua sur place et elle regrettait amèrement de ne pas avoir un verre de Whisky. Elle aurait bien eu besoin d’un petit, non, d’un grand remontant. Le café ne l’aiderait pas, si ce n’est à accélérer les battements de cœur. Pourquoi se taisait-il ? Il ne pouvait rien pour elle ? Pas même lui dire comment il l’avait sorti de là ? Pourquoi se taisait-il ? Lui en voulait-il au point de la laisser seule ? Pourquoi se taisait-il ? N’avait-il aucune idée ? Pourquoi…se tait-il… Au fond d’elle, son silence est un supplice et ses mains tremblent. Et si tout ça n’amène à rien ? Alors elle tourne la tête, repère une fenêtre et s’apprête à partir. Partir chez elle, ouvrir ses placards et boire à son malheur. Partir et se retrouver seule avec ses démons.

Lorsqu’il se leva pour s’éloigner, Jessica baissa la tête. Elle les sentait venir. Les larmes. Les larmes de colère, de désespoir, de douleur. Alors, c’était donc ça. Elle n’en saurait rien. Elle avait souffert et appréhender la rencontre…Pour rien ? Elle s’était mis à dos le Sorcier Suprême…pour ça ? Pour rien. Rien. Ce mot tourner et retourner dans sa tête, au point qu’elle eut envie de hurler. Elle était prête à le supplier. N’importe quoi, mais pas rien. Une réponse, même petite qui aurait pu la faire dormir, une seule nuit.

Il ne semblait pourtant pas abandonner, ni l’abandonner. Elle détourna le visage. Oui, elle avait attendu longtemps, mais sur ces cinq années, elle avait passé près de 18 mois dans un caisson à cause d’Hydra. Avant, elle souffrait de vivre son traumatisme, elle souffrait de sa vie sans ses pouvoirs.

- Quand je me suis réveillée… On m’a juste annoncé que je vous devais la vie. Je n’ai pas pu, ni vous remercier, ni vous questionner. Je suis revenue sans mes pouvoirs avec… cette douleur au fond de moi. Vous étiez parti, alors à quoi bon venir ? Pour vous, c’était fini…et pour moi aussi, finalement.

Une fois de plus, elle mettait en avant la disparition de Strange avant son réveil. S’il était resté, aurait-il pu l’aider ? Comment avait-elle perdu ses pouvoirs ? Et s’il venait à demandé comment ils étaient revenus ? Oserait-elle le mensonge qu’elle dit à tous : C’est revenu, comme ça ?

- Je ne fais confiance à personne.

Sous entendus qu’ici, elle était soit assez désespéré pour venir le voir, ou, au contraire, elle avait assez confiance en lui pour venir lui demander de l’aide. Non, elle n’avait pas été voir quelqu’un pour sonder son esprit, pour essayer de comprendre. Un télépathe ne connait pas le monde astral, et si réellement quelque chose clochait, qu’aurait-il pu faire ?

Elle aurait dû s’offusquer qu’il ne l’observe pas, mais elle en était presque reconnaissante. Ainsi, elle pouvait bouger ses lèvres, qui tremblaient par instant, sans qu’il ne puisse le voir. Elle pouvait perdre, un peu, de contrôle sur sa voix. Parler de cette époque est l’une des choses les plus compliqués pour la jeune femme, alors ne pas avoir à subir le regard inquisiteur du sorcier était bénéfique.
Son silence détruisait les barrières de la jeune femme qui pensait de plus en plus à fuir. Elle aurait eu envie, dans un premier temps, de se lever, de le lever avec sa force et sans doute facilité, puisque surpris, elle aurait eu une chance de le toucher et de le secouer si fort qu’il finirait par hurler. Comment peut-on faire mal à une personne, comme ça ?

La suite fut brouillonne pour l’araignée. Elle fut soulagée d’entendre qu’il pouvait l’aider, mais plus il continuait, plus la respiration de la jeune femme se fit saccadée. Ainsi, c’était donc ça. Sa crainte la plus féroce, une des raisons pour lesquelles, elle n’avait pas pu et voulu le voir avant. Elle devrait y retourner.

Son visage semblait impassible à mesure qu’il parlait. Rien dans ses gestes ne montrait ce qu’elle ressentait, sauf la pression de ses mains l’une sur l’autre. Elle ne pouvait rien montrer, alors qu’au fond d’elle, elle hurlait. Sa respiration se fit lente, trop lente, le temps de comprendre, de se répéter encore et encore ce qu’il venait de lui dire. Il enverrait de nouveau Jessica…dans son cauchemar.  Donc, c’était elle et non Morgane qui avait empêché qu’elle revienne en un seul morceau ? Elle devait son désarroi…à elle-même. C’était risible au fond. C’était pourtant logique.  On ne récolte que ce que l’on sème. Elle avait abandonné ses amis, son amour de l’époque, sa famille, alors elle s’était abandonné elle-même, là-bas. Jessica eut envie de hurler sa rage, mais rien. Son corps s’était figé dans l’effroi.

Elle ne pu rien dire. Elle ne voulait et ne pouvait parler. Finalement, ses yeux s’étaient fermés, ravalant ses larmes. Larmes qu’elle dû ravaler encore plus quand il reprit et qu’elle trouva en ses paroles…de l’empathie ? Elle devait se combattre ? Et si elle ne voulait pas ? Et si elle ne s’en sentait pas capable ? Nous… Il avait dit nous. Au fond d’elle, elle le savait, seule, elle ne pourrait rien contre elle. Elle se connaissait trop bien pour savoir ce qu’elle devrait subir, ce par quoi elle devrait passer. Toute sa vie n’avait été que douleurs et elle devait, encore en subir. Si elle aurait été debout, sans doute qu’elle serait tombé à genoux, d’épuisement, de frustration. D’appréhension.

Jessica restait comme figé. Comme si son corps état présent, mais son esprit ailleurs. Comme il y a cinq ans. Elle devrait revivre la même douleur. Le silence, la solitude, le noir, la tension, la folie, la rage.
Depuis combien de temps n’avait-elle pas montré signe de vie, mise à part sa respiration ?
Finalement, Jessica recommença à bouger. Elle se leva, lentement, les gestes s’ils restaient gracieux étaient lents et lourds. Elle lui tourna le dos et alla s’installé devant une fenêtre. Une main sur le rebord de la fenêtre, elle tenait devant elle le moyen de fuir et d’oublier. Non, oublier n’était pas un luxe qu’elle pouvait se permettre.

- Je ne peux vraiment pas avoir un verre ? Juste un ?...Non, bien sûr que non…

Sa voix avait changé. Elle n’était plus ni autoritaire, ni en colère, ni frustrée, ni néfaste par quelques moyens que ça soit. Elle était lasse et pourtant, si douce. Elle s’était résignée et c’était une autre Jessica qui se tenait là. Et dieu seul sait à quel point elle avait besoin d’alcool.

- Mademoiselle ? J’ai cent ans dans deux ans, tout de même.

Etait-bien le terme à employé ? Et pourtant, elle aimait cette manière de lui parler. Aussi têtu, arrogant, antipathique qu’il avait pu être, elle accordait sans peine qu’il était un homme plein de belles manières. D’une main lasse, elle retira avec lenteur son masque et le serra dans sa main lorsque son bras retomba le long de son corps.

- C’est donc malade que je suis ? J’aurais dis désespérée…

Elle tourna le visage vers lui, affrontant pour la première fois, finalement, son regard. Ses iris accrochèrent sans mal celles du sorcier, comme un moyen de se retenir et de rester dans cette pière. Il n’y avait aucune émotion hostile. Elle souriait. Tristement, péniblement, le cœur lourd, mais elle souriait. On pouvait lire dans son regard une douleur que personne –mis à part Clint ou Caroll- ne connaissait d’elle. Cette franchise du cœur, sans plus aucun mensonge, ni faux semblant. Ses yeux étaient humides, oui, elle retenait par une force qu’elle ne se pensait pas capable, de pleurer. Elle se tourna un peu plus face à lui avant de poser une épaule contre le mur, serrant de toutes ses forces son masque dans ses mains.

- Vous me demandez… d’affronter mon pire cauchemar. De revivre la période ma vie qui me hante et me détruit à chaque respiration ? Ces quelques jours, ou semaines, où je suis morte. Ou j’ai abandonné la vie. Ou je me suis perdue. Vous me demandez de trouver une force supplémentaire que je ne suis pas sûre d’avoir ?

Elle baissa la tête, étonnamment, son sourire ne quittait pas ses lèvres. Elle était fière malgré la défaite de son esprit.

- Presque un siècle, c’est long, Strange. C’est trop long quand on le vit seul. C’est long de ne pouvoir se reposer sur quelqu’un. Cent ans, c’est long… Et si ça n’en valait pas la peine ? Et si c’était ma pénitence pour avoir fait autant de mal ? Je ne suis pas une héroïne… Et si je ne le mérite pas ? Et si je n’ai pas la force nécessaire ?

Jessica baissa pour de bon la tête. Elle avait baissé les bras depuis bien des années et ne savait pas si elle se sentait capable d’y arriver. Pourtant, une voix, une voix du passé, de son lointain passé résonna en elle. Une voix douce, féminine. Son prénom avec une douceur sans nom. Un fragment qu’elle était pourtant sûre d’avoir oublié. Sa mère. Celle qui lui avait donné la vie, celle qui l’avait aimé, celle a qui elle n’avait pas pu dire au revoir, parce que dans un caisson pour survivre. Que dirait sa mère, alors, si elle abandonnait ?

- Allons-y…


C’était un murmure. Difficile pour elle d’affronter et de le dire plus fort. C’était peut-être sa dernière chance. Et après…Il resterait Hydra, de toute façon. Elle ne s’en sortirait pas aujourd’hui. Pas totalement. Mais elle avait encore l’espoir. Dans une voix d’un amour maternelle, elle avait une dernière once d’espoir.



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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Sam 26 Mai 2018 - 18:43

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« Ce n'est pas à moi que vous devez la vie, ou pas uniquement, disons. Le Mage s'est sacrifié pour permettre à votre âme de revenir. Sans lui, je n'aurais pas réussi seul. » De l'humilité ? Non, juste une énonciation de la vérité. Stephen était peut-être arrogant, mais il ne l'était qu'en évoquant ses exploits réels, il ne s'attribuait jamais ceux des autres, encore moins ceux qui étaient morts pour faire le bien. Et ce décès, ce sacrifice, avait été assez difficile à encaisser à leur "retour" du plan astral. Lui-même était ressorti de cela affaibli, épuisé, et avait mis plusieurs jours à récupérer de ce sauvetage. Une autre raison qui avaient précipité son départ, en plus des autres urgences à gérer ailleurs dans le multivers et de son refus de se lier émotionnellement aux personnes auprès de qui il venait en aide. Il sentait néanmoins que le ton de son invitée évoluait au fil de ses paroles. Il dut prendre sur lui pour ne pas laisser un certain sentiment de culpabilité prendre le dessus. Il aurait peut-être dû, à défaut de rester jusqu'à son réveil à la date incertaine, tenter de revenir lorsqu'il aurait eu lieu. Pour s'assurer qu'elle allait bien. Mais avec le recul, Stephen savait qu'à son réveil elle n'aurait pas pu réaliser de suite qu'il lui manquait quelque chose. Elle avait forcément dû le sentir au fil du temps, et des interactions avec les autres.

Sa réponse suivante ne le surprit que peu, bien qu'elle l'attrista. Elle ne faisait confiance à personne. Sa vie d'espionne ne lui laissait sûrement pas le choix en la matière. Lui-même était prudent quant aux gens à qui il accordait sa véritable confiance, mais il était loin d'être aussi paranoïaque que ne pouvait l'être la belle araignée. Il lui exposa alors son hypothèse et la façon dont il comptait l'aider, si elle acceptait. Il ne manqua rien de son malaise de plus en plus apparent, et ce malgré son masque. Il assistait en direct au délitement de son armure, à la prise de pouvoir de la peur, du chagrin, sur son assurance. Il aurait pu une fois de plus s'en réjouir intérieurement par pure vengeance, mais ce ne fut pas le cas. Son amertume était loin à présent qu'il était concentré sur sa tâche, et percevoir les prémices de sa fragilité cachée avait même tendance à réveiller cette compassion qu'il s'interdisait de trop avoir envers autrui, pour rester efficace. Il attendit sa réaction. Elle se contenta de se lever pour aller vers la fenêtre. Il avait l'impression d'avoir déverrouillé un fardeau qu'elle ne parvenait plus à cacher. Le simple fait qu'elle demande un verre, dans une supplication plus qu'un ordre, le prouva. Elle désirait sa béquille de fortune, mais le silence du Sorcier suffit à la faire répondre d'elle-même à sa propre question. Bien sûr que non, elle n'aurait pas ce verre. Il semblait sans pitié, mais il faisait cela pour son bien, qu'elle l'accepte ou non.

