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R.I.P, Old Friend - PV Jean

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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 3 Aoû 2018 - 10:22
R.I.P, Old Friend


La première chose que je fais, quand nous arrivons au loft, c'est de retirer ce cache-oeil. Alors okay, c'est hyper pratique pour se dissimuler en plein jour, mais pour ce qui est du confort... Je me demande comment fait Nick Fury pour porter cela à longueur de temps. Mais passons, ce n'est pas le sujet du moment. Et je dois avouer que même l'affaire Yoshikawa va être mise de coté pour un petit moment, car là, nous allons passer à table. Et ce n'est pas pour n'importe quel repas.

Sac de nourriture à la main, je regarde la rouquine retirer ses chaussures, puis faire le nécessaire pour que nous puissions nous installer et manger. Elle est ici depuis même pas 48 heures, et déjà elle connait les lieux comme si elle avait toujours vécu ici. Faut dire que bon: dans un placard haut au sein d'une cuisine, tu mets des verres ou des assiettes, pas des couverts ou un sac de terreau. Cela me rassure un peu... Elle semble aller bien. Et par ricochet, la voir aller bien, cela me fait redescendre en pression, mettant finalement de coté les griefs que je peux avoir contre Noboru, au moins le temps du repas.

Quand je dépose le sac qui contient la portion de Jean, j'épie sa réaction. Je veux voir comment elle va réagir au... Ah ben voila! Je reconnais avoir un petit sourire en coin qui se dessine.

Alors à moins qu'elle pense que c'est de la licorne... Je fais simplement *Oui* de la tête, pour lui confirmer que c'est bien du serpent. Je la vois, hésitante, ne sachant pas trop comment échapper à ce qui s'apparente à une épreuve de survie pour jeu de télévision, mais finalement, elle choisit de se lancer.

Alors, je ne sais pas si c'est l'émotion ou le dégout, mais elle manque de lâcher un juron. Et en l'entendant, je prends une mine faussement choqué. "Jean, enfin!" J'aime ça. L'atmosphère se détend un peu. Bon, je dois avouer que je suis en général celui qui empêche que les choses redeviennent plus vivables. Mais bon, là au moins, on est juste tous les deux. Pas de Tao. Pas de Momoko. Juste elle, moi et nos petits plats à emporter.

Il y a des perches tendues que je ne peux m'empêcher de saisir. Aussi quand elle affirme que je lui ai tout fait, je glisse un "Pas encore..." Peut-être est-il encore un peu tôt pour se permettre ce genre d'humour, mais tant pis, je le tente, quitte à ruiner l'ambiance... Mais apparemment ça va. La rouquine ne semble pas offusquée par cet écart. Ou alors elle l'ignore, je ne suis pas certain.

Et la voici qui goutte à son plat, ayant tout de même pris soin d'éloigner la petite tête des nouilles. De mon coté, je mange. Avec envie, car j'ai vraiment la dalle. LE panier garni du matin était bon, mais pas assez copieux.

J'écoute l'analyse de Jean sur ce qu'elle vient d'ingurgiter. Et quand elle affirme que je peux oublier les insectes, je fais une petite moue déçue. "Bon bah pas de dessert alors..." avant de me remettre à manger. Après, je ne sais pas si elle capte le second degré dans mes derniers mots - dans le monde dans lequel on vit, cela devient difficile, si on emploie pas le bon ton - alors je me permets de préciser.

- On a des petits beignets à la noix de Coco. Normalement, y a rien à craindre niveau insecte avec ça.

Le repas continue de se dérouler dans cette ambiance détendue. Calme. Posée. Cela me permet d'oublier quelques instants la raison de notre venue, et cela ne me fait pas de mal. Il faudra juste songer à ce que l'on va faire cet après-midi. Rendre visite à Momoko ou non? Je ne la connais pas. Noboru m'avait demandé de venir, là, si je m'impose chez elle alors qu'elle ne me connait pas...

Bon, j'y réfléchirai plus tard - genre dans une petite demi-heure quand on aura fini de manger - là, je veux juste profiter de ce tête-à-tête.


