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R.I.P, Old Friend - PV Jean

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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 11 Juil 2018 - 16:09
R.I.P, Old Friend


Visiblement, on n'a pas vraiment trop le choix. Si nous n'avons pas envie que les choses partent en cacahuète, on va devoir se plier à leurs exigences. Surtout que c'est ce que la rouquine m'incite à faire, alors que j'avais déjà mon poing serré, et qu'un léger grognement glissait hors de ma bouche.

Toutefois, accepter que l'on soit séparé ne veut pas dire que je vais me soumettre de façon radicale.

- Vire ta main de son épaule. Tu la vires, ou tu la perds.

Aussi téméraire qu'il soit, le garde du corps sait de quoi le personnage que j'ai créé pour évoluer dans les rues de Madripoor est capable. C'est donc dans un moment de lucidité extrême qu'il décide de retirer sa main de l'épaule de Jean. Dans un même temps, je me rapproche de la rouquine, et viens glisser une main dans ses cheveux. Main qui se referme juste à la base de sa nuque, afin de la maintenir pendant que je l'embrasse langoureusement. Une démonstration d'affection dont "Logan" n'est pas forcément super fan en public.

Mais Patch, c'est autre chose. Il veut faire passer un message. Faire comprendre aux hommes ici présents que cette femme est "sa" propriété. Une fois que nos lèvres se séparent, mon regard se porte sur celui qui tiendra compagnie à Rubis. Et c'est d'une voix menaçante, teintée d'un mépris appuyé que je m'adresse à lui.

- Si je la récupère pas dans l'état où j'te la laisse, tu le regretteras.

Reculant d'un pas, créant par la même occasion une distance physique entre l'hôte du Phénix et moi, je fais ce petit geste... Ma main se lève lentement, et du bout de l'index, je viens tapoter le coté de ma tête au niveau de la tempe. Le message est extrêmement facile à comprendre. Sans le dire, je demande à la femme qui partage ma vie de créer entre nous un lien télépathique, juste pour que je puisse m'assurer que rien n'arrive à l'un ou l'autre - même si je m'en fais pas trop pour moi.

Après, on peut peut-être penser que je sous-estime Jean. Qu'elle aurait fait ce lien sans que je ne l'y incite. Mais croyez-moi: quand on vous place hors de votre élément, les choses un peu basiques, vous pouvez être amenés à les oublier. Je préfère donc prendre les devants.

Ainsi, nous nous séparons, et je passe donc le seuil de la porte qui me conduit à Tao en lançant un dernier regard à Jean. Les autres y verront un semblant de manifestation de mon emprise sur elle. Ce n'est en fait que de l'inquiétude. Car oui, je m'inquiète pour elle.

Je me retrouve enfin dans la salle qu'occupe Tao. C'est un vieil homme, d'une soixantaine d'années. Il est entouré par de nombreux hommes de main. D'un geste de la main, il m'indique que je peux m'asseoir en face de lui.

- J'préfère rester debout.
Je toise sa garde personnelle, laissant échapper un petit pouffement de rire. Douze contre un? Vous êtes un peu juste. Vous devriez appeler du renfort, si vous voulez qu'on en vienne aux mains...

- Je sais pour quoi vous êtes ici. Et j'ai le regret de vous informer que je ne vous paierai pas ce que je vous dois. Il s'interrompt, et claque des doigts. Derrière lui, un écran géant se dévoile. Je vois Jean, toujours dans l'autre salle. Vous semblez tenir à elle.

- Elle? C'est qu'une femme que je me suis payé pour la nuit.


- Alors pourquoi menacer Lubu?

- Parce que j'ai des projets pour le reste de la soirée, et que si votre gorille empêche que cela se produise, je vais être de mauvaise humeur.

Tao rigole, et il claque une seconde fois des doigts.

*Jean, fais gaffe, cela risque de dégénérer plus vite que prévu. Et c'est pas d'ma faute!*
Espérons que le lien soit créé. Je suis pas encore super au fait de tout ça. Je sais qu'elle pratiquait beaucoup ça avec Summers.

L'écran s'éteint. Et les douze hommes sortent des katanas. Les lames sont splendides. La lumière de l'unique lustre accroché au plafond vient se refléter dessus. Je plonge mes mains dans les poches.

- Vous noterez que j'étais venu ici pacifiquement. Et que je vous donne encore la possibilité de...

- TUEZ-LE! Et que Lubu s'occupe de la pétasse rousse! Je vais lui faire vivre une nuit qu'elle n'est pas prête d'oublier!


Bon. Le mec me doit de l'argent. Il veut pas payer. Il m'interrompt pour menacer Jean, en la qualifiant de façon fort peu polie. Nous sommes d'accord que je l'ai joué cool, jusque-là. Maintenant, la suite des événements est de leur fait!

Deux hommes se ruent sur moi, et tentent de me transpercer avec leurs armes. Mais j'esquive, et d'un petit coup de pied bien placé, je les désarme l'un et l'autre. Je récupère les deux katanas au sol. Ils sont parfaitement équilibrés. Splendides. Mortels.

- TUEZ-LE!

Les choses vont devenir vraiment horribles. Mais j'ai pas le choix. Je dois laisser un message.

*Ils attaquent. Va y avoir des morts!*
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 13 Juil 2018 - 15:53
Malgré un début de grognement désapprobateur de la part de Logan face à la tournure que prenaient les événements, ce dernier accepta de suivre la consigne de l'homme de main de Tao, encouragé par l'attitude de la rousse. Pourtant, le geste du gorille n'échappa pas à son regard, tout autant qu'il lui déplut. La réaction ne se fit pas attendre, le canadien menaçant le garde de lui trancher la main s'il ne la retirait pas immédiatement de l'épaule de Jean. Face à cette réaction, la télépathe resta interdite, bien que soulagée de ne plus sentir cette pression sur elle lorsque le colosse obtempéra. Sans doute Patch n'était-il pas homme à parler à la légère pour qu'il le prenne aussi vite au sérieux. Suite à cela, Logan se rapprocha de la mutante, la saisissant à la base du crâne pour l'embrasser d'une manière à la limite de la brusquerie. Une nouvelle fois, la rousse fut surprise par ce comportement, se raidissant légèrement sous la main du canadien. Ce n'était pas quelque chose auquel elle était habituée avec lui … Non. Logan était plutôt du genre à éviter ce type de manifestation affective en publique. Quant à la rudesse de son geste, ce n'était pas lui non plus … Il n'était jamais ainsi avec elle.

Ce baiser dura plusieurs secondes, Logan ne se retenant pas de jouer de sa langue contre celle de sa compagne, la maintenant toujours aussi fermement par la nuque … comme si elle lui appartenait. Oui … Jean venait de comprendre. Ce n'était pas Logan qui l'embrassait … c'était Patch. En agissant ainsi, le borgne marquait son territoire, la revendiquant comme sienne, ce que ses propos suivants confirmèrent. Pour le coup, si Jean avait trouvé ce personnage particulièrement charismatique quelques minutes plus tôt, à présent, elle le trouvait beaucoup moins charmant.

Alors, Logan s'éloigna, adressant un geste à la télépathe qu'elle connaissait bien. Il voulait qu'elle les garde en contact à l'aide de son pouvoir, histoire qu'ils ne soient pas totalement séparés. Le canadien ayant quitté la pièce, Jean se concentra afin de ressentir sa présence … son esprit sauvage et indomptable … sa passion pour elle … tout autant que ses craintes qu'il lui arrive la moindre chose. Elle le tenait … la connexion était établie.

Immobile, toujours debout et aussi droite que possible, la mutante ne quittait pas du regard la porte par laquelle Patch avait disparu. Derrière elle, elle pouvait entendre la respiration lourde du colosse, régulière et posée. Malgré le calme dans la réserve, Jean était bien incapable d'entendre le moindre son en provenance de la pièce où se trouvait Tao. De toute évidence, l'isolation de cette dernière salle n'était pas du même niveau que celle du reste du restaurant. Ce commerce était une façade parfaite pour dissimuler les véritables activités des lieux.

Soudain, Jean perçut une pensée de la part de Logan, un avertissement. Les choses semblaient ne pas se dérouler comme il l'avait prévu, si bien qu'il craignait que la situation ne dégénère. Il était tendu. Elle pouvait le ressentir. Toujours impassible, la rousse continuait de guetter la porte, prête à la franchir pour venir en aide au canadien en cas de besoin.