Il étira un léger sourire à sa remarque sur son âge. Elle venait de faire de l'humour, et il n'était pour une fois pas méchant. Grande première. « Votre apparence reste jeune et vous n'êtes pas mariée, » se contenta-t-il d'expliquer. « Et, subjectivement, c'est un mot que je trouve élégant, je le reconnais, » confessa-t-il avec un sourire à son tour. Il s'abstint de préciser que cette élégance verbale s'adaptait donc parfaitement à l'élégance naturelle des femmes qu'il rencontrait. Il était vrai que les moeurs d'aujourd'hui étaient bien différentes de celles de l'époque dans laquelle il était né. Malgré l'évolution sociétale, Stephen avait conservé son éducation des années trente sur la politesse. Il avait évolué, s'était adapté au reste, sans mal d'ailleurs de par son ouverture d'esprit et sa soif de connaissances qui lui permettaient de ne pas rester figé dans une seule époque. Mais certaines habitudes avaient la peau dure, et la politesse en faisait irrémédiablement partie. Cela n'était pas un mal en soi, fort heureusement, étant donné que l'évolution sociale avait plutôt eu tendance à régresser à ce niveau-là, de son point de vue. La savoir son aînée alors qu'il était lui-même âgé de quatre-vingt huit ans l'amusait. Décidément, le monde des sur-humains et du surnaturel avait toujours son lot de surprises.

« C’est donc malade que je suis ? J’aurais dis désespérée… » Sa voix le toucha, même s'il n'en laissa rien paraître. Sa détresse était perceptible. Mais ce fut de la voir ôter enfin son masque qui le laissa muré dans un silence observateur. Il avait beau savoir à quoi elle ressemblait, n'avoir été confronté qu'au regard blanc et inexpressif de l'araignée ces dernières dizaines de minutes ne fit qu'appuyer le contraste lorsqu'elle révéla enfin son visage. Elle accrocha son regard. Enfin, il put se plonger, même ainsi de loin depuis son fauteuil, dans ses véritables yeux. Quel gâchis, se dit-il, de masquer pareil regard sous un voile blanc cerclé de noir et de rouge. Bien que professionnel, le magicien ne put s'empêcher, pendant un court instant, d'admirer la beauté naturelle qui émanait d'elle. Enveloppée dans une aura de lassitude, cette beauté triste n'en avait presque que plus de charme encore. Comment rester indifférent et froid face à cela. Face à cette femme qui venait de lui avouer avec grande difficulté, qu'elle était désespérée. Désespérée de parvenir à trouver de l'aide, de la quiétude sur son sort. Il ne la comprenait que trop bien. Et c'était dangereux, de comprendre un peu trop bien. C'était le début de la compassion, et il devait rester prudent quant aux émotions qu'il s'autorisait à partager. S'il s'impliquait trop, il peinait à s'en remettre par la suite.

« Vous me demandez… d’affronter mon pire cauchemar. [...] de trouver une force supplémentaire que je ne suis pas sûre d’avoir ? » Elle souriait. C'était si étrange de l'observer. Elle semblait ne réaliser qu'à cet instant les enjeux de sa venue ici, ne les acceptant qu'en les prononçant à haute voix. Il y avait une force intérieure subtile dans sa détresse. La façon dont elle serrait son masque trahissait d'autant plus son état. Stephen médita un instant ses paroles. Il finit par se lever de son fauteuil. Mains dans les poches, il marcha jusqu'à elle pour venir s'arrêter face à son visage baissé. Légèrement plus grand qu'elle, il la regarda en silence, même si elle lui préférait le sol en cet instant. « Presque un siècle, c’est long, Strange. [...] Et si c’était ma pénitence pour avoir fait autant de mal ? Je ne suis pas une héroïne… Et si je ne le mérite pas ? Et si je n’ai pas la force nécessaire ? » Ces paroles résonnaient un peu trop bien dans l'esprit du Sorcier. Oui, presque un siècle de solitude, à porter le fardeau de responsabilités qui dépassaient l'entendement, il ne comprenait que trop bien sa lassitude et ses questionnements intérieurs.

« Il ne m'appartient pas de juger vos actions et vos mérites. Vous seule pouvez le faire au regard de votre conscience, comme chacun de nous. Peut-être que vous méritez ce qui vous arrive. Peut-être pas. Tout ce que je peux vous dire en revanche, c'est de ne pas vous sous-estimer. Après tout, vous êtes venue jusqu'ici. Cela prouve que vous avez encore assez de force en vous pour affronter ce qui vous attend, que vous avez encore la volonté d'agir pour le bien. Malgré tout ce qui vous est arrivé, vous n'avez pas abandonné, vous cherchez une solution. Vous êtes bien plus forte que vous ne le pensez. Vous refusez juste de le voir. » Sa voix s'avérait bien plus calme et douce en cet instant. Il savait qu'elle avait désormais tout sauf besoin de sarcasmes et de froideur, et au vu de ce qui allait suivre, si elle acceptait, Stephen s'employait à accueillir avec bienveillance ses confessions. Nul doute que celles-ci coûtaient à son interlocutrice, et il appréciait donc d'autant plus sa franchise et son courage. La braquer reviendrait à saboter par avance le processus de sauvetage. C'était sans compter que, au fond, il n'aimait pas voir quelqu'un souffrir. Il n'avait pas choisi médecine pour rien. Cela ne lui procurait jamais aucune joie, et plus les minutes passaient, plus son envie de l'aider devenait sincère, et non plus juste un devoir professionnel. Mais ça, il se garderait bien de le faire savoir.

« Vous ne serez pas seule. Je serai avec vous, » finit-il par ajouter d'une voix apaisante en inclinant légèrement la tête vers elle, cherchant à ce qu'elle ne fuit plus son regard et qu'elle accepte pleinement l'aide qu'il représentait. Et ce malgré leur mauvais départ. Il sentait qu'elle hésitait, silencieuse, pesant certainement le pour et le contre.
Elle finit par capituler... et accepta. La Cape de Lévitation rejoignit alors son maître à son appel psychique, et s'attacha autour de ses épaules avec une élégante légèreté. Soudainement, l'ambiance du salon changea du tout au tout. Tout s'assombrit, les canapés, les fauteuils, la table basse, tous glissèrent pour s'éloigner, disparaissant dans l'obscurité qui prenait place autour d'eux. Il ne resta bientôt plus rien, hormis elle et lui, et le cercle parfait de la fenêtre marquée du sceau protecteur près de laquelle ils se trouvaient toujours. D'un geste du bras, il l'invita à le suivre. Ils revint donc au milieu de la pièce, même si ce "milieu" n'était plus vraiment perceptible, car tout avait disparu dans le noir, y compris les murs. Rien ne devait prêter à la déconcentration. Stephen se mit à léviter pour s'asseoir en tailleur dans les airs, et s'abaisser ainsi lentement jusqu'au sol. Il attendit qu'elle se place face à lui de la même manière. Tout en se faisant, il ferma les yeux un instant afin d'invoquer dans un murmure différentes incantations. Un pentacle vert et lumineux apparut autour d'eux, et sous eux. Un socle protecteur pour éviter toute intrusion de démons et de fantômes aux intentions néfastes qui, rodant perpétuellement autour de la réalité tangible, attendaient ce genre d'occasion pour prendre possession de ceux qui franchissaient la frontière entre le plan normal et le plan astral. Une fois terminé et bien en place, le Sorcier rouvrit les yeux pour croiser ceux de son invitée face à lui.

« J'ignore si vous êtes accoutumée à la pratique de la méditation, mais il faudra agir de la même manière afin que je puisse libérer votre subconscient. Je vais donc avoir besoin que vous fermiez les yeux, que vous respiriez lentement en cessant tout mouvement, que vous calmiez vos pensées, et que vous vous concentriez sur ma voix, » indiqua-t-il. Il préféra ne pas relever le sentiment éventuel de perplexité qui pouvait saisir sa "patiente", et entama la séance d'hypnose en fermant lui aussi les yeux pour oeuvrer par sa seule voix. Mais il remarqua bien vite que cela ne fonctionnait pas. Dans le silence de l'obscurité, il perçut de plus en plus nettement le bruissement d'un mouvement répétitif. Alors d'une pensée, il envoya la pointe de sa cape se poser avec fermeté sur la main de la jeune femme qui ne cessait de bouger, pour la forcer à cesser ce mouvement empreint d'une évidente nervosité. Il avait préféré employer la cape, plutôt que de saisir sa main avec la sienne pour l'immobiliser, dans une compréhensible pudeur et un respect d'autrui nécessaire. Surtout, la dernière fois qu'il avait agi ainsi envers une disciple impatiente, ce contact charnel avait eu raison de lui. Depuis, il se refusait à retenter le diable. Rester distant, rester neutre, professionnel. Il avait une belle femme face à lui, et parvenait grâce à l'urgence de la situation à rester neutre - pour le moment - ce n'était pas le moment de faillir.

Il ouvrit ses yeux, et croisa les siens avec une certaine sévérité agacée. Un commentaire autoritaire lui brûla les lèvres, mais il le retint de justesse, se rappelant qu'elle devait à tout prix se calmer, non l'inverse. Et s'il se montrait agressif, elle risquait de tout sauf se calmer. « S'il vous plaît... A défaut d'avoir confiance en moi, ayez confiance en mon expérience... » dit-il. « Si ce qui se passe là-bas devient trop insupportable, vous n'aurez qu'à prononcer le mot "retour" trois fois, et je nous en ferai revenir... » tenta-t-il de la rassurer, en lui offrant cette capacité de sortie en cas d'épreuve insurmontable. Néanmoins, il se garda bien de lui faire savoir, qu'en aucun cas il n'obéirait à son ordre, si elle prononçait ces mots. Si le lui faire croire pouvait l'aider à trouver son calme, alors Stephen n'hésitait pas. Mensonge pieux, ou pas loin de l'être. Stephen avait toujours eu cette part de malice qui lui donnait le fameux avantage sur la plupart de ses ennemis, et sur les énigmes auxquelles il se trouvait confronté au quotidien. Jouer selon les règles n'était pas son fort, ou pas tout le temps. Et puis, c'était pour elle. Elle devait comprendre que c'était pour elle qu'ils faisaient ça. Lui n'avait rien à gagner et rien à perdre, mais elle, avait tout à perdre si elle n'y mettait pas du sien. Et si elle ne faisait confiance à personne, elle allait tout de même devoir avoir foi en ses capacités, son savoir-faire, sa réputation pour le moins grande en la matière. On ne demandait jamais d'avoir confiance dans la personne que représentait le chirurgien qui allait nous opérer, et qu'au fond, on ne connaissait pas. Non. Mais en s'allongeant sur la table d'opération, on remettait son corps, sa vie, entre ses compétences. C'était cette confiance là dont Stephen avait besoin de la part de son invitée.« Bien, changement de méthode... » murmura-t-il. Il lévita juste assez pour s'approcher d'elle jusqu'à ne plus laisser quelques courts centimètres entre leurs genoux croisés. Fermer les yeux et se retrouver ainsi dans le noir semblait favoriser ses angoisses au lieu de l'apaiser, alors Stephen prit le parti d'utiliser la méthode inverse. Elle avait besoin de savoir qu'elle ne serait pas seule pour ce voyage. « Fixez mon regard... Ne le lâchez surtout pas... » reprit-il alors.



Sa voix grave résonna, solitaire, dans le vide au sein duquel ils étaient assis. Le Sorcier parla lentement, fixant ses iris, l'empêchant de faire autre chose que cela. A force de patience, il capta son attention. Il sut exactement à partir de quel moment elle commença à basculer de l'état conscient vers l'inconscient malgré elle. Il perçut le changement progressif de ses pupilles, qui se dilatèrent lentement. Signe qu'elle ne le voyait plus lui, mais ses souvenirs. Il poursuivit encore, décrivant tout ce qu'il savait déjà lui-même des détails de ce jour fatidique où elle était "morte" pour faire écho à ses souvenirs, dans lesquels elle sombrait petit à petit.
« ...à la fin de ce compte à rebours... vous serez là-bas... complète... avant ce manque qui vous tourmente... et vous revivrez ce que vous avez vécu ce jour-là, et ceux qui ont suivi... vous revivrez et vous vous souviendrez dans le moindre détail de ce qui vous est arrivé... un... deux... trois... » Sans prévenir, sans qu'elle ne perçoive son geste, déjà hypnotisée, il frappa doucement son pouce contre son front. L'effet de surprise d'un contact non anticipé, perçu seulement par le système nerveux, acheva l'hypnose. Instantanément, elle s'effondra sur elle-même, comme tombant brutalement dans un coma profond. Il la rattrapa d'un bras sur le côté, et l'accompagna au sol avec douceur pour achever de l'y allonger. De son côté, toujours assis auprès d'elle, il activa l'Oeil d'Agamotto, et puisa dans ses pouvoirs télépathiques, ouvrant son troisième oeil invisible. Il fut alors instantanément connecté à son esprit, et apparut à côté d'elle, dans ses souvenirs.