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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 3 Aoû 2018 - 14:51
Le discret et taquin sourire sur les lèvres du canadien n'échappa pas à Jean. De toute évidence, il attendait la réaction de la rousse face à ce qui s’avérerait être son repas. Face au juron retenu de justesse, il continua de se régaler, jouant le surpris. Lui ? Vraiment ? Sans doute l'individu parmi les X-men ayant le jargon le moins soutenu de tous. Et les petites provocations se poursuivirent de la sorte, sans que cela n'offense pour autant Jean. Au contraire, cela l'amusait. Elle connaissait Logan. Elle savait le respect qu'il lui portait. Par conséquent, elle avait conscience que tout ceci n'était qu'un jeu sans méchanceté aucune.

Pourtant, lorsqu'il sous-entendit que le dessert devrait être oublié vu qu'elle ne souhaitait pas manger d'insecte, elle releva son regard sur lui, sérieuse, affichant une expression à la fois de déception et de désapprobation. Il n'avait quand même pas fait ça ? Il n'avait pas osé ? Un instant, la télépathe se demanda si c'était une plaisanterie ou non. Avec lui, il fallait s'attendre à tout, et cela, elle l'avait bien compris depuis un moment déjà. Mais rapidement, il la rassura, annonça que la fin du repas serait bien plus conventionnelle, pour le plus grand soulagement de la rousse.

Le reste du repas se déroula sans encombre, dans une ambiance bon enfant, les deux mutants échangeant leurs point respectif sur le repas. Même si elle n'en dit rien, Jean ne manqua pas de remarquer qu'à ce moment là, Logan était beaucoup plus détendu que dans la matinée, que ce soit suite à leur rencontre avec Noboru, ou même tout simplement à ce qu'il s'était passé la veille. Il était enfin parvenu, le temps d'un repas, à faire abstraction de toutes ces histoires, de la perte de son ami … de Madripoor. Pourtant, tôt ou tard, la rousse en avait conscience, il leur faudrait replonger dans la folie de cette affaire. Ils avaient une nouvelle piste à exploiter, cette fameuse sœur à aller voir. Mais d'après ce que le canadien avait dit plus tôt dans la voiture, il ne la connaissait pas … et n'avait pas vraiment de prétexte pour lui rendre visite. Il s'agirait donc d'être prudent dans leur démarche … à moins que Logan ne se contente simplement de faire du Logan … enfin … du Patch, en l'occurrence.

Savourant la dernière bouchée de son beignet à la noix de coco, Jean était en train d'observer Logan en silence. Il lui arrivait de temps en temps de se perdre ainsi de longues minutes, se contentant simplement de le contempler, sans même s'en rendre véritablement compte … n'ayant plus, l'espace d'un instant, conscience du monde qui l'entourait, hormis le farouche mutant. A ses yeux, il était … parfait. Manquait-elle d'objectivité ? C'était fort probable. Mais elle n'en avait rien à faire. Avec lui, elle se sentait bien … complète et comblée. Elle ne fut arrachée à ses pensées que parce qu'il se leva de table, commençant à débarrasser. Depuis combien de temps était-elle ainsi à le regarder ? Elle n'aurait su le dire. Mais visiblement, le canadien s'était décidé sur la démarche à suivre pour le reste de la journée. Suivant son exemple, elle l'aida à ranger. Mais malgré cette activité des plus fastidieuses, elle ne manqua pas pour autant d'apprécier sa présence. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas embrassés ? Un vrai baiser. Pas cette mascarade provocante signée 'Patch' dans l'arrière boutique de Tao lorsque le borgne avait marqué son territoire. Non, un véritable témoignage de leur amour. Elle n'aurait su le dire. Jamais en tout cas depuis leur arrivée sur Madripoor. Or, Jean avait l'impression qu'ils étaient sur cette île depuis une éternité … une éternité de moins de vingt quatre heures en réalité.

Prenant une profonde inspiration, la rousse se ressaisit. Ce n'était pas vraiment le moment. Ils avaient plus important à faire. Glissant une main sur l'une des épaules de Logan, la mutante attira son attention, tout en l'incitant à se diriger d'une légère pression en direction du séjour.

« Va te reposer dans le canapé … je te prépare un thé », lui proposa-t-elle avec douceur.