Alors, Grey crut entendre de l'activité derrière la porte … comme si quelqu'un venait de crier … puis de faire tomber quelque chose. A moins que ce ne fut les bruits d'une bagarre. Nerveuse, Jean redoubla d'attention afin d'assurer la stabilité du lien avec Logan … jusqu'à ce qu'elle perçoive son nouvel avertissement. Les choses avaient totalement dérapé. Se tournant vers le gorille, elle n'eut toutefois pas le temps de lui porter la moindre attaque.

Ce dernier venait de la saisir à la gorge d'une seule main, suffisamment épaisse pour l'enserrer totalement. Malgré sa masse, il s'était avéré particulièrement rapide, la prenant de vitesse … et il n'avait manifesté aucune douceur dans sa prise, coupant le souffle de Jean qui déjà, le sentait resserrer ses doigts sur son cou, lui coupant peu à peut le souffle. Sans le moindre effort, il la souleva à bout de bras, avant de la plaquer violemment contre un mur. Sous le choc, l'enduit s’effrita  et les étagères tremblèrent, sonnant légèrement la rousse. Son regard noir de tueur était fiché dans les yeux de la mutante, ne lui manifestant aucune pitié. De son côté, Jean voyait des étoiles, l'arrière de son crâne douloureux. Commençant à manquer d'air, la panique s'empara progressivement d'elle, la faisant agir plus par réflexe que par raisonnement réfléchi.

Vainement, elle tenta d'agripper les doigts du gorille, puis son poignet, dans l'espoir de se libérer de son étreinte. Mais c'était peine perdue. Sa frêle constitution n'avait aucune chance face à cette force de la nature. Tendant une main, elle chercha alors à lui saisir le visage, pour le griffer. Mais vu la taille du type, en se contentant de la maintenir collée au mur en tendant le bras, elle était hors de portée de plus d'une dizaine de centimètres.

« Arrête de gigoter !
, beugla-t-il tout en resserrant un peu plus sa poigne. Tao aime pas qu'on vous abîme … il préfère s'en charger lui-même. C'est son truc à lui d'associer torture et sexe », conclut-il avec un rire gras.

Dans un éclair de lucidité, Jean tendit de nouveau sa main, mais cette fois-ci pour se focaliser sur des caisses de bois rangées les une sur les autres dans le dos de Lubu. Par télékinésie, elle les attira, afin de les envoyer se fracasser dans le dos de son agresseur. A l'impact, les projectiles éclatèrent dans une gerbe de copeaux et d'échardes … ébranlant à peine l'homme de main, qui redoubla d'un rire sadique lorsqu'il vit apparaître l'impuissance et le désespoir dans le regard de Jean. La tenant toujours fermement à la gorge, il s'approcha d'elle, jusqu'à l'écraser de sa masse contre le mur. Pourtant, il devenait évident pour Jean qu'il contrôlait parfaitement sa force. Pour preuve, il l'étranglait juste ce qu'il fallait pour la maîtriser, sans pour autant l'étouffer et lui faire perdre connaissance, et il en était de même lorsqu'il se collait à elle. De sa langue épaisse, il lui lécha lentement la joue, du menton jusqu'au coin de l’œil, tout en lui pressant douloureusement un sein à travers ses vêtements de sa main libre. Fermant les yeux et se raidissant, Jean ne put retenir un cri aigu de dégoût et de terreur, tant sur le plan physique que psychique.

« T'as de la chance ma mignonne : quand Tao en a terminé avec les putes dans ton genre, il m'autorise à vous finir », lui susurra-t-il à l'oreille avec son souffle chaud.

Difficilement, Jean parvint à déglutir, sa gorge douloureuse et en feu, alors qu'une larme roulait sur sa joue encore couverte de la bave du pervers. Les dents serrées et le souffle saccadé, elle s'accorda quelques secondes pour se ressaisir un minimum. Et même si elle restait totalement désarmée par la terreur de ce qu'elle vivait, elle parvint tout de même à trouver la force de parler, plantant un regard plein de haine dans les yeux de Lubu.

« Il t'aura tué bien avant … »

Agacé par de tels propos, et sans doute passablement inquiété par la possibilité qu'une telle menace puisse s'avérer vraie, Lubu frappa sa proie une nouvelle fois contre le mur, plus fort que la fois précédente, si bien que Jean tomba inconsciente. La plaçant alors sur son épaule tel un baluchon sans faire d'avantage d'effort, la calant en posant une main sur le postérieur de la rousse, le gorille se dirigea vers la salle où se trouvaient Tao et Logan. En entrant, il asséna un violent coup du plat du pied dans les lombaires du canadien, l'expédiant au tapis sous la force de l'attaque. N'importe qui de normalement constitué aurait eu la colonne vertébrale en miettes après un tel coup.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 13 Juil 2018 - 21:30
R.I.P, Old Friend


En apparence, Tao avait tout du bon petit vieil asiatique. Le genre de cliché que l'on te sert dans les films avec l'accent prononcé, la tenue typique, et tout le tralala. En le voyant, on l'imagine plus nous donner des conseils tirés de gâteaux chinois plutôt qu'aboyer des ordres comme il est en train de le faire.

De mon côté, j'essaie de rester dans la peau de mon personnage. Afin de parvenir à cela, je resserre chacune de mes mains sur les manches. Mes mains sont placées très haut, tout contre la garde. Ce n'est pas un style très académique, mais cela fera l'affaire.

- Gaigin... Tu ne sais pas ce que tu fais, me lance l'un des hommes de main de Tao. Lui, en revanche, il donne très clairement l'impression de maîtriser l'art du sabre. Sa posture, la façon dont il se déplace... Si je n'étais pas "moi", il aurait une chance de gagner ce combat. Malheureusement pour lui, il est tombé sur plus fort que lui, il n'est simplement pas encore au courant.

D'un pas léger comme une douce brise d'automne, il se déplace dans ma direction. Chacun de mes muscles se contracte. J'anticipe parfaitement son prochain mouvement. Il va tenter une frappe descendante, histoire que je découvre mes flancs. Ce qu'il fera par la suite? Absolument rien. Il laissera les autres m'empaler sur les armes qu'ils ont encore en main. Mais cela n'arrivera pas, je...

- Gnh... J'rubis?

Oui, j'ai faillis commettre un impair en appelant la rouquine par son vrai prénom. Mais le cri psychique qui vient de retentir dans ce qui me sert de crâne m'a surpris. Ai-je dit que j'ai "faillis" commettre un impair? C'est faux. Le petit instant de déconcentration, à me préoccuper plus de la rousse dans la pièce d'à coté que du gars devant moi vient de me couter cher!

Le malfrat a bien fait une frappe descendante. Mais comme je n'ai pas paré ni esquivé, la lame est venue se loger dans mon trapèze gauche. Enfoncée de plusieurs centimètres dans la chaire, je ne ressens pas la douleur immédiatement. Non, pour ça, je peux compter sur les petits copains du bretteur en face de moi, qui à l'audace de me laisser son arme plantée dans le corps. Pendant ce temps, les autres tranchent par endroit dans mon corps, des endroits stratégiques, comme les tendons, etc... J'en finis par lâcher mes propres armes.

*Jean? Tu m'entends? JEAN!*


Oui, je me préoccupe plus pour elle que pour moi, car d'ici quelques instants, j'aurai cicatrisé. Je veux simplement être certain qu'elle tient l'autre malabar en respect. Ah, je sens déjà le petit picotement significatif des tissus qui se referment, qui se reforment. Malheureusement, on ne me laisse pas le temps d'aller jusqu'au bout de l'opération.

En effet, Lubu fait irruption dans la pièce et vient m'asséner un puissant coup de pied au niveau du bas du dos. Je peux vous assurer que même avec des os en métal indestructible, je dérouille. Alors qu'est-ce que cela serait si j'étais un simple humain! C'est à se demander si Lubu lui-même ne serait pas plus que ce qu'il semble être.

Allongé sur le ventre, ma chute a enfin fini par virer la lame que j'avais encore dans le corps. Et alors que j'essaie de me redresser tous mes adversaires en profite pour me customiser: les douze salopards viennent me planter leurs armes partout dans le corps, me donnant l'apparence d'un putain de porc-épic. Ils ne frappent pas au hasard, évidemment. Ils sont très précis, tous. Ils évitent soigneusement les os, pour ne frapper que dans les organes. Rien de vital cependant, comme s'ils tenaient à ce que je reste en vie. Je rugis clairement de douleur, tentant de me redresser à nouveau. Mais en passant, Lubu me décoche un nouveau coup de pied, qui vient m'éclater la face contre le sol. Je suis une vrai passoire dont les trous laissent échapper tout le sang qui devrait être dans mes veines.