Tous deux debout dans le noir absolu, une seule porte se trouvait à quelques pas d'eux, dans le vide. Une porte fermée, qu'il allait lui falloir ouvrir, pour le meilleur et pour le pire. Derrière, l'origine de ses tourments. Il tourna son visage vers elle, debout à ses côtés. Elle paraissait tétanisée. « N'oubliez pas... c'est un chemin que vous ne pourrez que surmonter seule... vous seule détenez la solution... mais je serai avec vous... je ne vous quitterai pas une seule seconde... » Sa voix était profonde, rassurante, autant qu'il le pouvait dans cette situation. C'était un véritable paradoxe qu'il venait d'évoquer, et pourtant la stricte vérité. Elle seule pouvait faire la paix avec son passé, avec cette partie d'elle qu'elle avait préféré laisser derrière elle au lieu de l'accepter. Mais il serait là, auprès d'elle, pour la guider, lui rappeler aussi de ne pas se perdre dans ces souvenirs sous peine de ne jamais en revenir, car tel était son rôle. Sauver le monde, certes. Mais aussi et surtout, sauver les coeurs et les âmes, souvent d'eux-mêmes, comme on l'avait fait pour lui il y avait de cela bien longtemps.




all smile, I know what it takes to fool this town, I'll do it 'til the sun goes down
I'm unstoppable, I'm invincible, I win every single game
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I'm so confident, I'm unstoppable today
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Hydra
♠ Classe et nom de code : Spider Woman ♠ Emploi : Agent d'Hydra infiltré au SHIELD et agent du SHIELD infiltré chez HYDRA ♠ Gif :
MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Dim 27 Mai 2018 - 20:03
Help me. Please. Help me.

Magnus… Son cœur dérape, ses battements se font chaotiques. Magnus… Elle savait tout de lui, elle savait que le destin s’était joué à les assembler. Elle savait qu’il avait pris possession de son père, qu’il avait été du côté de celle à qui elle devait son état actuel, Morgane. Elle savait aussi, qu’il avait renié Morgane et qu’il était resté à ses côtés. Ses lèvres se mirent à trembler. Magnus n’était plus. Pour elle… ? Ses yeux se baissèrent et avec la protection de son masque, elle ne cacha pas la tristesse infinie qui venait de saisir et de serrer son cœur.  Elle était celle qui se mettait entre le danger et les autres, elle ignorait que certains étaient prêts à se sacrifier, pour elle. Comment avait-elle pu autoriser cet acte ? Comment avait-elle pu revenir et pas lui ? Comment avait-il fait pour convaincre la jeune femme ? Non, elle le sait, elle n’a pas été convaincu, jamais elle n’aurait pu laisser Magnus se sacrifier pour elle. Jamais elle n’aurait autorisé que l’on prenne la vie de quelqu’un pour la sauver. Magnus l’avait pourtant fait…Et jamais elle ne pourrait lui hurler dessus en retour. Jamais… Elle ne pourrait le remercier.

Une fois de plus, Jessica préféra le silence à la réponse. Était-ce parce qu’elle avait été privé de crise d’adolescence, enfermée dans son caisson, qu’aujourd’hui encore, sa langue ne reste définitivement pas dans sa poche ? Elle n’aime pas le silence, elle aime mettre les choses au point, au clair, mais cette fois, c’est trop lourd, même pour elle.

Comment avait-on pu lui cacher pour Magnus ? Certes, Strange savait et jamais ils ne s’étaient revu, malgré l’animosité qu’elle avait fait preuve face à lui, elle comprenait. Mais les autres ? Personnes ne savait donc qu’elle avait perdu un ami, pour qu’elle puisse vivre ? Ses lèvres semblaient se sceller et elle comprenait le changement qui avait eu lieu entre les deux protagonistes. L’un s’était jeté dans son travail, aidant une femme qui lui avait, sans aucun doute, manquait de respect et l’autre… L’autre sentait le danger et la douleur resurgir avec une telle puissance qu’elle ne pouvait parler librement. Jessica n’aime pas avoir place sous les lumières, elle est vite mal à l’aise et c’est ce qu’il se passe maintenant. Elle n’aime pas que l’on s’occupe d’elle, mais elle sait que si elle part maintenant, que si elle ne va pas plus loin, les années défilerais avec un gout amer et elle pourrait dire au revoir au bonheur, même le plus éphémère. Jamais elle n’aurait le courage de sourire si elle venait à foirer en beauté ici. Et c’était une de ses craintes, souffrir en sachant, oui, mais si elle venait à souffrir parce qu’elle n’avait pas pu le faire ?

Sa peau se mit à frissonner lorsque Strange se mit à répondre, sans arrière pensée, juste une réponse. Une réponse sans colère, sans jugement. Une réponse à la défense de Jessica face à ce qu’il pouvait se passer, à sa tentative pour se rassurer elle-même. Jeune, son corps l’était. La force et la puissance d’un corps d’à peine vingt ans qui a vécut, pourtant, plus qu’il ne devrait, mais elle le sait, elle n’est pas seule dans ce cas. Elle l’a suivi de loin, observé de près, elle à tenter de le connaitre, de suivre ses faits et gestes et bien sûr, elle connait son âge. Il n’est pas si jeune que ça, comparé à elle. Il connait le fardeau d’une vie trop longue. Elle aimerait lui en parler. Discuter de ce lourd cadeau que la vie à donner, mais ils ne sont pas amis, n’est-ce pas ?

- J’ai cru constater, en effet, que l’élégance était un fait avéré dans votre vie.

Sa phrase sonne étrange et pour cause, Jessica n’a plus cette habitude pour dire quelque chose de…gentil ? Un compliment à ce sorcier qu’elle dénigrait quelques minutes plus tôt. Elle est parfois de mauvaise fois, mais ça lui arrive de ne pas l’être. Et Strange, lui, est élégant dans ses gestes, dans sa voix, dans sa tenue, sa façon d’être. Le flegme anglais…Elle lui avait reproché et pourtant, combien de femmes pourraient dire qu’elles n’aiment pas cela ? Après tout, il représente les valeurs de sa culture qui semble s’effriter avec les années. Elle lui a reproché, certes, mais elle ne le pensait pas. Clairement pas. C’était sans doute pour cette raison que dire son âge n’avait pas été un souci, aucune crainte d’une boutade quelconque. Non pas par son âge, lui-même avancé, mais pour le respect qui émanait de lui. Au fond d’elle, Jessica se moqua d’elle-même. N’avait-elle pas parlé trop vite tout à l’heure ? Comment avait-elle pu passer à l’envie de se servir de lui pour ses pouvoirs, de lui montrer sa puissance, de faire ravaler ses paroles à un homme abject, alors qu’à cet instant bien précis, elle ne le trouvait plus si abject que ça.

Qu’avait-elle cherché à  montrer dans un regard ainsi dévoilé ? Elle se sentait à nue, mais c’était sa décision. Il n’était plus en quête de fierté, de démontrer qu’elle était plus forte que lui. Elle était en quête d’une chose qu’elle n’arrivait pas à nommer et elle le trouva dans son regard. Il aurait fallut être idiot pour ne pas lire ce qu’elle comprit. Les mots avaient été inutiles. Ca n’était pas que des yeux qui se cherchaient, mais des âmes qui se trouvaient. Il comprenait. Il ne voulait et ne pouvait la juger, parce qu’il comprenait. Et le partage de ce qu’elle pouvait ressentir, des émotions qu’elle faisait taire sans cesse, qu’elle avait relégué derrière pour se complaire dans un mensonge complexe et douloureux, lui était, d’une certaine manière, bénéfique. On souffre tous à un moment donné, mais certains moins que d’autres. Mais eux, Stephen et Jessica venait de se comprendre sans avoir besoin de grand discours. Elle perdit, pourtant, l’attractivité de son regard en le trouvant trop pareil au sien. Qu’il comprenne venait à lui faire peur, parce qu’elle savait qu’elle devrait faire face.

Un frisson parcouru l’échine de la brune alors qu’elle entendait ses mouvements. Il avait quitté son fauteuil. Il se déplaçait. Vers elle. Elle ne le craignait plus comme elle l’avait craint quand entre eux n’existait qu’une envie de montrer à l’autre supériorité, lorsque la fierté prend le dessus sur un mot dit trop justement. Elle ne le craignait plus, mais elle en avait peur. La justesse des mots qui avaient découlés depuis qu’elle était sortie de sa cachette. Elle avait vu juste chez lui, elle en était persuadé, pour la simple et bonne raison qu’elle connaissait cette façon de faire. Mais lui aussi, il avait vu juste et craignait de nouveau ses paroles. Elle craignait sa puissance et ses pouvoirs. Elle craignait ce qu’il lui ferait faire. Ils n’étaient pas si différents de l’autre. Et c’est ce genre de personnes que l’on a besoin dans une vie, autant qu’on craint leur présence.  S’ils comprennent, il n’est plus raison de se murer dans le mensonge. Et sans le silence, comment supporte-t-on la douleur ? Oui, en laissant une place aux autres… Et visiblement, c’était une chose qu’ils n’étaient pas prêts à faire.

Le corps de Jessica fut prit d’un violent frisson cette fois. La justesse de Strange. Elle ferma les yeux, son cœur venait de s’accélérer et se répéter en boucle ce qu’il venait de dire.  Agir pour le bien… Femme bafouée obligée de travailler pour une organisation terroriste, obligée à trahir le SHIELD et ceux qu’elle avait encore comme proche. Agissait-elle encore pour le bien ? Elle était prête à se sacrifier pour détruire Hydra, oui. Etait-elle venue par force, ici, ou par désespoir ? Est-ce si éloigné l’un de l’autre, finalement ? Elle avait abandonné sa vie… Mais le sorcier avait raison. Si elle avait vraiment abandonné, pourquoi serait-elle venue le retrouver ? Que voyait-il qu’elle refusait d’admettre ? Elle qui parlait, pour une fois, sans détour, recevait une chose qu’elle ne pouvait plus espérer. Ni de lui, ni d’un autre et pourtant… Compréhension, douceur et véracité d’une personne qu’elle pensait avoir oublié, mais qui, sans doute, n’était jamais partie. Peut-être avait-elle juste oublié qui elle était, réellement ?

Son cœur se déroba à elle. Neuf mots venaient de passer les lèvres du sorcier qui trouvèrent place dans le cœur de Jessica. Elle releva le visage vers lui, ne cherchant nullement à cacher les émotions qui enserraient son corps. La surprise, parce qu’elle avait entendu la forme et le fond. Il était sans doute du devoir de Strephen de rester avec elle mais elle avait senti le trouble. Devoir ou envie ? Elle avait entendu quelques paroles de ce genre depuis son retour, et si elles lui avaient fait du bien, cette fois, c’était plus fort. Clint lui avait dit, mais elle, elle savait qu’elle refuserait son aide. Elle ne pouvait pas refuser l’aider de Stephen, puisqu’elle venait pour ça. Pourtant, elle venait de comprendre que cette fois, elle pourrait sans doute flancher et qu’elle venait de trouver quelqu’un d’assez fort pour la soutenir. Si elle ne put le remercier de vive voix, son regard humide par des larmes qu’elle refusait de laisser couler, répondit à sa place.

Une fois de plus, le spectacle de la magie a quelque chose de fascinant. Cette cape, cette façon de se lier à son propriétaire. En un autre temps, Stephen aurait pu déceler des étoiles dans les yeux de Jessica, mais elle n’était pas d’humeur à apprécier totalement.

Et l’obscurité vient passer ses bras autour d’eux, ce faisant, le cœur de Jessica se mit à battre plus fort. Maintenant ? Sans qu’elle ne puisse crier ? Elle se mit à avoir peur. Elle sentait sa vieille ennemie remonter le long de sa colonne vertébrale. Tout venait de disparaitre et elle n’aimait pas cela. Elle n’avait plus aucun repère pour lui permettre de se rassurer. Ses mains se rejoignirent, son masque reliant des accroches nerveuses de Jessica. Elle ne recula pas, puisque de toute façon, ou pouvait-elle allait alors que tout avait disparu ? Elle le regarda faire avec une certaine fascination cachée derrière la crainte. Pourtant, docile dans sa crainte, elle s’installa face à lui, croisant les jambes alors que son cœur ne cessait de prendre le pas sur le reste pour venir tambouriner dans ses oreilles. Elle ne chercha même pas à cacher sa surprise quand elle vit ce qu’elle catalogua de « truc » au dessous d’eux. Cette lumière verte, bien sûr qu’elle comprit que ça n’était que pour protection et malgré la curiosité, Jessica se garda bien de questionner. Elle ne voulait pas se mettre d’avantage de pression.  C’était si nouveau, si intense qu’elle semblait être sûr de défaillir. Et si elle n’avait, réellement, pas cette force ? Ses doigts glissèrent jusqu’à cette lumière, bien qu’elle est presque un siècle et qu’elle ait connu Magnus, la magie a quelque chose de fascinant, la ramenant à son état de petite fille fascinée par ce qu’elle voit.

Elle avait du mal à comprendre comment il allait la renvoyait dans les limbes de ses cauchemars et hocha simplement la tête quand il lui indiqua la marche à suivre.  Elle tenta de se détendre, chose qu’elle ne put faire, mais ferma les yeux tout de même. Elle ne saisissait pas ce qu’il lui demandait, mais elle était bien plus docile qu’elle ne l’avait jamais été, même face à Hydra. Lui, il tenait la chose la plus destructrice pour Jessica que sa vie, aussi, elle s’exécuta. Les mains de Jessica furent de nouveau jointes par son masque qu’elle triturait dans tous les sens. Se détendre ? Se calmer ? Calmer ses pensées ? Alors qu’elle savait qu’elle allait revivre son cauchemar et qu’elle avait peur de ce qu’elle allait découvrir ?