Quelques minutes plus tard, elle le rejoignit, lui apportant une tasse fumante d'une infusion qu'elle avait trouvée parmi les denrées du colis reçu dans la matinée. Après avoir déposé la boisson chaude sur la table basse devant le canadien, elle vint s'installer à côté de ce dernier.

« Je ne connais pas beaucoup cet endroit … mais je crois commencer à comprendre la manière dont il fonctionne
, lui dit-elle. Je ne serais pas surprise que cette femme, la sœur de ton ami, soit déjà au courant de la prochaine visite de Patch. Tu ne devrais pas t’inquiéter sur la manière dont tu vas organiser cette rencontre … mais plutôt sur ce qui va t'attendre là-bas. Si Noboru est un lâche qui n'y connaît rien en matière de combat … m'est avis que tantine n'est pas faite du même bois. »
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Sam 4 Aoû 2018 - 21:38
R.I.P, Old Friend


Ce n'est pas que je suis un animal, mais effectivement, pour certaines choses, je suis un peu basique, instinctif. Sentir la main de la rouquine sur mon épaule... C'est comme la mise à feu d'un puissant explosif émotionnel. Et pourtant, contre toute attente, je me contiens. J'émets un son qui fait approximativement comprendre que je suis d'accord avec ce qu'elle propose. Et c'est mains dans les poches que je rejoins le canapé dans lequel je m'affale de tout mon poids.

Après toutes ces années, il reste confortable. Et pourtant, l'assise a été maltraitée. N'y voyez ici aucune confidence coquine, c'est juste que vu comment je me laisse tomber dedans à chaque fois que je m'y installe... Bah mes cent quarante kilos sont forcément ressentis.

Le regard un peu dans le vide, je manque l'arrivée de Jean, et ne réalise qu'elle est proche que lorsque sa silhouette bien moins massive que la mienne vient se déposer avec douceur juste à coté de moi. Et, pour la première fois depuis un moment, elle me fait part de ses pensées, de ce qu'elle retient de la situation, et essaie de planifier la suite. Les mots qu'elle prononce sonnent tous justes, à mes oreilles. C'est pourquoi, à chaque fois qu'elle termine une phrase, je la ponctue d'un "Hum Hum", en acquiesçant d'un mouvement de la tête.

Me penchant en avant pour saisir la tasse de thé entre mes mains, je reviens me caler confortablement dans le canapé. Je tiens le récipient à deux mains, et je penche légèrement la tête en direction de Jean, tout en la regardant du coin de l'oeil.

- Tu as parfaitement raison. Je coupe ma phrase le temps de boire une toute petite gorgée de thé brûlant. Je sens l'arôme de la boisson, la chaleur me brûler un peu de l'intérieur. C'est exactement pourquoi on ne va pas aller la voir.

Devant le regard quelque peu interrogateur de la rouquine, je m'empresse de m'expliquer, déposant la tasse sur la table basse, faisant un quart de tour vers elle par la suite.

- La vieille doit certainement s'attendre à ce qu'on aille la voir. Sur son terrain, où elle aura l'avantage. Enfin... où elle pense avoir l'avantage. Inutile que j'entre dans les détails, Jean sait quel genre de carnage je peux faire. Le truc, c'est qu'il faut la jouer fine, là. C'est pas là-bas que je dois la confronter. Le plus judicieux serait qu'on la rencontre pour la lecture du testament, pas avant. Mais cela voudrait dire louper les funérailles de mon ami, et ça, je ne peux pas ne pas y aller.

Je ne sais pas comment ça se fait, mais en parlant, en bougeant sur le canapé... Bah disons qu'instinctivement, ma main se retrouve posée sur la jambe de Jeannie. Quand je m'en rends compte, il y a comme un petit mouvement de recul.

- Désolé, je...

"Désolé, je..." Quoi? "Je suis désolé d'avoir ces gestes témoignant de mon affection pour toi, mais qui peuvent être vus comme étant particulièrement malvenus après ce qui s'est passé hier soir, car tu n'as certainement pas besoin et/ou envie de cela maintenant?" C'est ça la suite de ma phrase, en fait. Mais je ne la dis pas. Je pense très fort, mais rien ne sort de ma bouche.