Je parviens néanmoins à tourner la tête. A regarder. A entendre. A comprendre. Il tient Jean sur son épaule, qui est inconsciente. Et Tao prend la parole.

- Patch, tu me déçois. Pour un homme avec autant d'histoire sur son compte, il n'aura fallu que l'intervention de mes douze petits-enfants pour te mettre hors d'état de nuire. Son regard se porte maintenant sur Lubu. Lubu a été adopté. Il est comme de la famille, mais il n'est pas de mon sang. C'est pour ça qu'il est toujours un peu... à part. Et mon préféré dans le même temps.

Le gorille dépose le corps inanimé de la femme que j'aime sur le bureau qui me séparait de Tao.

- Vois-tu, j'ai demandé à mes petits-enfants de te tuer. Mais ils m'aiment. Et ils savent combien j'aime faire souffrir ceux qui me barrent la route. Ses petits yeux de fouine me quitte pour fixer les courbes de la rouquine. C'est qu'une pute pour toi? C'est ça? Bah crois-moi, ce soir, elle va déguster.

Bon sang, Jean... *REVEILLE-TOI* Il ne me faudra pas longtemps pour me remettre, mais cela laisse une plage assez grande à Tao pour faire ce qu'il veut! Allez... Voila, ça reprend. La cicatrisation. Lentement, les tissus expulsent les lames de mon corps, en se refermant. Dès que je me sens capable de tenir debout - c'est à dire quand mes mollets sont de nouveau opérationnels - je donne une impulsion avec mes bras, puis me redresse.

- Oh, impressionnant. Mais que comptes-tu faire, seul contre treize Dragons de la Nuit?

Il est tellement imbu de lui-même et convaincu qu'il va obtenir ce qu'il veut ce soir, qu'il ne se demande même pas comment je peux tenir debout après ce que je viens de subir... Pauvre merde. Tu seras le dernier!

Il me faut une bonne grosse dose de courage pour arracher à mon dos l'un des katanas, d'ailleurs, j'en lâche un bon gros juron tellement je douille. Cette fois, finies les fantaisie, fini la clémence. Ils tiennent Jean. Ils veulent lui faire du mal. Donc ils mourront, tous. Je tiens maintenant l'arme à une main, et adopte une posture issue du Iaido. L'idée? Dégainer le Katana, et dans un même mouvement, frapper.

Je vois que ça fait sourire mes adversaires. Certainement que pour eux, un Gaigin - un étranger - ne peut pas maîtriser une telle technique. Bah qu'ils viennent, et ils verront. S'ils ont tous été rompus à l'art du sabre, ils ont certainement des bases solides dans le combat à mains nues. C'est ce que laisse comprendre la démarche décontractée de mon premier adversaire. Il ne monte même pas sa garde.

- Alors, tu...

Dégainer, et frapper. Ajouter une frappe principale. Nettoyer la lame. Puis la replacer. C'est exactement ce que je fais, alors que la tête du gars qui était devant moi roule sur le sol.

- Tu disais? Je prononce ces mots avec un mépris total, et je regarde le corps décapité tomber au sol comme une merde.

Je viens de jeter un froid. C'est à dire qu'éliminer quelqu'un avec sa propre arme alors qu'on était laissé pour mort, forcément ça dérange. Mais je m'en fous. Je tiens à souligner que j'étais venu simplement récupérer mon dû. Maintenant, je vais devoir éradiquer ce clan.

Et devant la perte de l'un de ces petits-enfants, Tao perd son calme... Encore.

- TUEZ-LE! NE ME LE GARDEZ PAS! JE VEUX LE VOIR MORT! TOUS SUR LUI!

Tous? Non! Il retient Lubu, conscient que si les choses tournaient au vinaigre, le colosse serait son ultime rempart.

Espérons que Jean reprenne conscience rapidement...
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Sam 14 Juil 2018 - 18:14
Encore et toujours ce même rêve … Mais l'était-ce vraiment ? Tout semblait si réel … comme si son corps avait vraiment connu ces sensations auparavant … comme s'il avait véritablement expérimenté cet état …

Que signifiait-il ? Que représentait-il ? Jean l'ignorait. Pourtant, elle n'en était nullement inquiète. Comment l'être ? Tout ici était si serein … si reposant … si rassurant. Un état de plénitude absolue … comme si elle était débarrassée de toutes les contraintes de son corps … de son existence … flottant tout simplement dans l'immensité apaisante du vide … baignée par cette douce lumière blanche et revigorante. Etait-elle seulement consciente ? Etait-elle seulement en vie ? A la fois oui et non. En ce lieu, tout cela ne semblait plus avoir de réelle importance. Des concepts ineptes.

Mais quelque chose perturbait la paix qui résidait habituellement en ce Saint des Saints. Une souffrance … une inquiétude … un appel ! Oui. Quelqu'un l'appelait. Une voix familière … non. Une conscience familière. Oui, c'était cela. Une psyché attachée à celle de Jean … qui refusait de la laisser partir.

* Jean ? Tu m'entends ? JEAN!*

Un être cher … un proche d'une autre vie … d'une autre existence. Il refusait de la laisser partir … insistant … perturbant toujours plus le calme souverain des lieux … jusqu'à déstabiliser la symbiose établie entre Jean et la lumière. Le déséquilibre provoqua alors la chute … une longue et interminable chute … qui pourtant ne dura qu'un fragment insignifiant du Temps. Une chute qui projeta Jean dans une vie … non … dans un instant de vie.

Face à elle, il la suppliait … les yeux gorgés de larme … le visage accablé par le chagrin … la voix déchirée par l'émotion, lui demandant de rester avec lui … de ne pas baisser les bras … de se battre … son corps mis en lambeaux par un pouvoir qu'il ne pouvait comprendre … alors que sa propre physiologie tentait de lutter inlassablement contre le phénomène, régénérant ses tissus, reconstruisant ses muscles, recouvrant ses os d'adamantium … pour qu'aussitôt la force cosmique face à lui ne défasse ce qui venait d'être reconstruit. Jusqu'à ce qu'il comprenne … qu'il accepte. Il n'avait pas le choix … il devait le faire … car il était le seul encore en mesure de l'arrêter. S'il tardait trop … alors, comme les autres, il serait dépassé.


Ce fut lorsqu'il plongea ses lames acérées dans le ventre de Jean, lui ôtant la vie, privant le Phénix de son hôte, la délivrant … que celle-ci reprit brusquement conscience. Allongée sur un bureau, dans une pièce qu'elle ne connaissait pas, la rousse était désorientée, mettant plusieurs longues secondes à rassembler les pièces du puzzle pour prendre véritablement conscience de ce qui était en train de se jouer autour d'elle. Il lui fallut déjà un certain temps pour que sa vision redevienne nette … puis un peu plus encore pour que son ouïe capte autre chose qu'un imbroglio de sons graves. Elle entendit alors des hurlements avec un accent très prononcé … sans doute des ordres que le vieil asiatique en colère  juste à côté d'elle lançait à l'intention de ses hommes de mains, tous armés de lames inquiétantes.

Logan !