Elle sursauta quand elle sentit quelque chose de léger, de fluide, au touché parfait sur elle. La cape. Elle écarquilla les yeux de par la force qu’elle pouvait ressentir. Sans rire, c’est quoi cette cape ? Très pratique. Il lui faudrait bien la même, si elle s’en sort en vie. Dans son regard, elle lui parlait, des mots qu’elle avait peur de dire à haute voix : Je ne peux pas. Elle le suppliait, à présent d’arrêter. Elle n’était pas prête à revivre tout ça. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui laisse une porte de sortie, au cas où, comme elle ne s’attendait pas à lui répondre, presque du tac au tac.

- Vous êtes sans doute…la personne en qui j’ai le plus confiance à cet instant, Strange.

Sa voix tremblait, de peur, d’inquiétude, mais il ne pourrait pas remettre en doute sa parole. Aussi étonnant et abrupt qu’avait commencé la discussion, à présent, elle le tenait en haute estime. Elle n’avait pas crainte du sorcier ou de l’homme, elle avait peur d’elle-même.  C’était à elle qu’elle ne faisait pas confiance.
Elle tremblait et ressentait le besoin de partir le plus vite possible. Mais il ne voulait pas faillir là où elle avait envie de fuir. Lévitant, se retrouvant proche d’elle, Jessica s’inquiétait. Changement de méthode ? Le regarder ? Absoudre ses craintes et lui permettre de ne pas la laisser seule. Elle hocha simplement la tête. Elle sentait sa peur ne faire que grandir, s’immiscer dans son être. Elle ne pouvait et voulait pas lâcher ce regard. Elle se prit à le trouver fascinant, simplement d’une beauté sans nom. Elle ne voyait que lui et ne voulait voir que ses yeux. Elle avait cette farouche impression qu’il venait de pénétrer dans les tréfonds de son âme et une fois de plus, elle se sentait mise à nue. Pourtant, au fur et à mesure des secondes, ses questionnements ne semblaient plus être si féroces, si certains. Elle voulu crier, refuser, se dérober à ce qu’il venait de lui dire, mais déjà, elle n’était plus maitresse d’elle-même, sans doute depuis un moment. Son corps devint lourd et semblait disparaitre de nouveau. Comme avant. Comme ce jour.

Elle était seule. Elle tremblait et était seule. Elle refusait d’ouvrir les yeux. Elle ne voulait pas revivre ça. Elle se mit à maudire Strange, se promettant de lui faire avaler sa cape, parce qu’elle avait eut confiance, mais qu’il n’était pas là. Et elle avait comprit, et pensait que lui aussi, que sans lui, elle ne pourrait pas le faire. Elle serra les poings, effrayée par ce qu’elle venait de faire, ce qu’elle allait devoir affronter quand la voix du sorcier résonna dans ses oreilles. Elle finit par ouvrir les yeux et tourna la tête vers lui. Elle qui était maitresse de ses émotions en général ne semblait être qu’un pantin avec elles à présent. Mais il avait tenu parole et lui promettait encore de rester à ses côtés.

Elle regarda cette porte avec attention et comprit la symbolique malgré elle. Elle avançât, lentement, le cœur balayé par un rythme endiablé.  Elle leva sa main vers la poignée de porte et avant que sa paume ne la touche, elle s’arrêta dans son geste. Ses doigts hésitaient dans l’air, elle voulait repartir.  Elle tourna son regard vers le sorcier, s’assurant sa présence, parce qu’à présent, il était le seul rempart à sa folie et sa peur. Elle croisa son regard rapidement en fermant les yeux, sa main se posa sur la poignée de porte.

L’instant d’après, elle savait où elle était et fit un geste en arrière, mais la porte avait déjà disparut. Il lui fallut quelques secondes pour ouvrir les yeux et resta figée par ce qu’elle voyait.
San Francisco. Cette ville morte où elle avait passé des semaines seules. Son cœur se mit à se débattre dans sa poitrine, son regard s’embua de larmes et un cri s’étrangla en elle. Elle ne devait pas craquer, elle ne devait pas… Elle tentant de se donner force et courage, mais cette ville morte, cette ville silencieuse avait été sa prison. Morgane l’avait envoyé ici, sans personne. Des semaines à tourner en rond devant des bâtiments où elle ne pouvait entrer, sans âme qui vive et la sienne qui s’éteignait. Elle n’avait eu accès qu’à un seul bâtiment et s’en était presque ironique d’y aller avec Strange.
Elle retint ses larmes, serrant les poings et tenta de chasser la douleur qui venait d’exploser en elle. Le silence. Cet oppressant silence qu’elle avait entendu des jours durant qui l’avait amené près de la folie.

- Parle-moi…

Oubliez le vouvoiement, sans doute que ça n’était plus d’usage. Mais elle avait besoin, ici, que quelqu'un lui réponde. Elle avait besoin d’entendre la voix d’un être humain en dehors de la sienne. Elle ne voulait pas forcément qu’il la rassure, même si elle en avait cruellement besoin, ce qu’elle voulait, c’était entendre une voix. Lui rappelait qu’elle n’était pas revenue seule, qu’elle ne resterait plus ici, qu’elle n’était pas revenue dans son cauchemar.

Pourtant elle y était. Bien sûr, elle entendit sa voix, le soulagement de ne plus vivre tout ça seule et lentement, elle se mit à marcher vers le seul endroit où elle aurait ses réponses. Elle tremblait toujours alors que même le son de ses pas était étouffé par le silence pesant. Ici, aucun bruit, aucune vibration de vie. Sans qu’elle ne s’en rende compte, une larme glissa sur sa joue et ne chercha pas à la faire fuir. Elle savait qu’elle en appellerait d’autres. Elle s’arrêta, se figea quand, comme à son habitude, elle perçut le mouvement d’une ombre, d’une vie humaine. Pas dans son monde, mais dans la vraie vie de San Francisco. Perfide Morgane. Jessica avait été seule pendant des semaines, voyant, par instant le visage floue de certaines personnes. Et bien sûr, elle les connaissait, ce qui rendait plus douloureux encore la séparation.
Un cri brisa le silence. Son cri, mais pas le sien. Au loin, une autre Jessica. Le costume similaire, mais dans un mauvais état. L’autre Jessica, celle qui venait d’être prisonnière qui hurlait, qui suppliait qu’on la sorte d’ici. Elle pleurait, elle hurlait et tentait d’user de ses pouvoirs, sans réussite. Elle jurait après Morgane, elle appelait n’importe qui. La prisonnière vit pour la première fois ce visage flou, ce semblant de vie. Elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti quand elle avait levé la main pour toucher cette personne sans que ça soit possible. Et la prisonnière s’effondra au sol.

Jessica détourna le visage alors que la prisonnière se mit à hurler une fois de plus. Les premiers jours avaient été douloureux. Puis la douleur avait remplacé l’espoir, brisé par le silence et la solitude.
Au détour d’une ruelle, alors qu’elle essayait de se retirer le son de sa propre voix de sa tête, de son désespoir passé mais toujours présent, ils arrivèrent devant l’un des hôpitaux de cette ville. D’où l’ironie de revenir avec Strange, ici, dans un hopital. Jessica se figea une nouvelle fois. Mais cette route, elle l’avait fait des millions de fois, alors lasse, elle entra dans les bâtiments. Les couloirs étaient vides et il n’y avait qu’un seul son, faible et hésitant. Le bip assourdissant d’une machine. Son cœur dans la réalité, elle l’entendait ici. Cet appareil qui lui avait indique que son corps n’était pas mort. Elle poussa la porte d’une chambre et entra. Elle s’était juré que Morgane ne pouvait pas être morte si elle torturait ainsi Jessica. Pour Jessica, Morgane ne pouvait pas avoir subis la défaite et la mort si l’enfer personnel de Jessica était si fourbe.

Dans la pièce, il y eut trois Jessica. L’une qui semblait dormir, allongé dans ce lit d’hôpital, blessures apparentes.  La Prisonnière qui restait figé face à elle-même, comme si elle vivait un rêve éveillé. Elle se souvenait de sa douleur, de son ressentiment. Puis, la Jessica accompagnant Strange recula d’un pas. Elle connaissait ce souvenir, elle l’avait vécu des centaines et des centaines de fois.
Un médecin arriva dans la pièce, son dossier à la main. A côté du lit, des amis fidèles de Jessica, la Prisonnière tentait de leur parler, de les toucher, d’attirer leur attention sans succès.

- Il n’y a aucun signe à l’électro-encéphalogramme. Je suis désolé, mais…votre amie est morte.

Et un cri, un nouveau cri. La Prisonnière hurla de toutes ses forces.

- Je ne suis pas morte ! Regardez-moi, je suis là ! REGARDEZ- MOI ! Je ne suis pas morte ! Je vous en prie…Je ne suis pas…morte…je vous en supplie…

La prisonnière tenta de toucher son corps, espérant par miracle pouvoir ainsi retrouver sa vie, mais c’était impossible. A cet instant, elle avait compris. Elle était morte. Et cet instant, combien l’avait-elle vécut dans ce plan astral ? Combien de fois avait-elle été dans cette chambre à surveiller son corps, dans l’espoir d’un miracle, mais que jours après jours, la même scène se dérouler sous ses yeux sans qu’elle puisse réagir ? Au début, c’était dur. Au début, elle hurlait et peu à peu, elle avait finit par se laisser porter par des voix. Des voix étouffé, des voix qui la faisait souffrir, oui, mais des voix.
Jessica quitta la pièce, délaissant ou non Strange, elle semblait l’avoir presque oublié. Elle se mit à courir, quittant alors l’hôpital, avec le reflexe accru que dehors, on retrouve de l’air. Mais c’est faux. Il n’y avait ni bourrasque de vent, ni soleil, ni ombre, ni chants des oiseaux. Elle était seul avec sa détresse, ses cris, la noirceur de son âme qui ne faisait que s’amplifier.
Et comme son ancienne « moi », elle se laissa tomber au sol. Elle était de nouveau, seule, détruite, abandonné du monde pour qui elle avait donné sa vie. Elle pleurait, à présent.

- Laisse-moi repartir ! Ca suffit ! Arrête de me torturer ! Laisse-moi repartir, Strange ! Il n’y a rien pour moi ! Je t’en supplie…Laisse-moi repartir…


A genoux, au sol, elle releva les yeux vers sa silhouette, le suppliant d’avoir pitié d’elle. Sa détresse se déversait de ses larmes, son désespoir de ses paroles saccadées, son envie d’arrêter, par les gestes de son corps.

- Laisse-moi…

Mais une voix empêcha qu’elle finisse sa phrase. Elle avait d’abord pensé que c’était la voix de Strange, mais cette voix, elle l’aurait reconnu entre mille. Magnus. Près d’eux, sous un arbre centenaire, Jessica et Magnus.
- Ca suffit Jessica !
- Magnus, fais ça pour moi. C’est la dernière chose que je peux demander. Je sais que tu en es capable. Je sais que tu peux le faire, alors, s’il te plait…
- Tu n’es pas…

- Retour…Retour…Re…
- Je suis morte ! Et je suis obligée de vivre mon trépas dans…ici. Alors, retournes-y et fais-le. Fais-moi disparaitre de leurs esprits.
- Jessica…
- C’est la seule chose que tu peux faire pour eux. Atténues la douleur, atténues mes méfaits. Fais-moi disparaitre…

La Prisonnière ne pleurait plus. Elle était forte, droite, froide. Non, elle était vide et demandait qu’on la fasse disparaitre de la surface du monde. L’Observatrice se releva, ébahie par ce qu’elle voyait, elle n’en avait aucun souvenir. Elle s’approcha d’elle-même et de Magnus, sans doute aussi vide que la Prisonnière. Elle avait voulu partir, elle avait presque dit trois fois « retour », la supplication pour sortir de son enfer, mais elle s’était arrêtée. Elle devait comprendre.
- Et lui… Je l’aime, mais je suis partie. Je le connais, il ne pourra s’en remettre facilement. Alors, je t’en prie, pour moi, sauve-le. Je suis bloquée ici, sans pouvoir aller à New-York, sans pouvoir croiser son regard une dernière fois.
- Tu es résignée…
- Je suis morte.

La froideur avec laquelle avait répondu la Prisonnière fit tressaillir l’Observatrice. Et Jessica et Magnus disparurent, laissant l’observatrice et ses troubles, seule de nouveau. Elle avait demandé à disparaitre ? Elle avait demandé à n’avoir jamais existé. Elle avait baissé les bras, fais du mal à un ami, ignoré la douleur de ses proches. Elle se retourna vers Strange et s’approcha de lui finalement.

- Pourquoi…Je ne m’en souviens pas ?