Je me replace dans le canapé, bien droit, regardant droit devant moi le poste de télévision éteint. Je me racle la gorge, puis prends une profonde inspiration.

- On en aura bientôt fini avec cette histoire, je te le promets.

Je n'ai qu'une parole. La lecture du testament doit avoir lieu après la cérémonie. Donc il est possible que dès demain soir, nous soyons dans un avion, direction: Los Angeles.

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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Dim 5 Aoû 2018 - 4:28
Tout du long, Logan écouta le point de vue de la rousse, ne l'interrompant à aucun moment, acquiesçant même régulièrement d'un hochement de tête, ponctuant chaque phrase de cette dernière d'un son de gorge approbateur. Pourtant, pas un seul moment il ne l'avait regardé, se contentant simplement de fixer la table basse en face de lui. Sans doute réfléchissait-il également à cette situation, intégrant à ses plans les remarques que venait de lui faire Jean. Sans un mot, il se pencha, récupérant sa tasse, avant de venir de nouveau s'adosser au fond du canapé. Enfin, la tête légèrement penchée sur le côté, il accorda à la mutante un regard en coin, avant de lui confirmer qu'elle avait raison, ce qui expliquait pourquoi il n'irait pas voir cette Momoko. Soulagée de l'entendre faire ce choix, Jean soupira doucement, tout en affichant un léger sourire. De cette manière, ils s'accordaient une pause, un laps de temps durant lequel ils pourraient souffler … et récupérer de leurs dernières mésaventures.

Pourtant, ce genre d'attitude ne ressemblait pas à Logan, si bien que sa compagne ne tarda pas à trouver cela … louche, se demandant ce qu'il avait en tête. Sans doute le comprit-il à la manière dont elle l'observait, car rapidement, il partagea avec elle ce qu'il avait planifié. Il était d'accord pour dire qu'aller voir Momoko, c'était lui concéder un avantage. Lorsque le canadien émit toutefois un bémol à cette idée, Jean se raidit légèrement, bloquant une fraction de seconde sa respiration. Pour qu'il fasse ce genre de commentaire, c'était sans doute qu'il partait du principe que cette tante était bel et bien coupable. Adieu la présomption d'innocence. Un état d'esprit que la rousse avait voulu depuis le début éviter. Et bien, pour l'instant, c'était en partie compromis.

Logan souhaitait faire la rencontre de cette aînée de la famille Yoshikawa le plus tard possible, dans l'idéal, au moment de l'ouverture du testament de Kesuke. Le seul souci : cela impliquait de manquer les obsèques du vieil homme. Un choix auquel se refusait Logan. D'un hochement de tête, Jean soutint cette décision. S'ils étaient venus jusqu'ici, c'était avant tout pour que le canadien puisse rendre un dernier hommage à son ami. Il était donc inenvisageable qu'il puisse ne pas se présenter à l'inhumation de ce dernier.

Spontanément, Logan avait posé sa main sur l'une des jambes de Jean. Un geste affectueux et tendre, manifestation de l'attachement qu'il lui portait … des sentiments qu'il éprouvait pour elle, sans la moindre arrière pensée. Pourtant, lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de faire, il se rétracta, retirant sa main rapidement, tout en affichant une mine confuse, et bafouillant une excuse inachevée. Face à ce comportement, Jean sentit son cœur se pincer … ne pouvant dissimuler son étonnement teinté d'inquiétude à la manière dont elle le regardait. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Qu'était-il en train de faire ? Un instant, un vent de panique souffla dans l'esprit de la mutante face à la réaction de son conjoint, face à ce tabou qu'il s'imposait tout seul … et dont l'origine ne laissait aucun doute. Il n'osait pas. Non … en fait … il n'osait plus … plus depuis ce qu'il s'était passé la veille.

Difficilement, Jean déglutit. La respiration superficielle, elle resta aussi silencieuse que Logan, le fixant droit dans les yeux tout comme il était en train de le faire. Alors, le mutant se réinstalla, brisant cette connexion visuelle, tentant de reprendre le cours de la conversation, comme si de rien n'était … annonçant que bientôt, ils en auraient fini avec cette histoire. Interdite, Jean ne prononça pas un mot, son expression toujours figée dans cette stupeur mêlée d'angoisse, n'ayant cessé de le regarder … lui dont les yeux étaient à présent fuyants.