Soudain, Jean se rappela. Elle était avec Logan. Ils étaient ici, à Madripoor, pour l'enterrement de l'un de ses vieux amis. Le restaurant de nouilles … Oui. Elle se rappelait. Tournant le visage sur le côté, elle grimaça de douleur lorsque le bois du meuble frotta sur l'arrière de sa tête. Oui … cela aussi à présent, elle s'en souvenait. Alors, elle vit le canadien, sentant son cœur se serrer et s'accélérer brusquement dans sa poitrine. Il était couvert de sang, transpercé de part en part par plusieurs lames courbes. Qu'était-il arrivé ?! Une nouvelle bouffée de panique s'empara de la rousse, inquiète pour l'état de celui qu'elle aimait. Elle avait beau savoir qu'il s'en remettrait … c'était plus fort qu'elle. D'autant qu'elle savait que même pour lui, la douleur était bien réelle … voire pire, car la mort jamais ne venait pour le délivrer. Pourtant, il était debout, tenant dans ses mains un sabre rangé dans son fourreau. A ses pieds, Jean put voir un corps sans vie … et sans tête. Il l'avait prévenu … il allait y avoir des morts. Et à en juger par le regard empli de haine qu'il posait sur ses adversaires … il n'y aurait aucun survivant. Que lui avait-il fait pour le mettre dans cet état ? Non … ce n'était pas la bonne question. La télépathe venait de le comprendre en sentant une main se poser sans ménagement sur l'intérieur de sa cuisse droite. Brusquement, elle tourna le regard en direction de celui qui avait osé … Le vieillard … Tao. C'était lui qui venait de l'agripper brusquement ainsi. Lorsque Jean voulut se redresser pour dégager sa main, le foudroyant déjà du regard, elle fut plaquer brutalement sur le bureau, un poids écrasant s'exerçant au niveau de son sternum. Lubu venait d'apparaître dans son champ de vision, son regard mauvais la dissuadant d'insister, alors qu'il la maintenait toujours de son épaisse main. En croisant son regard … elle se rappela ce qu'il lui avait dit … ce qu'il avait prévu pour elle. Tremblant de la tête aux pieds, se sentant totalement impuissante sous sa main, elle se rappela de sa langue épaisse et brutale sur sa joue … la tétanisant de terreur. Qu'est-ce qu'il était pour avoir cet effet sur elle ?

N'était-elle pas une X-woman ? Une femme forte et courageuse ? Pourquoi est-ce qu'elle était incapable de se ressaisir ?

Serrant les poings tout autant que les dents, Jean tenta de se faire violence … de reprendre le dessus … faisant abstraction de la main baladeuse de ce vieux dégueulasse. Elle était incapable de quitter les yeux de Lubu du regard. Plusieurs fois, elle crut parvenir à se ressaisir … mais systématiquement, alors qu'elle était sur le point d'y arriver, elle replongeait … terrifiée à l'idée de ce qu'il allait lui faire. Elle n'y survivrait pas. C'était une certitude.

Lorsque Jean tenta de se servir de sa télékinésie pour libérer une onde de choc autour d'elle, il la stoppa net avant même qu'elle ne puisse agir, écrasant sa main un peu plus, coupant le souffle de la rousse. Incapable d'inspirer … de chercher cet air à portée de souffle … Jean commençait à voir des étoiles, symptôme de son manque d'oxygène … exacerbant un peu plus la terreur qu'il lui inspirait.

Alors, le gorille relâcha légèrement la pression, permettant à la mutante de reprendre un peu son souffle … de reprendre pleinement conscience des choses, sans pour autant la laisser libre d'agir. En la voyant reprendre des couleurs, en observant le retour de la lucidité dans son regard, il lui adressa un sourire sadique, satisfait de ce qu'il venait de faire. Sous l'épaisse et implacable paume de Lubu, Jean sentait son cœur battre à tout rompre sous l'effet de sa panique, résonnant comme jamais dans sa cage thoracique.

Inexplicablement attirée par son regard aussi sombre que les abysses, la rousse n'était même plus capable de penser à autre chose … d'avoir conscience de ce qui était en train de se passer autour d'elle. Seuls comptaient à présent Lubu et ce qu'il allait lui faire.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Dim 15 Juil 2018 - 21:47
R.I.P, Old Friend


Dans cette partie du monde, et en Asie en général, les traditions séculaires sont des choses que la plupart des gens respectent. Ainsi, il existe encore des gens pour qui l'honneur est quelque chose de véritablement important. Mais comme vous vous en doutez, ici, l'honneur n'existe pas. Dans cette petite arrière-boutique, l'honneur n'est pas quelque chose que Tao inculque à se descendance.

Très bien, déjà qu'au départ, éteindre cette lignée ne me dérangeait pas. Le voir agir de la sorte avec ses propres petits-enfants, qui obéissent aveuglement, qui plus est, me conforte donc dans mon idée.

Cette fois, je dégaine mon sabre et jette le fourreau au sol, puis je lève ma garde, plaçant mes deux mains au-dessus de ma tête. Alors que je tiens ma position, solide sur mes jambes, je vois dans l'arrière-plan de cette scène affreuse que Jean reprend conscience. Qu'elle voit qu'un vieil homme est en train d'abuser d'elle...

Intérieurement? J'entre en éruption. Je pourrais tous les tuer en faisant jaillir mes griffes. Personne n'en saurait rien, après tout? Possible, probable même. Mais je ne peux pas prendre ce risque. Ce que j'ai bâti ici est très important. Alors ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: Jean compte plus que tout le reste.

Mais je dois faire ici preuve de ce qui me fait cruellement défaut en général: je dois prendre le temps d'analyser avant d'agir. C'est pourquoi je ne dévoile pas qui je suis vraiment. Et que lorsque les enflures commencent à me tomber dessus les uns après les autres, je n'utilise que le Katana que j'ai dans les mains pour me défaire de leurs assauts successifs.

Cette arme que je tiens... Je la ramènerai à l'Institut, car il s'agit aujourd'hui de l'instrument de ma victoire. Voir la détresse et le dégout sur le visage de Jean pendant que je tranche des membres, transperce des organes et élimine mes adversaires est une source de motivation suffisante. Ainsi, en l'espace d'une vingtaine de secondes, tous les petits-enfants biologiques de Tao sont à terre. Amputés d'un bras, d'une jambe, des deux. Ils sont encore en vie, mais sans secours - qui ne viendront pas - ils mourront.

Taché du sang de mes ennemis, j'entame une marche lente en direction de Tao, Lubu et Jean.

- J'avais été très clair, il me semble.

- LUBU! TUE CE GAIGIN, vociféra le vieil homme! TU ES MAINTENANT MON SEUL HERITIER!

Le colosse s'écarte enfin de Jean, ce qui me rassure. Je comprends qu'elle soit tétanisée. Face à une telle masse de muscles et de malveillance, qui ne le serait pas? Ce n'est pas mon cas, mais simplement parce qu'à l'instant où je le toise de haut en bas, je suis infiniment plus mauvais que lui.

Il n'a pas d'arme. Je lâche donc mon Katana.

- Idiot... Pour un étranger, tu manies très bien ceci... Tu avais peut-être une chance en la gardant en main. Mais là? Avec une vitesse folle, il me décoche un coup de pied en plein visage. Je ne l'ai clairement pas vu venir. Je titube, reculant de quatre ou cinq pas.

Il se rapproche, j'entends ses pas Il m'attrape par l'arrière de la cuisse et au niveau de la nuque, et me soulève à bout de bras au-dessus de sa tête, avant de m'abattre sur son genou. Sans mon pouvoir et mon squelette, j'étais bon pour des courses en fauteuil roulant à mon retour à l'Institut. Mais cela fait quand même mal, croyez-moi. Il jette mon corps inerte au sol, où j'atterris sur le dos.

- Dernière parole, Gaigin? lança Lubu en ramassant "mon" Katana.

-Ton oreille..., murmurai-je.

- Hum? Le colosse s'accroupit à coté de moi, approchant son visage du mien et tourne la tête pour mieux entendre ce que j'ai à dire.

Et là? Je me fais plaisir! J'attrape son oreille entre mes dents, et je mords de toutes mes forces, jusqu'à arracher le cartilage. Par réflexe, le géant recule, se tenant le coté de la tête. Il hurle, il jure! De mon coté, je me redresse. Et j'entends Tao prononcer "Démon..."

Le bâton qui se retourne... Je m'approche de Lubu, qui a repris ses esprit, et est de nouveau dans le match. Mais il ne m'aura pas deux fois. Son poing fuse vers mon ventre, mais j'esquive, saisissant sa main au passage. De tout mon poids, j'exerce une clé qui vient briser son poignet, et j'enchaine avec une violente frappe au genou, qui se plie dans le mauvais sens.

- Tu peux te muscler autant que tu veux... Les articulations, ça...

Un genou à terre, il me regarde avec une haine... C'est incroyable. Je reprends donc "mon" arme. Et me rapproche.

- Dernière parole, mort en sursis?


Il me crache un gros mollard sur les chaussures. J'hausse les épaules et tranche le bras où je n'avais pas briser le poignet. Puis la jambe sur laquelle il était appuyait. Enfin, je me montre clément, et l'achève. Mon regard porte maintenant sur Tao, qui comprend qu'il a merdé, même s'il tient encore Jean.