Et au fond d’elle, elle avait sa propre réponse. Elle avait eut honte d’avoir baissé les bras. Ses souvenirs semblaient revenir à elle et se rappela ce que la Prisonnière avait ressenti. Elle n’était plus rien. Elle n’avait plus rien. Elle ne souffrait plus, elle n’avait plus peur, ni mal. La Prisonnière se matérialisa derrière eux. Près de cet arbre, seul, semblant attendre Magnus et à la fois, elle refusait qu’il vienne. Elle partageait cette douleur et cette absence de vie en elle. C’était elle. Elle n’était pas juste une autre femme, c’était elle et elle se souvenait de ce qu’elle avait ressenti. Cette morsure de froid à l’âme. Cette résignation de la vie. L’abandon de sa propre essence. Elle s’approcha de nouveau d’elle, de la Prisonnière, d’elle-même. Un instant, elle crut que la Prisonnière la voyait. Etait-ce possible qu’elles se fassent face ? Elles se regardaient, elle faisait face à ce qu’elle pensait, ce qu’elle avait vécut, revivant de nouveau son calvaire.

Sans comprendre, l’Observatrice pris la main de la Prisonnière. Elle savait, pourtant, que ça n’était pas réel, que ça ne pouvait pas l’être, qu’elle n’avait jamais été à deux, que ça n’était pas un souvenir réel. Mais elle offrait ce qu’elle avait voulu à son autre elle. Quelqu’un.

La Prisonnière disparut laissant le vide l’Observatrice. Elle baissa les yeux vers sa main et retourna auprès de Strange avec une drôle d’impression. Sa main, elle semblait picoter. Elle semblait sentir son être intérieur changer. Quelque chose se passait, mais elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce que ça pouvait être ?

Et de nouveau, le silence. Jessica, après avoir revu les traumatismes, les souvenirs, de s’être vue ainsi désespérée et vide, sembla se perdre. Elle n’eut qu’un seul réflexe alors qu’elle se tenait auprès du sorcier. Elle prit sa main et la serra. Elle ne pouvait pas rester ici seule, elle ne pouvait pas ressentir de nouveau cette émotion qui semblait l’entourer de nouveau. Elle se sentait partir, elle se sentait revenir à ses instants et elle craignait. Alors elle avait abandonné sa fierté et sa pudeur et s’était raccroché à lui. Et dans cette poignée de main improvisée on pouvait y lire une chose, que des paroles où un regard aurait amené redondance : Ne m’abandonne pas.

Elle savait qu’il lui manquait certaines choses à voir. La plus importante sans doute. Le plus lourd sacrifice. La mort de Magnus, sa résurrection.

- Je ne veux pas voir ça…


Un murmure qui semblait avoir tant de force dans un endroit aussi froid. Avait-elle besoin de préciser ? Devait-elle mettre des mots sur une douleur supplémentaire. Jessica respirait fortement, c’était saccadé et brouillon et elle semblait s’épuiser.

- Ramène-moi Stephen…

Sa main tremblait et elle ne se risqua pas à le regarder. Elle savait déjà sa réponse. C’était sans doute la première fois qu’ils étaient si proches. Elle se refusait de lâcher sa main, elle se refusait de le quitter, avec cette lourde impression que si elle venait à le lâcher, elle allait mourir, pour de bon. Elle tourna finalement le regard vers la fenêtre de sa chambre.

Quelques secondes après, ils y étaient de nouveau. Et de nouveau, dans cette petite chambre, il y avait trois Jessica. Une endormie, visiblement morte, mais dont le visage semblait serein. Une observatrice qui restait dans le sillage du sorcier, de peur de se perdre. Et une autre, qui semblait pleurer, la Prisonnière.
- Ne fais pas ça, Magnus.
- Tu m’as demandé de soulager leur peine, alors laisse-moi le faire.
- C’est de la folie !
- Tu n’es pas morte. Je peux te ramener. Je vais te ramener.
- Pas au prix de ta vie. Je refuse ! Trouve une autre solution ou laisse-moi ici !
- Jessica Drew… Je t’aime et je t’aime depuis bien plus longtemps que tu ne le penses, mais arrête tes bêtises, veux-tu ? Arrête de vouloir te sacrifier. Tu n’es pas une martyre, tu es une héroïne. Tu es Spider-Woman et le monde a encore besoin de toi. Tu as le droit de vivre, tu as plus le droit que beaucoup. Tu n’as pas à être enfermé ici, alors tu vivras. Acceptes mon cadeau, c’est la seule chose que je puisse faire et que j’ai envie de faire.
- Magnus…


L’Observatrice recula d’un pas, se retrouvant encore plus près de Strange, se collant presque à lui, avec cette envie de fuir, mais elle ne sut si c’était Strange qui faisait blocage où juste elle qui profitait de sa présence pour ne pas fuir, mais elle ne pouvait partir de cette pièce. Elle était en train de dire au revoir à Magnus. Elle devait laisser derrière elle un homme qui l’aimait tant qu’il lui laissait une chance de vive sa vie, à ses propres dépend. L’Observatrice secoue la tête murmurant pour elle un « Non, pas ça » qui semblait ne pas avoir état de cause et pour raison.  La respiration de l’observatrice se fit de plus en plus difficile. Au fur et à mesure de ce passage dans ce monde, elle avait dû revivre bon nombre de ses douleurs. Elle se voyait souffrir par la Prisonnière, elle se rappelait les souffrances, en connaissait d’autres encore. De plein fouet, elle revivait ses semaines de folies, de solitudes, de combats, d’abandon de soi et du monde. Elle avait tout perdu, elle était prête à rester ici. Devant elle, elle avait l’effroi d’elle-même, de la perte de son ami. Elle avait la confirmation d’avoir été aimé par un homme qui avait su voir en elle une femme plus belle, plus forte qu’elle ne l’était et qui avait sacrifié sa vie pour elle. Ca n’était pas tant un traumatisme que la culpabilité qu’elle avait laissé derrière elle.

Où était passé la femme forte qu’elle s’obligeait à être depuis son retour ? Elle se refusait d’être celle qui avait craqué dans les bras de Clint parce qu’elle lui avait fait mal, parce qu’elle n’était plus la femme dont il était fier, qu’elle n’était plus qu’une pale copie. Où était cette femme qui s’obligeait à vivre sous le joug d’Hydra pour essayer… Essayer quoi ? A cet instant, dans ce monde, dans sa tête, elle n’était plus qu’une gamine perdue qui avait peur. Une gamine qui avait perdu ses parents, qui avait été malade, irradiée, obligée de survivre dans un caisson, qui avait laissé mourir ses parents, qui n’avaient pas pu leur dire adieu, ni les protéger. Celle qui avait tué son premier amour, parce qu’elle n’avait pas pu se gérer. Son cœur se serra, ses yeux devinrent flous. Face à elle, dans un endroit qu’elle n’arrivait pas  à distinguer, elle revoyait sa mère. Une silhouette floue, une voix qui perdait de sa puissance. Et son père… Elle avait su comment il était mort, assassiné, sans qu’elle puisse agir, comme sa mère. On l’avait privé d’amour dés son plus jeune âge. Il n’était qu’une forme aussi floue que celle de sa mère. Elle n’arrivait plus à se souvenir d’eux.

La chambre d’hôpital, son propre corps endormi avait disparu. Le vide, le blanc, mais du sang. Sa vie avait commencé par le sang par ses parents. Et Wladyslav. Lui. Sa première victime. D’une étreinte mortelle où ses pouvoirs avaient agis sans qu’elle ne puisse l’empêcher de mourir. Et le sourire, le visage de Vermis, le premier d’Hydra et non pas le dernier. Celui qui avait joué avec elle pour en faire une arme de guerre. Lui qui avait joué avec son cœur en mettant un homme dans ses bras pour faire croire à un amour illusoire. Et la vérité, par Fury, le jeu de Vermis et la colère de l’araignée. Elle l’avait tué, elle l’avait torturé, elle avait perdu pied. Les cris de Vermis. De Wladyslav. Les siens. Dans sa tête, le silence avait fait place aux cris de ses victimes. La voix de Magnus. Les cris de Jessica la Prisonnière. Elle manquait d’air. Elle ne pouvait plus. Elle voulait savoir ce qu’elle avait laissé derrière elle, ce que son cerveau lui avait interdit de penser, ce que son esprit l’avait protégé, finalement et tout ça avait laissé place à la plaie béante de semaines de silences, d’abandon de vie. Résignation. De cette lumière en elle qui s’était éteinte.  Elle n’avait jamais pu expliquer pourquoi ses proches l’avait fait passé pour morte. Ca avait été sa décision. Elle avait décidé qu’elle ne pouvait être sauvée. Et ils avaient appelés Strange et lui, le sorcier et Magnus l’avait sorti de son enfer au prix d’une vie. C’était de sa faute qu’elle avait fait souffrir ses proches.

Son corps tremblait de nouveau, sous ses pieds le sol, le monde, son monde, ses croyances, sa douleur, son enfer, tout semblait se dérober sous ses yeux. Ses fantômes semblaient se battre contre elle et ils allaient gagner. Elle les laisserait la prendre avec eux, elle accepterait de mourir.  Elle cesserait de se battre, aujourd’hui. Au fond d’elle régnait deux sentiments différents. Le premier de se dire que si elle devait revenir ici, c’était pour y mourir, comme elle avait eu cette impression de mourir, des années auparavant. Et pourtant l’espoir de Magnus, de se dire qu’elle devait continuer, parce qu’il s’était sacrifié pour elle. Les voix de ses fantômes résonnaient dans sa tête, si bien qu’elle se retint à un mur proche, sa tête entre ses mains. Elle devait se battre. Non, elle devait mourir. Non, elle devait se battre. Et elle se mit à crier, à hurler, à supplier que tout finisse. Elle ne voulait plus de cette douleur. Elle ne voulait plus rester ici, elle ne voulait plus du silence. Elle ne voulait plus voir son propre corps inanimé, sans pouvoir retourner à sa vie. Elle ne voulait plus voir sa ville sans vie. Elle ne voulait plus revivre ses souvenirs. Elle ne voulait plus cette douleur qui l’empêchait de respirer. Elle aurait voulu saisir de nouveau la main du sorcier, pour se rappeler qu’elle n’était pas seule, mais elle semblait ne plus le voir. Autour d’elle, ses tueries, ses manquements, ses fautes, ceux qui avaient péris au début de sa vie, à cause d’elle. Les voix de ses parents, de son premier amour, de Vermis lui hurlaient dans les oreilles. Au loin, dans un souffle qui lui semblait si lointain, elle semblait entendre Stephen alors que Jessica était en train de perdre pieds. Pourtant, son esprit lui indiqua, que non, il n’était pas là. Son esprit l’obligea presque à croire ses peurs : Elle n’était jamais partie, elle était restée. Elle n’avait donc jamais demandé de l’aide au sorcier et il n’était pas à ses côtés. Mais…Cette voix ? Elle fut rapidement couverte. Elle ne l’entendait plus.

Et elle demandait pardon. A Magnus, à ses parents, à Wladyslav. Elle demandait pardon de n’avoir été qu’une humaine qui, aussi forte qu’elle soit, ne pouvait pas sauver tout le monde. Cette ville silencieuse qu’avait été sa prison avait été, dans une autre vie, la ville qu’elle devait protéger. Sa culpabilité était en train de prendre le pas sur elle. Elle tentait de se remémorer les raisons de sa venue ici, mais une chose, pour elle était sûr, aussi fausse soit-elle. Elle était de retour dans son enfer personnel et ne pourrait jamais plus en sortir.

Elle ferma les yeux pour ne plus les voir, pour ne plus voir le sang, pour ne plus voir le vide, pour se protéger, mais le silence qu’elle avait maudit pendant des semaines s’était transformé en une cacophonie de son chaotique d’une vie passé, de remords, de blessures qui ne pourraient jamais partir. Elle voulait abandonner. Elle avait abandonné, oui.

Et puis plus rien. Il n’y avait plus rien. Son corps venait de s’effondrer. Son esprit avait céder. Non, il l’avait fait céder. Et cette même voix qui l’avait poussé à accepter l’offre du sorcier fut la dernière chose qu’elle avait entendue. La voix de sa mère, son prénom. Son espoir. Mais cette vpox se transforma, masculine, trop lointaine sans qu’elle ne puisse comprendre, saisir l’ampleur des paroles.



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MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Mer 30 Mai 2018 - 1:09

Docteur Strange & Jessica Drew
Don't be shy, step into the light



Bien que souhaitant signifier sa présence, et le fait qu'il restait bel et bien auprès d'elle, le Sorcier resta derrière elle lorsqu'elle avança pour franchir finalement la porte. Prenant une inspiration plus psychologique que réelle étant donné qu'il n'était dans ce lieu pas réel lui-même, ou du moins, pas physiquement réel, il la suivit et se retrouva plongé dans un San Francisco taciturne et fantomatique. Sans un mot, il marcha dans ses pas, observant autour de lui, mais jamais bien longtemps pour s'assurer de garder Jessica dans son champ de vision. Il était aisé de se perdre dans ce genre d'univers, en particulier lorsqu'on en était pas le maître des lieux. Il était dans son esprit, ses souvenirs. Le seul pouvoir qu'il avait était celui de les y faire entrer, et ressortir. Mais modifier ce qu'il s'y passait, il ne le pouvait pas. En revanche, elle, le pouvait. Tout pouvait vaciller si elle perdait pied, et c'était son devoir de veiller à ce que cela n'arrive pas. Ou pas avant qu'elle n'ait accompli ce pour quoi elle était venue.