Je pointe le sabre dans sa direction. Et il ose attraper la femme que j'aime, la tirer contre lui, comme pour s'en servir de bouclier. Quel couard. Je n'ai pas l'habitude de faire souffrir mes adversaires. Mais pour lui? Je ferai une exception. A moins que Jean, pleinement conscient, ne lui en fasse baver elle-même!
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Lun 16 Juil 2018 - 1:47
Malgré son attention totalement accaparée par Lubu et son regard sans âme, Jean sursauta lorsqu'elle entendit le vieillard hurler une nouvelle fois juste à côté d'elle. Sa voix était emplie de rage et de haine, tout autant que sa main aux doigts noueux déformés par l’arthrose qui venait de se resserrer douloureusement sur la cuisse de la rousse, ses ongles trop longs entaillant la chair de cette dernière. Immédiatement, la mutante fut libérée de la main du colosse qui avait pour nouvel objectif de se débarrasser de Logan, comme le lui avait ordonné son maître. Pourtant, elle le suivit encore du regard, se redressant doucement sur ses coudes … pour le voir décrocher une droite redoutable au canadien, le décollant du sol pour l'envoyer valdinguer sur plusieurs mètres.

Inquiète, elle se raidit un peu plus en entendant le petit rire malsain de Tao derrière elle. Visiblement, la scène à laquelle il assistait lui convenait. Lorsque Lubu saisit son adversaire, le soulevant au dessus de lui comme s'il ne pesait rien, et ceci malgré son quintal dépassé, Jean frissonna, comprenant ce que l'homme de main projetait de faire. Ses doigts se resserrèrent sur les rebords du bureau. Il fallait qu'elle garde confiance … elle le savait. Ils avaient avec eux un avantage … le pouvoir de Logan. Un avantage dont n'avait pas conscience Tao, ni même son géant. Pourtant, ne pouvant assister à la suite, Jean préféra détourner le regard … et même fermer les yeux, sursautant une nouvelle fois en entendant le son de l'impact du dos de Logan sur le genou de son adversaire, ainsi que le hurlement de douleur du canadien.

Ce fut le sifflement d'une lame que l'on venait de sortir de son fourreau qui fit rouvrir les yeux de la rousse … à moins que ce ne fut le froid de son fil posé sur sa gorge. Un nouveau rire de Tao précéda sa remarque.

« Lubu se montrera tout aussi tendre quand il s'occupera de toi, ironisa-t-il. Tout petit déjà, il aimait faire souffrir les animaux … se délectant de leur agonie. Maintenant qu'il est adulte, il perpétue cette pratique avec les petites chiennes comme toi. »

La pression de la lame se fit plus insistante sur la peau de Jean, la forçant à relever légèrement le menton, l'incitant par la même occasion à regarder de nouveau le combat.

« Mais avant … tu vas le regarder achever ton borgne ! », cracha-t-il avec rancœur.

Armé d'un katana ramassé sur le sol, Lubu s'approcha de sa démarche lourde et implacable de sa cible, avec la ferme intention d'en finir avec lui. En le voyant faire, Jean frissonna de terreur, saisie d'un terrible doute. Et s'il le décapitait ? Elle n'était pas certaine qu'il puisse survivre à cela. En fait, elle n'avait pas la moindre idée des limites du pouvoir de Logan. Et ce simple doute suffit à la paralyser un peu plus … jusqu'à ce que la situation s'inverse. Cette lueur d'espoir fit retrouver un peu de couleurs à Jean qui se redressa légèrement, nourrie par ce nouveau souffle.

Logan venait de se relever, crachant au sol … l'oreille de Lubu, ce dernier se tenant le côté du visage ainsi amputé. Puis, le canadien esquiva un nouveau coup du géant, contre-attaquant dans la foulée avec un enchaînement qui fracassa deux articulations du golgoth, le forçant à mettre genoux à terre. La rousse venait de retrouver un semblant de sourire, et ceci, malgré la pression plus insistante de cette lame sur sa gorge. A son tour, Logan ramassa l'arme et après quelques échanges, se débarrassa du monstre. La pièce était à présent jonchée des cadavres des petits enfants de Tao, le sol devenu rouge et poisseux de leur sang. Logan, lui-même couvert du liquide carmin, son costume en lambeau, tenait toujours le katana dans une main, plantant un regard assassin sur le vieillard. Jean l'avait su dés qu'elle était revenue à elle … dés qu'elle avait compris les intentions de Tao à son encontre … Elle l'avait su en comprenant que jamais Logan ne laisserait ce genre de chose passer … Il les tuerait tous. Et c'était ce qu'il était en train de faire. Pointant sa lame effilée en direction du dernier survivant de ce clan de narcotrafiquants, le canadien annonçait clairement la couleur. Comprenant cela, Tao saisit Jean, la tirant de force vers lui pour la faire descendre du bureau et s'en servir comme d'un bouclier humain, tout en maintenant sa lame contre la gorge de son otage.

Étonnamment, Jean avait retrouvé son calme. Elle était de nouveau sereine. Elle savait comment tout ceci allait finir. Elle n'avait donc plus aucune raison d'avoir peur, si bien qu'elle se laissa faire, détendue. Que pouvait-il lui faire de pire qu'il ne lui avait déjà fait ?

« C'est fini,Tao … et vous le savez, lui dit-elle calmement, son regard vert fixant les yeux de Logan. Douze de vos meilleurs combattants n'ont rien pu faire contre lui … pas plus que votre 'Lubu'. Alors comment espérez-vous avoir la moindre chance ? Vous … un vieillard impuissant … 

- Ferme-la, chienne ! », ragea-t-il dans son oreille tout en resserrant ses doigts sur elle.

Pour toute réponse, il n'obtint qu'un silence de la part de la rousse … non pas parce qu'elle lui obéissait … mais simplement parce que tout ceci n'avait plus d'importance. Les dés étaient déjà jetés.

« Vous êtes mort au moment même où vous avez posé la main sur moi », finit-elle simplement par lui annoncer, toujours avec ce calme déroutant.

Posant le bout de son index sur la pointe de la lame du vieil homme, elle écarta cette dernière doucement, simplement en la poussant du doigt. Tao n'émit aucune résistance … comme paralysé. De la même manière, Jean dégagea calmement le bras noueux avec lequel le vieillard la maintenait contre lui. Libre, elle s'éloigna calmement de lui, marchant d'un pas détendu et en silence vers Logan, ses pas résonnant dans la pièce à présent devenue silencieuse, jusqu'à venir se glisser derrière le canadien pour enfin regarder Tao dans les yeux. Ce qu'elle put y voir ? De la terreur pure. Car bien qu'incapable de faire le moindre mouvement de manière volontaire, il n'en était pas moins resté totalement conscient du déroulement des événements.

Alors, Jean relâcha le contrôle psychique qu'elle exerçait sur le sexagénaire, le rendant de nouveau libre de ses mouvements.

« Qu'est-ce que …, balbutia-t-il d'incompréhension et de peur.

- Je vous l'ai dit … vous êtes déjà mort. Je ne peux plus rien pour vous. »

Ce furent les dernières paroles que Jean lui adressa. Sans doute la seule personne dans cette ville qui avait encore le pouvoir de lui sauver la vie … la seule avec la capacité de retenir Logan. Et ce n'était pas le choix qu'elle avait fait.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Lun 16 Juil 2018 - 21:20
R.I.P, Old Friend


Madripoor... Petite île au sud de la Malaisie qui a le don de faire ressortir chez vous les plus noirs cotés. Malheureusement, je ne parle pas de Tao. Ni de moi. Bien qu'une rage destructrice me dévore de l'intérieur, je remarque que Jean est... différente. Et si je dois me montrer honnête, cela ne date pas que de notre arrivée sur l'île. Fut un temps, jamais elle ne m'aurait laissé tuer une douzaine de sapiens comme je viens de le faire, peu importe sa situation. Là? Alors que se tient devant moi l'homme que j'ai le plus envie de voir mourir à l'heure actuelle - et elle le sait - elle ne me retient pas.

Est-ce que je m'en plains? Non, pas le moins du monde. Car cette nouvelle Jean, celle qui accepte cette part animale de moi, celle qui est capable de mettre de coté certains principes quand cela s'avère nécessaire, et bien... C'est la Jean qui est tombée amoureuse de moi. Et le fait qu'elle ait un petit peu changé, depuis... son retour, on va dire, cela n'affecte en rien les sentiments que j'ai pour elle. Aucunement. Toutefois, et en dépit de cet état de nerf dans lequel je suis, et bien, je remarque ce genre de choses.

Plus personne entre Tao et moi. Et la seule personne qui aurait pu demander à ce que je fasse preuve de clémence et que j'aurais peut-être écouté ne me retient pas. Quand je vois le vieil homme commencer à bouger, je comprends que Jean relâche son emprise mentale sur lui. Je ne la regarde pas. Je ne veux pas, tant que cet être ignoble est encore en vie, occupant la même pièce que nous.

Malgré les rhumatisme, le vieil homme se met à genoux. Et c'est d'une voix suppliante, qu'il implore mon pardon, les mains jointes au-dessus de la tête. "Patch, je... Prenez tout. Tout est à vous, l'argent, la drogue, l'échoppe... Tout! Mais je vous en supplie, laissez-moi la vie sauve."

L'homme plonge son regard dans le mien. Sans doute espère-t-il y trouver un soupçon de pitié? Il cherche alors en vain, car je n'ai que du mépris pour lui. J'avance d'un premier pas, et dans un même temps, le vieillard recule sur les genoux.

- Ecoutez, je... Il ouvre ses mains. Je ne suis pas armé, vous n'allez quand même pas abattre un homme désarmé! Où serait l'Honneur, là-dedans?

L'espèce d'ordure! Il touche un point sensible pour moi. Mais effectivement, il a raison. Je continue d'avancer, tandis qu'il se retrouve acculé contre le mur derrière lui. Je me tiens maintenant à une cinquantaine de centimètres de Tao, qui est en train de vivre ses derniers instants.

Je laisse tomber mon Katana au sol, et donne un petit coup de pied dedans, afin qu'il glisse en direction de mafieux. D'un mouvement de la tête, je fais comprendre à cette sous-merde qu'il peut prendre le sabre. Et c'est ce qu'il fait. Et je vous le donne en mille: la vieille carcasse se redresse d'un coup, et me voici empalé sur l'arme. Il a visé le poumon. Je le sens déjà se remplir de mon propre sang. Et Tao, qui pense avoir déjà gagné, affiche un sourire satisfait, alors qu'il approche son visage du mien pour me murmurer quelques "gentillesses" à l'oreille. De mon coté, le temps de m'habituer à la douleur - si tant est que ce soit possible - j'appose mon poing contre la poitrine du vieillard au niveau du coeur. Et d'une pensée accompagnée d'une contraction musculaire, je fais jaillir et rerentrer la lame centrale que j'ai implantée dans le bras.

Je capte l'incompréhension dans le regard de Tao, qui finit par s'éteindre puis s'affaler au sol. Je sais, c'était petit et cruel de le laisser croire qu'il avait gagner mais vous le savez: Madripoor fait ressurgir le coté mauvais tapi au fond de votre âme. J'ai pris la précaution que, s'il y a des caméras qui enregistrent, on ne puisse pas voir ma griffe - j'ai parfaitement contrôlé l'expulsion du métal.

Je me retourne vers Jean, retirant avec difficulté cette lame qui me perforait la poitrine, puis titube vers elle, crachotant du sang. Elle fait quelques pas vers moi, certainement pour venir me soutenir, mais je lui fais signe de la main, je lui indique de ne pas bouger. "Donne-moi une minute."

On peut dire que mon facteur auto-guérisseur aura eu du boulot ce soir! Me voici parfaitement remis. Et c'est maintenant que je me permets de la prendre dans mes bras, ne prêtant aucunement attention à mes vêtements ensanglantés. "Je suis vraiment désolé pour... On rentre directement. Quand on arrive, on récupère ta valise, et tu rentres à Los Angeles. C'est pas un endroit pour toi ici."

Qu'est-ce que j'espère en l'assommant ainsi avec mes phrases toutes faites? Que sous la surprise ou le choc, elle accepte? Tout en prononçant ces quelques mots, je resserre mon étreinte à un point... Je crois que je lui fais mal, c'est pourquoi je fais preuve d'un peu plus de souplesse, de douceur.

Je veux qu'elle se sente en sécurité, c'est pourquoi je ne me dégage pas. Je souhaite qu'elle comprenne que ce qui vient de se passer... Je ne le permettrai pas. Plus jamais. Déjà, avec l'histoire des Mexicains, j'avais pas assuré. Mais je pouvais encore rejeter la faute sur Hank. Mais là? C'est pleinement ma responsabilité qui est engagée dans ce qui aurait pu se produire si je n'avais pas été... diablement efficace pour arracher la vie au corps des hommes.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 18 Juil 2018 - 17:19
De nouveau aux côtés de Logan, à l'abri derrière lui, hors de portée de Tao, la rousse se sentit enfin en sécurité. Sans ciller, elle regarda fixement le vieil homme reprendre peu à peu le contrôle de son corps, libéré de l'entrave psychique de la mutante, de plus en plus gagné par la peur … celle de faire face à l'homme qui venait de décimer son clan en une poignée de minutes à lui tout seul. Sans son otage, Tao savait qu'il n'avait plus aucune monnaie d'échange pour marchander avec Patch.

Alors oui, Jean faisait le choix de ne pas retenir Logan, de ne pas chercher à le raisonner. Pourquoi ? La raison était simple. Lorsqu'elle fermait les yeux, elle pouvait encore sentir la langue de Lubu sur sa joue. Elle pouvait encore sentir la main de Tao agripper l'intérieur de sa cuisse … bien trop haut sur cette dernière. Elle portait encore la marque de ses ongles dans sa chair, cinq petits croissants de lune rougis par le sang de la télépathe. Pourrait-elle seulement un jour oublié ce qu'elle venait de vivre ? Oublier la terreur qui s'était emparée d'elle au point de la paralyser ? Alors effectivement, elle n'avait pas trouvé la force, ou bien le courage de demander à Logan de les épargner. Et elle en avait pleinement conscience … conscience qu'elle trahissait l'idéal du Professeur. Mais pour l'heure, tout ceci n'avait pas d'importance. Au milieu des corps et des membres découpés, au milieu de cette mare de sang … Jean, dictée par sa peur, ne souhaitait qu'une seule chose : avoir la certitude que plus jamais Toa n'aurait l'occasion de recommencer ce qu'il lui avait fait.

Ainsi, en silence, elle regarda Logan s'approcher du vieillard suppliant et à genoux. Elle le regarda lui céder son arme pour laisser à cette ordure le loisir de l'embrocher encore une fois … jusqu'à ce que finalement, Patch ne mette un terme à son existence. C'était fini …

Logan se retourna alors vers la rousse, retirant avec un rictus de douleur sur le visage et un crachouillis de sang, la lame qui lui perforait le poumon. Immédiatement, Jean se précipita à sa rencontre, avant qu'il ne la stoppe d'un geste. Figée, elle attendit, le regardant souffrir encore un instant, le temps que son pouvoir ne termine de le guérir. Le processus terminé, ce fut lui qui alla la rejoindre avant de l'étreindre avec force. De longues secondes, il la garda contre lui, cette dernière l'enlaçant de la même façon. Il s'excusa pour tout ce qui venait de se passer, prenant dans la foulée la décision de la faire rentrer à Los Angeles.

Sur ces mots, Jean se raidit.

Il la renvoyait … elle ne s'était pas montrée à la hauteur. Elle était un poids mort pour lui. Alors … il s'en débarrassait en la faisant retourner à l'Institut. Tandis qu'il resserrait d'avantage ses bras sur elle, commençant presque à lui faire mal tant il ne mesurait plus sa force sous le coup de l'émotion, elle ne dit pas un mot … de peur qu'il ne la relâche … qu'il ne l'éloigne de lui plus tôt encore que ce qu'il avait prévu au terme de cette soirée. C'était auprès de lui qu'elle voulait être … c'était là qu'elle considérait être sa place. Pourtant, il ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Sans qu'il ne s'en soit rendu compte, il venait de lui porter un coup au cœur … même si au fond d'elle, elle comprenait cette décision. Elle avait échoué dans son rôle à le soutenir. Pire, elle n'avait fait que le mettre en danger. Cette rencontre avec Tao avait été un échec, compliquée par sa simple présence et son incapacité à faire face.