« Je suis là... Respirez... calmement... » Elle lui avait demandé de lui parler, alors il l'avait fait, et le ferait encore, autant de fois que nécessaire. Stephen savait mieux que quiconque que le son d'une voix comptait souvent bien plus que les paroles qu'elle prononçait. Il avait noté l'abandon du vouvoiement, mais, concentré sur sa tâche, il ne put quant à lui se résoudre à faire de même, plus par automatisme qu'autre chose. Pas de suite. Il n'avait pas besoin de plus de télépathie pour ressentir la peur, l'angoisse qui la saisissait. Son visage, sa posture, ses gestes, tout la trahissait. Il aurait aimé pouvoir faire plus, mais c'était une épreuve qu'elle se devait de surmonter par sa propre volonté. Il espérait ne pas s'être trompé, ne pas l'avoir surestimée. Ni ne s'être surestimé lui-même quant à sa capacité à lui rendre ce qu'elle avait perdu cinq ans auparavant. Une chose était néanmoins sûre, il avait été surpris de l'entendre lui affirmer sa pleine confiance en lui. Leur départ aurait laissé croire le contraire. Comme quoi, il suffisait parfois de simplement ne pas renchérir, pour apporter un peu de paix dans des coeurs orageux.

Il ne fut pas vraiment surpris de se retrouver dans l'hôpital où, cinq années auparavant, il était venu en urgence à son chevet sur appel de ses proches. Bien que celui-ci était vidé de tous ses occupants, du train de vie qui jour et nuit rendait ce genre d'endroit vivant. Pendant un instant, Stephen ne put s'empêcher de ressentir un soupçon de nostalgie à la seule vue des murs blancs, des tables roulantes, des panneaux indiquant la direction des blocs opératoires. Il se revit le temps d'une seconde dans sa blouse vert clair, en train d'enfiler une paire de gants en plastique, de se concentrer sur l'opération à venir où il allait une fois de plus, sauver une vie, et épater la galerie, tout à la fois. Cette époque où son arrogance n'avait d'égal que son talent. Il se surprit à tendre légèrement la main en marchant, pour effleurer les instruments intangibles sur un chariot qui traînait dans le couloir. Sans pouvoir les toucher. Puis un bip, de plus en plus fort, le ramena à la réalité.

Il pénétra dans la chambre juste après elle, mais resta entre cette dernière et la porte pour empêcher toute fuite éventuelle. Et pour se retrouver précisément auprès de trois, elle. Revivre la scène de sa mort fut tout sauf agréable, déjà pour lui, aussi n'imaginait-il pas ce que cela devait être pour elle.
Le magicien essaya autant qu'il le put, de garder une distance émotionnelle protectrice face à cela, sans pourtant cesser d'observer. Par bien des façons, son "métier" était épuisant, souvent physiquement lorsqu'il tirait sur ses pouvoirs en combat, mais aussi psychologiquement et moralement, lorsqu'il se devait d'aider de manière bien plus... humaine. Lorsqu'il devait s'impliquer personnellement. Comme en cet instant. Pénétrer dans la vie, l'esprit, le coeur, même l'âme, de quelqu'un d'autre, était toujours une expérience troublante qui laissait ses marques. On ne pouvait pas partager autant de choses sans en garder soi-même un souvenir, une empreinte.

L'électrocardiogramme traça bientôt une ligne droite au son neutre et pourtant terrifiant. Il laissa passer sa protégée du moment alors qu'elle se mettait à fuir les lieux. Il s'éleva à quelques centimètres du sol et la suivit en lévitant, sans un bruit. Elle était en pleurs, et bon sang, cela lui déchirait le coeur que de voir cette souffrance dans chaque parcelle de son être sans pouvoir rien faire pour la soulager ne serait-ce qu'un peu. Malheureusement, le magicien savait que cette souffrance devait passer, devait s'exprimer, une bonne fois pour toutes, afin qu'elle puisse avancer, tourner la page, et revivre à nouveau. Au lieu de juste survivre comme elle le faisait depuis tant d'années. Il s'arrêta et reposa pied à terre face à elle, effondrée, à genoux. Ses paroles lui fendirent le coeur, et pendant un court instant, il hésita à exaucer son souhait de partir, d'arrêter tout cela. Mais il ne pouvait pas. Pour son bien à elle, elle devait poursuivre. Il s'agenouilla face à elle, et posa une main sur son épaule. Il était le seul à pouvoir la toucher, et inversement, puisqu'ils étaient venus ensemble de la même réalité.

« Je ne peux pas faire ça... Tu dois continuer, Jessica... Tu y es presque... tu es plus forte que tout cela... » lui dit-il en cherchant son regard. Mais elle gardait la tête baissée, et il ne vit que ses larmes chuter sur le sol pour s'y évaporer instantanément comme si elles n'existaient plus une fois sorties de son coeur. Il avait fini par oublier le vouvoiement sans même s'en rendre compte, pris par le besoin de lui parler, de la calmer. Son aide ne pouvait qu'être dérisoire face à tout ce chaos, qui plus est seulement à ses prémices. Et pour cause, elle commençait déjà à lui échapper, à ne plus écouter, à ne plus être influençable par aucun de ses mots. « Laisse-moi... » Stephen sentit son coeur se serrer face à ce premier rejet, semblable à un premier échec. Et en même temps, une première victoire. Un échec parce qu'il n'était pas assez proche d'elle pour conserver un semblant d'influence sur son état. Une victoire parce que, paradoxalement, cela signifiait qu'elle s'enfonçait de plus en plus dans les souffrances de ces souvenirs. Que donc, elle se rapprochait de l'instant fatidique qui l'en délivrerait peut-être. Si elle ne reculait pas avant.

Le Mage apparut. Stephen s'était douté qu'il apparaîtrait tôt ou tard, étant donné le rôle central qu'il avait joué dans le retour de l'araignée. Mais cela n'empêcha pas un nouveau pincement dans le coeur du Sorcier alors qu'il se redressait debout pour observer la nouvelle scène, aux côtés de Jessica. Celle de sa réalité. Ce fut dans une nouvelle froideur difficile même pour lui qu'il dut se murer lorsqu'elle commença à prononcer le mot retour plusieurs fois. Il allait devoir ne rien faire, et subir son probable désarroi, son courroux, face à sa trahison, son mensonge. Mais il était prêt à l'assumer, car il le ferait pour son bien à elle. Il fut surpris, et soulagé, surtout, de la voir elle-même s'arrêter au dernier mot sans le finir. Elle voulait savoir. Et lui aussi. Alors la scène se poursuivit et le mystère diminua petit à petit.

« Ton subconscient, » se contenta de répondre Stephen à sa question, sans la regarder, les yeux rivés sur la Jessica restée seule quelques mètres plus loin. Pourquoi ne se souvenait-elle pas ? Parce qu'elle n'en avait pas eu envie, tout simplement. L'énigme de son manque, de ses pouvoirs partiellement revenus, s'éclaircissait progressivement dans l'esprit du magicien. Et dans celui de sa "patiente", qui alla d'elle-même prendre la main de son double en proie à la solitude terrible qui l'avait enfermée ici, dans ce monde, bien plus que Morgane n'aurait pu le faire. Il sentit sa main trouver la sienne, accompagnant un murmure douloureux. La mort de Magnus. « Ramène-moi Stephen... » Ne rien ressentir. Ne pas céder. Verrouiller ses émotions. Pour toute réponse, il se contenta de serrer sa main dans la sienne, dans un geste à la fois coupable, et encourageant. Car la suite allait être plus douloureuse encore.

Ils se retrouvèrent dans la chambre d'hôpital. Magnus avait fait son choix. Placé derrière Jessica, Stephen ne bougea pas lorsqu'elle recula pour cogner lentement son dos contre son torse, lui interdisant toute retraire, toute fuite. Il dut prendre sur lui pour étouffer toute compassion qui aurait pu le faire agir à l'exact opposé de ce que son devoir lui imposait. Mais il n'était pas un homme cruel, pas autant qu'il pouvait le laisser croire parfois, derrière ses airs impassibles et insondables. Ses mains marquées de cicatrices vinrent se poser doucement sur le haut des bras de la jeune femme. Non pour la tenir prisonnière, mais pour l'empêcher de s'écrouler, de flancher, comme il sentait qu'elle était à deux doigts de le faire face à l'horreur de la scène qui se déroulait sous leurs yeux. L'horreur de trop.

Stephen sentit son environnement se mettre à trembler. L'Oeil d'Agamotto à son cou se mit à scintiller de plus en plus alors que brusquement, la chambre d'hôpital disparaissait dans un tourbillon violent. De multiples scènes, des souvenirs, s’enchaînèrent à une vitesse folle sans laisser le temps au Sorcier de comprendre l'ampleur de chacun d'eux. L'esprit de Jessica était en train de craquer sous la pression de ses émotions, face à la reconstitution de son âme jusqu'alors incomplète. « Jessica... » commença-t-il en se plaçant face à elle pour tenter de capter son attention. Il fallait la stabiliser, la ramener sur un souvenir fixe ou elle allait perdre le contrôle. Et se perdre elle-même. « Jessica, écoute ma voix... respire profondément... ne cède pas... Jessica... Concentre-toi sur ma voix ! » ordonna-t-il, de plus en plus autoritaire à mesure que tout vacillait autour d'eux et que l'adrénaline du stress le gagnait à son tour. L'adrénaline du danger, pour ne pas le citer. Mais elle ne l'entendait plus. Elle se perdait dans ses souffrances et s'éloignait de lui comme de la réalité qu'il représentait, au point de risquer de ne plus croire à son existence même. De croire qu'elle n'avait jamais quitté cet enfer. Stephen sentit son coeur battre à pleine vitesse. Il devait réagir vite où il ne pourrait plus jamais la ramener. Alors ses mains saisirent chaque côté de son visage déchiré par le chaos de sa douleur et de son désespoir. Son visage face au sien, il se concentra sur elle en faisant abstraction de l'ouragan de souvenirs qui faisait rage autour d'eux en menaçant de les avaler à tout jamais. Il murmura une incantation, et à la toute fin, toucha son front de son pouce comme il l'avait fait à l'entrée dans ce monde. L'emplacement du troisième oeil qu'il se devait de refermer chez elle avant qu'elle ne sombre à jamais.

Il émergea avec violence de sa transe, au coeur du Sanctuaire. Dans un glissement rapide, tous les meubles revinrent à leur place autour de lui à lui en donner des vertiges tant cette sortie du plan astral et de son subconscient fut précipitée. Il inspira et expira bruyamment, cherchant de l'air, s'appuyant sur ses paumes pour ne pas tomber en arrière même ainsi assis sur le sol au coeur du pentacle. Mais le Sorcier posa son regard sur le corps inerte de son invitée, au sol. Il s'empressa de vérifier grâce à son pendentif qu'elle était bel et bien revenue dans le monde conscient, et ce même si elle demeurait étendue, endormie. Exténuée, vidée de sa force. Il posa sa main sur son front pour vérifier sa température, puis se permit de prendre son pouls au creux de son cou. « Du calme... tout va bien... tu es en sécurité... reste calme... » dit-il en la voyant s'éveiller, presque paniquée, à son contact. Mais le choc et le contre-coup l'empêchèrent de lutter bien longtemps, littéralement vidée de ses forces psychiques comme physiques. Il posa sa main sur son bras pour l'inciter au calme et à l'apaisement. Dans un murmure à peine audible, et des mouvements des doigts imperceptibles, il invoqua un enchantement pour l'obliger à se rendormir tout en accrochant son regard. Il vit ses paupières peiner rapidement à demeurer ouvertes, jusqu'à sombrer de nouveau, endormie. Il n'avait pas le choix. La connaissant, elle risquait de paniquer, de s'épuiser plus encore. Or, il savait à quel point cela pouvait être usant, comme expérience. Surtout pour des non-magiciens. Le repos était impératif. Après tout, il était médecin. Et il fallait toujours écouter son médecin.  

Loin de s'octroyer à son tour du repos, Stephen se releva et usa de sortilèges pour faire léviter son corps dans les airs, dans un nuage de runes et de sceaux en mouvement. Il la porta ainsi devant lui, jusqu'à l'une des chambres inoccupées qu'il réservait à d'éventuels alliés ou amis de passage. Gentleman, même s'il aurait bien aimé ne pas l'être en cet instant, il se retourna et laissa la magie se charger sur son ordre muet de changer les vêtements de son invitée, pour la vêtir de l'une de ses chemises blanches, à défaut d'autre chose. Le reste de ses vêtements se plia tout seul sur la chaise la plus proche. Il se retourna finalement, et acheva de la déposer au creux du lit en faisant remonter la couverture jusqu'à ses épaules, attentionné. Cependant, il resta quelques secondes à l'observer ainsi dans le silence, méditant sur ce qu'il venait de vivre auprès d'elle. Sur tout ce qu'elle avait vécu et qu'elle portait comme un lourd fardeau silencieux depuis tant de décennies.
Elle et lui se ressemblaient plus qu'il ne l'aurait cru de prime abord.
C'était étrange, mais il aurait juré que son visage ainsi endormi était bien plus serein, plus apaisé, malgré les tourments qu'elle venait de traverser. Ou peut-être était-ce parce qu'il était simplement soulagé d'être revenu avec elle, qu'un rien le rendait plus prompt à apprécier la beauté des choses. Surtout de ses traits endormis.  