Sans une parole, ils quittèrent l'échoppe par la porte de derrière. Rapidement, Logan leur trouva un véhicule, et moyennant quelques billets, s'assura le silence du chauffeur quant à la présence de tout ce sang sur ses affaires. Durant tout le trajet, Jean garda le silence, le visage tourné vers la vitre, son regard fuyant vers l'extérieur. Les jambes serrées l'une contre l'autre, les bras croisés sur son ventre, elle ne pouvait s'empêcher de revoir les images de cette soirée passer en boucle dans sa tête, parcourue par moment de frissons incontrôlables malgré le climat local. Le rire malsain de Tao, le regard de Lubu, sa langue … tout ce sang, les blessures et les souffrances de Logan … la main violente de Tao sur elle. Et finalement, les paroles de Logan … cette façon qu'il avait eu de la congédier.

Pas un seul moment elle ne trouva la force de le regarder … de tourner son visage vers lui. Elle n'était pas en colère contre lui … non. C'était autre chose. C'était comme si … comme si elle ne se sentait plus digne de pouvoir le faire … de pouvoir rester à ses côtés. Elle avait été négligente … imprudente et impuissante. Elle avait laissé un autre la toucher … la réclamer, obligeant Logan à intervenir … à tuer pour elle … à franchir certaines limites. Et à ce moment-ci encore, elle s'était avérée incapable de le sauver … de le retenir. Parce qu'elle ne l'avait pas voulu … parce qu'elle n'avait su trouver la force de surmonter ses propres peurs.

Lorsqu'il lui ouvrit la portière, une fois arrivés à destination, elle quitta le véhicule dans ce même silence, suivant le canadien jusqu'à l'intérieur du loft, les bras toujours croisés devant elle. Un instant, elle observa les lieux, comme si c'était la première fois qu'elle les voyait … alors qu'en réalité, c'était plutôt la dernière fois.

D'un pas silencieux, elle se dirigea vers la chambre, comme si elle ne souhaitait pas déranger. Mais avant de quitter la pièce où se trouvait Logan, elle se tourna vers lui.

« Je suis désolée … je ne voulais pas te créer d'ennui ou de souci, lui annonça-t-elle d'une voix feutrée par la culpabilité. J'aurais voulu pouvoir t'aider plus que ça … te soutenir d'avantage pour ton ami Kesuke. Je vais … préparer mes bagages comme tu me l'as demandé. »

Résignée, tant par ce qu'elle venait de vivre que par l'aplomb qu'avait eu Logan dans ses paroles, elle se dirigea alors vers la chambre. Quelque chose s'était brisé en elle … quelque chose que Lubu et Tao avaient mis à bas en agissant avec elle comme ils l'avaient fait. L'espace d'un instant, elle n'avait plus été un être vivant … mais simplement un objet. Et d'une certaine manière, elle avait encore l'impression de n'être que cette chose … dépendante du bon vouloir de son propriétaire.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Dim 22 Juil 2018 - 22:12
R.I.P, Old Friend


Ainsi, nous nous retrouvons chez moi. Chez nous. Après une route faite dans un silence lourd et parfaitement inconfortable, la rouquine et moi passions le seuil de la porte d'entrée afin de regagner l'endroit le plus sûr de l'île pour elle et moi. Je sais que ce qu'elle vient de vivre, c'est pas l'expérience la plus agréable qui soit, et l'avoir renvoyer dans les cordes comme je l'ai fait n'était certainement pas la réaction la plus appropriée. Mais c'est la seule que j'avais à ce moment là. Trop énervé. Trop choqué. Trop inquiet. Je n'ai pas su faire ce qu'il fallait pour la réconforter. Et je ne suis pas sûr d'être en état de le faire là, tout de suite, maintenant.

Quand elle s'excuse, quand elle me dit qu'elle va préparer ses bagages "comme je lui ai demandé", je ne dis rien. Mes yeux suivent simplement la silhouette svelte quitter la pièce de vie pour regagner la chambre. De mon coté, je vais vers la salle de bain. Je suis encore couvert du sang coagulé des ennemis que j'ai éliminé ce soir.

Je suis sous la douche. L'eau brulante perle sur moi, alors que je repense aux événements de la soirée. A ce qui aurait pu se produire si j'avais échoué. Et à ce qui s'est produit, quand nous avons quitté les lieux. Car en partant du petit restaurant, j'ai transmis un message à toutes celles et ceux qui bossaient encore sans savoir que la lignée qui détenait les lieux n'était plus. "Vous roulez pour moi maintenant. Fini la drogue pour l'instant. Faites juste des nouilles. Je viendrai vous voir en temps voulu. Et nettoyez le bazar derrière. Sans vous faire remarquer." Voila ce que j'avais pu dire.

Là, les yeux baissés vers l'évacuation teintée du rouge sanguin dilué, je réfléchissais. Les mots qu'a dit Jean quand nous sommes revenus. Les derniers surtout. Ils résonnent encore dans ma tête. Je finis de me laver, puis coupe l'eau. J'attrape une serviette que je noue négligemment autour de la taille. Et c'est sans me sécher, même grossièrement, que je décide d'aller rejoindre la rouquine dans la chambre.

Je sais qu'elle y est encore. Car en dépit de la tension palpable dans l'air, jamais elle ne serait partie sans me dire au revoir. Sans dire un mot, j'ouvre la porte qui nous sépare. J'avance, mes pieds nus sur le parquet ne faisant absolument aucun bruit. Est-ce qu'elle sait que je suis là? Utilise-t-elle ses dons pour lire en moi? Ou bien est-elle trop bouleversée et voire peut-être même fâchée our capter que je suis là?

J'ai plusieurs options, dont une qui consisterait à me glisser derrière elle, et à la ceinturer, pour venir poser ma tête sur son épaule. Mais je crois que pour l'instant, ce n'est pas ce dont elle a besoin. Alors ce que je fais? Je la contourne, pour aller m'asseoir sur le rebord du lit, juste en face d'elle qui est en train de faire ses bagages.

Prenant une petite inspiration, je dis simplement "Arrête..." Rha, c'est si difficile de communiquer... "Enfin, j'veux dire..." Je me réinstalle sur le lit, afin de lui faire face. "Fais ce que tu veux!"

Bon sang, dans ma tête, cela ne sonnait pas aussi désagréable. Je fais un signe de la main, en direction de Jean, afin de lui faire comprendre de ne plus bouger.

"Je... Deux minutes..." Bon, je cherche les mots, afin de formuler une phrase qui ne sonne pas comme un ordre, qui ne donne pas l'impression que la femme que j'aime est juste bonne à faire les choses "comme je lui ai demandé".

- J'ai mal réagi. Je le sais. J'étais... énervé. Inquiet pour ce qui aurait pu t'arriver si je n'avais pas fait ce qu'il fallait. Et j'ai dit des choses sous le coup de l'émotion. Cependant... - Oui, j'ai bien dit cependant- J'ai pas envie de t'imposer quoi que ce soit. J'suis pas le genre de personne à qui on dit quoi faire. Alors pourquoi je déciderai à ta place?

Je me demande si mon raisonnement est clair, là. Peut-être serait-il plus simple que Jean lise mes pensées... "Ce que je souhaite, c'est que tu fasses ce qui te tient à coeur. Pas ce que je te demande. T'es pas... T'es libre, c'est tout", affirmai-je avec un bête mouvement des épaules, comme si ce que je disais était une évidence qui échappait au plus grand nombre.

Là, dégoulinant d'eau sur le lit, j'attends que la rouquine daigne me répondre. Même si bon... Elle pourrait très bien choisir de partir. Après ce qu'elle vient de vivre, ce qu'elle m'a vu faire, dans un sang-froid assez inhumain... Je comprendrais d'ailleurs. Mais c'est son choix. Pas le mien.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Lun 23 Juil 2018 - 20:23
En silence et méthodiquement, Jean s'appliquait à plier et ranger ses affaires dans sa valise, débarrassant par la même occasion la place qu'elle avait prise dans les armoires de cette chambre, des gestes qu'elle exécutait tel un automate, sans aucune conviction. La désagréable sensation d'avoir fait l'activité inverses seulement quelques heures plus tôt ne l'aidait pas à faire passer cette boule au creux de son ventre, ni ce goût amère qu'elle avait en bouche … celui de l'échec. Pas plus qu'elle ne l'aidait à oublier ce qu'elle avait enduré durant cette soirée.