Rassuré, il quitta enfin la pièce en refermant la porte derrière lui pour la laisser dormir à l'abri de tout bruit perturbateur. Et là, il put enfin souffler à son tour. Il se délesta de sa cape pour retrouver son simple habillement de civil, pantalon noir et chemise blanche. Il se laissa tomber dans le canapé un peu plus loin. Il ouvrit le bouton de son col pour respirer plus facilement et s'autoriser un peu plus de décontraction après ces épreuves éreintantes. Ses épaules s'affaissèrent, relâchant toutes les tensions accumulées. Il ferma les yeux et resta un moment ainsi, simplement concentré sur sa propre respiration pour chercher l'apaisement.

Wong patrouillait dans les dimensions depuis qu'il avait entamé la séance avec elle, palliant l'absence du Sorcier Suprême alors occupé. Parfait. Car Stephen n'aspirait en cet instant qu'au silence et au repos que ce dernier apportait. Pourtant, même s'il était épuisé, il savait que le sommeil ne lui viendrait pas avant un moment, comme souvent, le temps que son esprit traite toutes les informations auxquelles il avait été confronté, et qu'il fasse la paix avec elles. Car fusionner avec l'esprit d'une autre personne était aussi épuisant pour lui que pour elle. Et rester neutre tenait quasiment de l'impossible. Aussi devait-il faire la paix avec la peine, le chagrin qu'il n'avait pu que ressentir en étant témoin de ces souvenirs destructeurs. Il espérait sincèrement avoir réussi à l'aider, mais il n'en aurait le coeur net qu'à son réveil, probablement au petit matin dans de longues heures. Alors, en attendant, il allait prendre son mal en patience, et attendre que Morphée l'accueille, lui aussi.

Jusque-là, il allait devoir s'occuper. Levant la main dans le vide, accoudé sur le bord du canapé, il y fit apparaître un verre de whisky, et la bouteille sur la table basse contre laquelle il cala l'un de ses pieds. Il fit venir un des livres qu'il avait pris à la librairie jusque dans son autre paume, le posant sur ses genoux, et ouvrit les premières pages pour commencer à lire. Il avait comme un besoin de penser à tout sauf à ce qu'il venait de vivre, pour offrir un peu de répit à ses pensées et ses émotions. Instinct de survie s'il voulait pouvoir continuer son sacerdoce de Sorcier Suprême sans s'écrouler sous le poids de ce genre de sauvetages intenses en tous points. Cependant, en tournant l'une des pages, il ne put s'empêcher de repenser aux souvenirs partagés, et, plus encore, à ses paroles, sur le toit. Il fronça les sourcils, cherchant à chasser ce qu'il redoutait. Mais une petite photo se matérialisa au creux du livre ouvert sur ses genoux. Celle qui d'ordinaire restait bien caché dans l'un des albums photos qui trônait sur l'une des étagères, à l'abri des regards, perdu au milieu des grimoires. Le visage de sa jeune soeur lui souriait sur cette photo.
Silencieux, son index passa sur son visage, comme espérant la toucher, la faire sortir de cet immobilisme glacé sur ce papier photo jauni par le temps. Trop de temps. Parfois, il avait peur de l'oublier, d'oublier son rire, sa voix. De les oublier tous. Comme Jessica avait failli le faire, jusqu'à s'oublier elle-même. Une intimité tragique qu'il avait vécu comme si cela avait pu être la sienne. Une communion qu'il ne pourrait plus oublier, car tel était son fardeau, ou son don, selon le point de vue. La vie était une chose curieuse, qui ne cessait de le surprendre, lui qui pourtant voyait plus de vérités que la majorité des êtres peuplant le multivers.

Il fit s'évaporer la photo du livre pour essayer de commencer sa lecture, tout en buvant une gorgée de whisky, espérant faire passer ce moment de nostalgie avec la même facilité qu'il avala ce breuvage de luxe bien mérité après l'effort. Il se détendit progressivement, essayant tant bien que mal de ne pas s'inquiéter davantage pour celle qui occupait la chambre non loin. Elle était en sécurité. Elle était saine et sauve. Elle était sortie de cet enfer. Et peut-être même, enfin guérie de ce mal qui la rongeait en venant le trouver. Il l'espérait. Il espérait avoir réussi à l'aider. Mais pour le moment, hormis cela, il ne pouvait rien faire de plus que d'attendre qu'elle reprenne des forces. Alors il se plongea dans sa lecture, dans le silence du sanctuaire, éclairé par la faible lueur de quelques lampes de table disséminées de parts et d'autres de la grande pièce. Drapé dans sa solitude retrouvée, il se sentit en sécurité loin des agressions extérieures, et avec cela, retrouva peu à peu cette sérénité qui le caractérisait tant. Même si cela n'allait pas durer aussi longtemps qu'il le croyait.




all smile, I know what it takes to fool this town, I'll do it 'til the sun goes down
I'm unstoppable, I'm invincible, I win every single game
I'm so powerful, I don't need batteries to play
I'm so confident, I'm unstoppable today
sia - unstoppable


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Hydra
♠ Classe et nom de code : Spider Woman ♠ Emploi : Agent d'Hydra infiltré au SHIELD et agent du SHIELD infiltré chez HYDRA ♠ Gif :
MessageSujet: Re: Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]   Mer 30 Mai 2018 - 15:26
Help me. Please. Help me.

Il y a une chose pire que de vivre dans un cauchemar. C’est de le revivre. De ressentir de plein fouet toutes les émotions que l’on a ressenties et sentir leurs emprises comme si jamais elles n’avaient disparus. Pendant des années, elle avait éloignés ses cauchemars le matin se levant, les nuits raccourcies, pour se fondre dans un travail épuisant. L’alcool et la faiblesse du mental pour tenter de dormir. Combien de fois avait-elle priée, supplié le ciel, les astres et qu’importe qui l’écoutait, qu’une seule et unique fois où puisse le offrir le loisir de se reposer. Elle avait connu ça avec Blaze. Avec l’erreur qui les avait conduit à partager le même lit, à partager l’étreinte tendre et douce d’un autre corps. La nuit n’avait pas été parsemé de rêve rose bonbon avec des petites licornes, ça faisait bien longtemps qu’elle avait dépassé ce stade, mais après elle s’était souvenu que cette nuit, elle n’avait rêvé de rien. Et c’était bien.
Foulant les rues d’un San Francisco vidé de l’essence même de sa vie, ne laissant d’une araignée esseulée et détruite, elle avait voulu retrouver cette sensation. Ce rien plus important que la douleur. Ce rien plus important que n’importe quoi. Pour elle, il était préférable de ne plus rien ressentir que de voir ce qu’elle pouvait voir. Non, pas voir. Revoir. Retrouver. Ressentir de nouveau. Cette lame vengeresse d’une époque passée, qui s’implique dans la vie présent pour détruire le futur. Cette lame qu’elle sentait s’abattre sur son corps depuis cinq ans… A présent, cette douleur semblait avoir pris en puissance et elle craignait. Elle se savait forte, parce qu’il n’est pas donné à n’importe qui que de supporter le poids des années. Il n’est pas donné à n’importe qui le fardeau de rester en vie, de rester belle et jeune quand les proches s’affaissent avec le poids des années. Le poids des années blesse, oui, mais il ne détruit pas. Elle ne peut pas se faire détruire si facilement. Outre la fierté dans ses combats, c’est par le respect du trépas de ceux qu’elle a aimé.

Il y a une question qu’elle n’aurait sans doute jamais le courage de lui poser. Sans doute que les choses changent, sans doute qu’elle lui demandera, le regard accroché, pas de fuite possible, ni pour l’un, ni pour l’autre. Pourquoi elle ? Pourquoi prendre son temps, lui qui combat ce qu’elle ne pourrait qu’imaginer et être loin encore de la réalité. Alors pourquoi prendre le temps de venir, de s’arrêter sur le sort d’une femme, aussi héroïne qu’elle soit aux yeux des autres ?

Elle aurait aimé, juste un instant, s’arrêter sur des remords plus grands, plus virulents, plus destructeurs que le reste. Ses parents. Elle n’était pas là, elle n’avait pas pu les sauver. Elle se sentait, parfois, coupable d’avoir été irradié pour devenir la femme qu’elle alors que sa vie avait commencé dans le sang. Ses mains n’avaient jamais été immaculées, au contraire, elle portait le sang de ses parents. Eux qui mourraient. Elle qui dormait. L’injustice la plus cruelle pour cette femme qui avait tenté, des années, des décennies, presque un siècle plus tard, de tout faire pour qu’aucune famille ne ressente ça à nouveau.

En plein désarroi, elle avait perçu la voix de Stephen comme salutaire. Son prénom, ce tutoiement, cette proximité. Il serait dommage que deux personnes ainsi restent ou soient ennemis, eux qui ont en commun plus qu’ils ne l’admettent. Elle avait l’impression d’être avec un ami et que cet ami pourrait la protéger. Elle n’avait aucune honte de craquer, de se laisser aller à cinq années de retenues. Ici, ça avait chez elle pendant des semaines, d’un retour difficile, elle s’octroyait le droit de craquer dans un monde qui n’était plus le sien.

Aussi fort que soit Strange, la douleur de Jessica l’est encore plus, surtout dans un monde qui lui appartient. Ils en avaient tous deux fait les frais.

C’était une nouvelle douleur qui avait trouvé place en Jessica. Depuis cinq années, elle frôlait la mort, jalousais le silence. Elle ne s’était pas attendue, pourtant, à avoir été si ferme avec elle-même. C’était elle qui avait décidé de se faire passer pour morte et elle, en revenant, qui avait prit la décision de ne dire son retour à personne. Elle qui avait pourtant dit à Clint ne pas être responsable. Sans le savoir réellement, elle avait menti à celui qu’elle avait aimé dans ce retour chaotique. Des retrouvailles, une survie pour elle, un changement pour lui. Une mission, des cris, des larmes, des pics. Une vérité, une explication. Une tristesse et une promesse. Malgré tout, Clint était resté à ses côtés et lui avait promis de l’aider, de la soutenir. A défaut d’être de nouveau ensemble, ils resteraient le duo de choc qu’ils avaient été quand elle avait été avec les vengeurs, quand elle avait trouvé sa moitié, sa famille. C’était encore plus douloureux, ce que Morgane lui avait fait. Elle avait perdu son équipe et l’homme qu’elle aimait. Elle devait vivre seule, sans retrouver ses bras. Alors le temps, elle avait chéri ses sentiments envers lui, espérant être capable d’aimer à nouveau. Si elle n’avait plus, en partie, les mêmes sentiments pour lui, il restait Clint. Celui qu’elle connaissait bien pour ne pas se faire avoir par son costume de Ronin. Celui qu’elle voyait derrière son armure de sarcasme. Il craignait les paroles de Jessica, il avait toujours craint, parce qu’elle savait ce qu’il cachait derrière son masque. Jessica fait souvent cet effet. Elle a souvent raison. Elle a l’expérience, après tout.

Et de Clint, elle en avait parlé à Magnus. Elle ignorait que le Mage l’aimait. Elle ignorait le mal qu’elle lui faisait. Il avait donné sa vie pour la protéger, parce qu’il l’aimait, alors qu’elle, en aimait un autre. Un triangle amoureux qui n’avait pas eu le temps d’exister.

Elle avait perçu, douce, rassurante, dévastatrice, la poigne de Stephen sur cette main qu’elle avait prise, de peur de tomber. Il ne pouvait pas la ramener, il ne voulait pas et elle devrait souffrir, pourtant, si cette main lui indiquait un refus, elle lui indiquait aussi, que si souffrance il y avait, elle ne serrait pas seule pour l’endurer.

Cela n’avait pourtant rien empêché. Les remords et les regrets. La colère et l’incompréhension. La rage et le désespoir. Aussi douce et rassurante avait pu être sa main qui ne la laisserait pas, elle n’avait rien pu empêcher. Ni à l’esprit de Jessica de vaciller. Ni à son cœur de se débattre. Ni à ses souvenirs de revenir, de la hanter encore un peu plus. Elle aurait dû se focaliser sur le rythme cardiaque de Strange, elle aurait dû faire de cette musique son point d’encrage et ne pas écouter les voix, les cris, les larmes. Elle ne l’avait pas fait, et son cœur était mis à nue pour la première fois depuis bien longtemps.

Avait-il comprit, alors que le monde de Jessica sombrait, qu’elle avait prit, une fois encore, sa décision ? Inconsciemment ou non, elle avait décidé de rester, de se détruire. Comment vivre avec le mal qu’elle avait pu faire ? Si elle avait vécut aussi longtemps, elle ne pouvait se dire que le bien avait dépassé le mal. Au contraire, rien ne pourrait faire pénitence. Encore moins à l’entente de la voix de ses parents et de son premier amour. Elle avait même perçu, dans tout ce délire que représentaient la folie de Jessica, le regard de Clint. Ce regard quand elle lui avait avoué travailler pour Hydra. Elle ne chercherait rien pour se raccrocher, elle ne voulait pas, ne le méritait pas. Sans doute est-ce trop demandé à un sorcier que de laisser mourir quelqu’un ? Elle pense avoir vu son visage plus près encore du sien. Elle semble avoir entendu sa voix. Encore un mirage ? Un espoir ? Strange qui devient son seul espoir ? Elle qui lui avait parlé de la sorte ?

Le noir. Plus de bruit. Plus de douleur accrue. Plus de pression sur son cœur. Le noir et le silence. Ca ne durait déjà pas, elle sentait une force en elle la tirait vers un endroit qu’elle redoutait : Sa vie. Elle ouvrit les yeux, perdue. Avait-elle rêvé ? Que s’était-il réellement passé ? Pourquoi elle n’y était plus ? Avait-elle succombé à ses remords ?  Sa respiration était saccadée, affolée alors qu’en ouvrant les yeux, elle ne pu, tout de suite du moins, reconnaitre l’endroit où elle se trouvait. Elle voulu se relever, fuir, mais de nouveau cette choix. Elle tourna des yeux dilatés vers lui, ne sachant pas si, réellement, il était présent où non. Et si elle avait perdu ? Et si elle imaginait cette version de l’histoire ? Et si tout était perdu… ? Pourtant, alors qu’elle voulait se relever, son bras de pu bouger et seulement après, elle perçu la main de Strange. Pourquoi ne pouvait-elle pas bouger ? Elle voulait parler, mais elle n’y arrivait pas. Elle tremblait de nouveau. Elle sentit ses yeux se fermer et lutter pour que ça ne revienne pas de nouveau. Elle luttait pour ne pas se rendormir, pour ne pas revivre ce qu’elle venait de supporter, mais c’était plus fort qu’elle et une fois encore, elle tomba dans les limbes.

Le silence. Le calme. Elle n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle voyait dans ses songes, mais pour une fois, ça n’était pas San Francisco, ni Morgane. Pour une fois, elle semblait se laisser aller à retrouver des forces, à reposer son esprit sans se torturer d’avantage. Plus de guerre, ni de cris, ni des larmes. Juste le silence apaisant et non si oppressant. Le repos du guerrier, c’est cela ?

Le réveil ne fut pas brutal. Elle ne sortait pas d’un énième cauchemar, aussi put elle apprécier son réveil. Du moins, elle l’apprécia avant qu’elle ne sente le toucher de draps soyeux sur ses jambes, de l’oreiller qui ressemblait à un nuage et supporter sa tête un peu douloureuse. Elle refusait d’ouvrir les yeux de peur que cette sensation de satisfaction ne parte. Elle percevait un habit qui n’était pas à elle. Elle se remémorait ses souvenirs et ne comprenait pas. Etait-elle encore chez Strange ? Avait-elle seulement été ? S’était-elle imaginé la discussion sur le toit ? La demande d’aide ? Son retour sur le plan astral ? La mort de Magnus pour la sauver elle… Les larmes montèrent à ses yeux et elle s’assit finalement, sans pour autant ouvrir les yeux. En symbiose totale avec son corps, pourtant, elle sentait quelque chose. Quelque chose de nouveau, d’ancien. Si c’était le cas, si cette sensation était réelle, alors elle n’avait pas pu tout rêver… Et dieu seul sait qu’elle aurait voulu rêver.

Finalement, elle ouvrit les yeux. Elle n’était évidemment pas chez elle, aussi de bonnes qualités soient ses draps, ils sont moins bien que dans ce lit. Cette chambre décoré avec soin, cette qualité de linge de lit et cette…chemise ?! Elle se regarde, elle touche le tissu et arque un sourcil. Une chemise ?! Quand ?! Comment ?! Par un geste chaotique, elle ouvrit un ou deux boutons pour vérifier que ses sous vêtements ne se sont pas envolés, comme sa tenue. Il a osé la changer ? Il a osé la toucher ? Elle endormie, il aurait… ? Jessica ferme de nouveau les yeux et prend une profonde respiration. Elle ne peut décemment pas agir comme la première fois, avec Strange, plus après ce qu’il avait fait. Elle se lève et frisonne au contact froid du parquet sur ses pieds nus. Elle observe la pièce et se rend vers la fenêtre. Oui, elle est toujours chez Strange, elle reconnait la rue. Il ne l’a pas envoyé dans un endroit quelconque. Sur la chaise, son costume, plié avec le plus grand des soins. Elle prend son masque en main, comme si elle se redécouvre pour la première fois. Elle est Spider-Woman et n’a plus le droit de penser autrement. Combien de larmes avait-il caché, ce masque ? Combien de fois avait-elle pu se cacher de la vérité, à elle, aux autres ? Et pourtant, face à Strange, elle avait été la plu honnête possible.

Stephen Strange… Et s’il était encore dans les parages ? Elle laisse aller son ouie, elle entend un rythme cardiaque lent et doux et sourit malgré elle. Ca n’est pas le deuxième homme, le rythme est différent, c’est bien le sorcier. Cela veut donc dire qu’elle va devoir lui faire face ? Elle se retourne et regarde son costume. Elle pourrait l’enfiler, partir par la fenêtre, ne jamais revenir. Non, elle ne pouvait lui manquer de respect après ce qu’il venait de faire et vivre avec et pour elle. Elle s’appuya sur la porte, encore fragile et fatiguée. Depuis combien de temps avait-elle dormi ? Trop peu à voir la voute étoilée par la fenêtre. Ou trop longtemps, se comptant en jour. Impossible, elle sentait encore le contre coup de son tour dans le plan astral. Donc, trop peu, visiblement.

Que devait-elle faire ? Comment devait-elle agir face à celui qui la connaissait, à présent, sans doute mieux que quiconque ? Elle ferma les yeux et inspira longuement. Qu’est-ce que… Jessica se recule de la porte, elle tourne sur elle-même et regarde ses mains. Ce picotement qu’elle a ressenti quand elle a fait mine de toucher son autre elle.

- Non, non… Pas ça…

Elle avait retrouvé la presque totalité de ses pouvoirs quand Hydra l’avait replongé dans un caisson pour jouer avec son ADN. A son réveil, elle avait tout retrouvé, sauf un et elle en était ravi, mais là…Elle le sentait. Elle sentait ses pouvoirs complets. Elle passa une main dans ses cheveux et tourna une nouvelle fois sur elle. Elle n’avait pas ce parfum qu’elle usait avant. Cet inhibiteur de phéromones. Elle devrait les contrôler face à Strange, elle ne pouvait pas s’amuser à ça avec lui.
Au fond d’elle, elle hurlait. Elle y était retourné pour comprendre, pas pour retrouver ses pouvoirs ! Elle allait devoir lui faire face en restant sur ses gardes pour ne pas se jouer de lui. Il ne devait ressentir que le minimum. Elle aurait sans doute joué avec n’importe quel homme, mais pas celui-ci. Pas après ce qu’il venait de faire pour elle.

Elle resta de longues minutes, assise sur le lit à se demander comment elle devait agir. Sans surprise, Jessica décida de prendre la fuite. A défaut de prendre la fuite physique, elle prendrait la fuite mentale. Elle devait caché son état d’épuisement, contrôler ses phéromones nouvellement revenu et devrait faire comme si elle n’était pas détruite, quelques heures avant, en face de lui.

Lentement, elle se mit à sortir de la chambre, caressant nerveusement son bras. A moins que ça ne soit la douceur du tissu ? Ou l’odeur de Strange qu’elle semblait sentir et qui lui faisait du bien.

Elle resta quelques secondes, accoudée à l’encadrement de la porte, l’observant en silence. Une respiration soudaine, plus forte que les autres, pour se donner du courage et elle avança vers lui, tentant de se remettre dans la peau de la Jessica je m’en foutiste totale, alors qu’elle n’en avait clairement pas envie avec lui. Elle avait simplement peur de discuter. Non pas qu’elle ne voulait pas, mais elle avait peur de mettre des  mots sur ce qu’elle avait vu et ressenti. Un homme était mort pour elle et elle n’aimait pas ce sentiment de culpabilité supplémentaire.
Elle avait remarqué l’ambiance feutrée de par la lumière. Strange sur le canapé, les jambes tendus, verre, livre, la chemise un peu déboutonnée, un peu comme celle qu’elle portait. Elle se surprit à le trouver presque irrésistible à cet instant. Elle n’était pas aveugle, elle avait remarqué le charme qui émanait de lui, mais dans cette position, cette façon d’être, il l’était bien plus encore.

Lentement, a pas feutré, aussi feutré que possible sur le parquet froid qui ne cessé de faire réagir sa peau, elle s’avança. En face de lui, elle n’hésita pas une seconde et scinda son esprit en deux. Il y avait la Jessica d’apparence et celle qui avait pris la décision de se taire.

D’un premier geste, elle se saisit du livre qu’il avait sur les jambes et regarda la couverture en haussant un sourcil. Mentir, jouer la comédie, c’était naturel, même encore maintenant.

- Irlande ? Sans rire ? Les us et coutumes irlandaises ? Vraiment ? Les anglais sont bien intéressant là-dessus !


Elle ne pouvait être objective, étant anglaise, elle se devait de défendre son pays et qu’il puisse lire un livre sur l’Irlande était la bonne occasion pour faire comme si rien ne s’était passé. Elle se pencha finalement vers lui, effleura sa main sans s’en rendre compte et prit le verre qu’il tenait. Elle en huma le parfum et se mit à sourire avant d’en boire une première gorgée. Dieu que c’est bon !

- Pile ce dont j’avais besoin !


Elle se souvenait qu’il lui avait refusé, alors ce verre, elle allait le savourer… Et même cul-sec, ce qu’elle venait de faire, le bras bien relevé, sa cascade brune glissant sur son dos, un pan de cette chemise qui n’est pas sienne relevé, elle en savoura les arômes. Elle lui tourna le dos, gardant son livre en main, évitant soigneusement de voir sa réaction à sa façon de faire. Elle aimait l'ignorer, sans savoir réellement pourquoi. Elle ferma les yeux comme si ce simple mouvement pouvait lui permettre de parler plus facilement.

- Je te présente mes excuses… pour ce que j’ai dis, sur le toit…

Elle reposa finalement le verre sur la table basse, ainsi que le livre et alla vers la fenêtre. S’éloignant rapidement de Strange pour ne le soumettre aucunement à ses phéromones. Elle pourrait dire qu’elle n’a pas flanché sur le court chemin jusqu’à la fenêtre, mais elle était encore fatiguée. Elle sentait ses muscles tendus et savait qu’elle allait regretter ses paroles.

- Je dois partir. C’est une perte de temps, pour toi… Comme pour moi, de rester ici. Tu as mille choses de mieux à faire et tu n’es pas de ceux qui restent, après.

C’était un pic sans en être un. Il aurait pu la ramener chez elle, au lieu de veiller sur elle. Pourtant, elle avait la crainte de faire mal, sachant pertinemment qu’elle venait de regretter ses paroles. Au fond d’elle, elle voulait le remercier, mais elle n’arrivait pas. Jessica est quelqu’un qui prend la fuite. Elle doit prendre la fuite.  Elle remarqua enfin, dans sa main que son masque ne l’avait pas quitté. Elle baissa son regard sur lui en souriant. Un morceau de tissu. Un simple morceau de tissu. Elle avait dû l’avoir depuis qu’elle l’avait prit, sur cette chaise, le cachant visiblement par le livre, sans qu’elle ne se rende compte qu’elle se laissait une porte pour se dérober. Son masque la protégeait. Il n’agissait pas sur les balles, mais elle pouvait mentir et se cacher.

- Je… Je lui en veux… Il n’avait pas à choisir pour moi. Il n’aurait jamais dû se sacrifier pour moi. Il n’aurait jamais dû… Je me souviens ce que j’ai ressenti… Quand j’ai entendu le médecin leur dire que j’étais parti. Que mon cerveau était mort, alors que j’étais là, finalement… Je me souviens ce que j’ai ressenti quand j’ai dis à Magnus que j’étais morte. Cette force, cette noirceur au fond de moi. Tout ça avait disparut, je ne ressentais plus rien… Mais il n’a rien écouté… Il a préféré…faire à sa sauce. C’est un rite de passage chez vous, les sorciers, les mages, les houdini des temps modernes ? De faire à votre sauce sans écouter les autres ?

Elle qui venait de dire qu’elle devait partir…Elle n’avait pas pu. Le regard sur son masque, ravalant ses larmes de colère et de tristesse, elle avait laissé les mots découler avec douceur. Sans doute venait-elle de comprendre qu’il était le seul qui pouvait la comprendre à cet instant.  Elle était amère, mais l’on pouvait déceler un brin de tendresse. Elle serra son masque dans sa main avant de glisser l’autre dans sa longue chevelure pour la remettre en place. Elle avait finalement réussi à mettre une raison sur l’envie de partir. Ca n’était pas tant une fuite, mais un besoin de ne pas être seule. La logique ? La raison ? Elle avait envie de rester, mais était prête à sacrifier ce besoin pour protéger Strange de son ancienne et nouvelle –à la fois- capacité. Elle ne pourrait pas changer ce qu’elle est, elle veut défendre les autres, même si ça doit lui faire mal.



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Don't be shy, step into the light [Privé ft. Jessica Drew]

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