Trop concentrée à ressasser dans son esprit l'horreur de cette arrière boutique, ou encore le regard de Logan, ainsi que ses paroles, Jean ne prêtait même pas attention au son de la douche dans la pièce voisine … pas plus qu'au silence qui s'en suivit lorsque l'eau cessa de couler. Aligner soigneusement ses vêtements dans cette valise, pliés et empilés comme s'ils étaient tirés au cordeau, c'était une manière pour elle de s'occuper l'esprit … de tenter de trouver une échappatoire, d'atténuer ce qu'elle ressentait. Son perfectionnisme poussé à son paroxysme tel un ultime rempart contre ses tourments intérieurs. Si bien qu'elle ne réalisa la présence du canadien que lorsque celui-ci vint s'asseoir sur le rebord du lit, encore ruisselant d'eau, et simplement vêtu d'une serviette nouée à la taille.

En temps normal, le voir ainsi l'aurait faite sourire. Elle ne pouvait le nier, le physique du mutant de la laissait pas indifférente, tout autant que son attitude et son tempérament. C'était même tout le contraire. Il y avait chez lui une part animale et authentique qui la séduisait. Et puis, un passé comme le sien, ainsi que l'entraînement rigoureux auquel il ne dérogeait que très rarement, avaient donné à Logan un corps des plus agréables à regarder … un spectacle dont ne se lassait jamais la rousse. Pourtant, ce soir, c'était tout juste si elle était capable de prêter attention à ce détail. Elle ne lui fit même pas remarquer qu'il allait mouiller le dessus de lit. Rien. Pas un mot. A la place, Jean continua son activité … jusqu'à ce qu'il lui demande d'arrêter. Ce simple mot … cet unique mot, avait figé la mutante, tenant encore entre les mains une pile de débardeurs qu'elle était sur le point de déposer dans son bagage. Raidie, elle attendit la suite, convaincue d'avoir une nouvelle fois mal agi … d'une manière qui ne convenait pas à Logan.

Mais aucune explication ne vint … simplement un 'fais ce que tu veux' … comme si finalement, peu lui importait ce qu'elle faisait, cela ne l'intéressait plus. Une nouvelle parole blessante.

Un instant, Jean crut sentir ses jambes se dérober sous elle, tant la sensation de l'abandon et de l'indifférence lui était douloureuse et insoutenable. Pourtant, elle parvint à rester droite, toujours figée dans son geste, ses affaires en main. Finalement, elle déglutit … avec la sensation qu'un calot venait de lui descendre douloureusement dans la gorge tout en lui écrasant le larynx. Mais le visage de Logan manifestait clairement de l'insatisfaction … contre lui-même. Jean le connaissait suffisamment pour s'en rendre compte … pour faire la différence avec ses autres expressions. Et au même moment, elle le vit faire un geste des mains comme pour lui demander de lui laisser un peu de temps … assez de temps pour une autre chance. Retenant son souffle, toujours aussi immobile, la rousse attendit.

Il lui expliqua ne pas avoir su correctement réagir face aux événements de la soirée, face à ses craintes, et avoir tenu des propos qu'il ne pensait pas vraiment. Il souhaitait simplement qu'elle puisse être libre d'agir comme elle l'entendait, et non comme lui le voulait. Cette explication, Logan avait eu du mal à la formuler, lui qui était si peu habitué à ce type de conversation. Pourtant, pour elle, il avait fait cet effort. Pour elle, il s'était forcé à sortir de sa zone de confort. Un instant, Jean resta tout autant immobile, le regardant droit dans les yeux, presque inexpressive. D'un côté, elle était soulagée de l'entendre lui dire ceci. Mais d'un autre côté, elle restait toujours hantée par Lubu et Tao. Même si à présent ils étaient morts, elle ne pouvait oublier ce qu'elle avait vécu.

Finalement, avec calme, elle déposa ses débardeurs dans sa valise, tout en sentant une forme de déception dans l'attitude de Logan. Comme si au fond, il aurait souhaité qu'elle reste … qu'elle redéfasse une nouvelle fois cette valise.

« J'ignore ce que j'ai réellement envie de faire pour l'heure, lui annonça-t-elle sur un ton neutre sans même le regarder. Une part de moi aimerait rester pour te soutenir, comme je me suis engagée à le faire à l'Institut. Mais une autre part de moi n'aime pas l'influence que cette île a sur toi … sur moi. … ce qu'elle nous pousse à faire … à faire aux autres … ou à nous-même, poursuivit-elle tout en plaçant méticuleusement ses affaires avec les autres. Simplement, en moins de vingt quatre heures, j'estime avoir suffisamment fait et défait cette valise pour m'y atteler une fois de plus pour aujourd'hui. »

Se redressant après avoir soigneusement placé ses affaires, elle resta debout face à Logan, simplement séparé de lui par cette valise ouverte et à demi remplie. Calmement, elle croisa les bras devant elle.

« Alors pour ce soir, les choses resteront telles qu'elles sont. Une partie dans ma valise, une autre dans ton armoire. Quant à moi ... ».

Jean ponctua sa phrase avec un long soupir, son regard dérivant vers la porte de la chambre pour finir par se fixer sur le couloir.

« J'ai besoin de temps pour réfléchir à tout ceci. Pour cette nuit, je vais prendre l'une des chambres d'ami si tu n'y vois pas d'inconvénient. »

Se dirigeant vers l'armoire, elle prit quelques-unes de ses affaires s'y trouvant encore, avant de revenir vers Logan. Se penchant vers lui, elle passa avec douceur une main dans ses cheveux mouillés, tout en venant déposer un baiser sur son front. Puis, s'éloignant de lui, elle se dirigea vers la porte. Avant de refermer cette dernière derrière elle, elle se tourna vers le mutant.

« Bonne nuit Logan. »

Alors, elle se dirigea vers la salle de bain. Il fallait qu'elle prenne une douche … il fallait qu'elle se débarrasse de Lubu et de Tao. Elle resta ainsi un long moment sous l'eau ruisselante, frottant encore et encore son corps, savonnant encore et encore sa peau, insistant sur les endroits que ces monstres avaient touché. Pourtant, les cinq croissants de lune violacés laissés par les ongles du vieil homme sur l'intérieur de sa cuisse restaient un rappel insoutenable de ce qu'il s'était produit. La rousse tenta d'étouffer ses sanglots, priant pour que le son de la douche couvre ces derniers et empêche Logan de les entendre.

Plus tard, elle gagna l'une des chambres libres, enroulée dans un peignoir en serviette éponge, traversant le couloir du loft à présent silencieux et plongé dans l'obscurité de la nuit à peine percée par la lueur de la lune. Un long moment, elle tourna et vira dans le lit sans parvenir à trouver le sommeil. Difficilement, elle finit par s'endormir, mais ses songes furent habités de cauchemars et de visages déplaisants, de souvenirs difformes de cette soirée … jusqu'à ce qu'elle finisse par se réveiller en pleine nuit. Allongée sur le dos, le souffle court et fixant le plafond de la chambre à travers ces ténèbres oppressantes, ignorant l'heure qu'il pouvait être, elle se mit à penser. A penser à ce qui l'avait conduite ici. Soutenir Logan. L'aider. Le protéger … le protéger de lui-même surtout. Se tenir à ses côtés, même pour le pire. Lentement, elle tourna son regard sur la place libre à côté d'elle, lâchant un profond soupir, tout en caressant l'espace vide d'une main.

Finalement, elle se releva, pour aller rejoindre la chambre de Logan sur la pointe des pieds. En douceur, elle ouvrit la porte, devinant la silhouette allongée du canadien dans son lit. Dormait-il ? Elle l'ignorait. La seule chose qu'elle savait, c'était qu'elle avait besoin de lui. Que sa place était à ses côtés. Alors, calmement, elle traversa la chambre, laissant le peignoir glisser sur elle pour finir au sol, avant d'elle-même se glisser sous les draps, pour venir se coller à lui, l'enlaçant en partie et venant déposer son visage sur son torse, y déposant un baiser plein de tendresse. Il sentait bon la noix de coco. Là, à ses côtés et dans la sécurité de ses bras robustes, elle parvint à s'endormir sans difficulté, son sommeil nullement dérangé par le moindre cauchemar.

Elle avait pris sa décision. Celle de rester auprès de l'homme qu'elle aimait.
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R.I.P, Old Friend - PV Jean

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