« Je t'en pris … ne fais pas ça ... », finit-elle par lui dire d'une voix serrée et pressante.

Non. Surtout pas. Tout, mais pas ça. Il avait l'une des pires réactions possibles. L'interdit et le silence. Les assassins à venir de leur relation.

« Logan ! Regarde-moi ! », lui ordonna-t-elle les dents serrées, et les yeux légèrement humides.

Lorsqu'il décida se tourner son attention sur elle, elle lui saisit cette main qu'il avait retirée sans lui laisser le choix, et la serra entre ses doigts fins.

« Ce qu'il s'est passé hier … ce que- »

La voix à présent chargée d'émotion, elle marqua toutefois une pause, incapable de prononcer le prénom de ses agresseurs. Un instant, elle ferma les yeux, ne pouvant poursuivre … revoyant certaines images de la veille dans son esprit. Sur la table basse, la tasse frémit, glissant doucement sur la surface plane du meuble sous l'effet de ces vibrations, bientôt suivie par les murs de la pièce, qui à leur tour se mirent à trembler avec un grondement caractéristique. Resserrant d'avantage ses doigts sur ceux de Logan, Jean prit une profonde inspiration, se forçant à faire le vide dans son esprit … à se ressaisir, les vibrations autour d'elle diminuant jusqu'à finir par disparaître. Alors, elle poussa une longue expiration, ouvrant de nouveau les yeux pour regarder Logan.

« Ce que ces hommes m'ont fait … même si cela peut paraître dérisoire comparé à ce que d'autres victimes ont eu la malchance de subir … ce que ces hommes m'ont fait, ça m'a souillée … en tant que femme, en tant que compagne … dans ma pudeur, dans ma fierté … dans mon intégrité. Ils ont brisé quelque chose en moi. On ne pourra rien y changer. Ils l'ont fait. Point. »

La main tremblante, Jean ne lâchait plus Logan. La voix légèrement chevrotante, elle poursuivit, parfois interrompue par un début de sanglot immédiatement étouffé. Il était hors de question qu'elle se laisse aller … qu'elle les laisse une nouvelle fois gagner en s'effondrant. Non. Elle ne leur ferait pas ce cadeau … elle ne leur concéderait pas cette victoire.

« Sur ce terrain là, ils ont gagné, et il nous faut l'accepter. Mais s'il te plaît … ne les laisse pas abîmer ce qu'il y a entre nous … ne cache pas ce que tu éprouves pour moi … ce dont tu as besoin venant de moi … à cause de ce qu'ils m'ont fait. Ne retiens pas tes attentions à mon égard. »

Doucement, la rousse tira la main de Logan vers son visage, se caressant la joue avec cette dernière, avant de venir déposer un baiser sur ses phalanges épaissies par les épreuves et par le temps. L'odeur de sa peau … le toucher qu'elle faisait ressentir … La force et la dureté de ces mains pourtant si douces … le caractère abrupte de ses doigts, pourtant si avenant avec elle. Tant d'éléments auxquels Jean étaient attachée … autant de caractéristiques propres à l'homme qu'elle aimait plus que tout. Et par ses craintes de mal faire … il l'en privait …

« Je vais avoir besoin de me reconstruire en tant que femme aimée … en tant que compagne. Et ça, je ne pourrai y parvenir qu'à travers la manière dont tu me regarderas … dont tu me percevras. A travers l'attitude que tu auras envers moi. Alors … je t'en supplie … ne nous fais pas ça … »

Voilà. Les choses étaient dites. Elle lui avait confié ses attentes … ses espoirs … ses craintes. Elle lui avait fait comprendre combien elle aurait besoin de lui pour se reconstruire … pour surmonter cette horrible épisode de sa vie … pour aller de l'avant, en tant que femme, mais également en tant que couple. Naturellement et avec calme, elle se pencha, pour finir par s'allonger, reposant son visage sur les cuisses de Logan, se calant dos à lui. Puis, elle ramena ses genoux vers elle, jambe pliées, adoptant une position fœtal. En sentant finalement les larmes se frayer un chemin jusqu'à ses paupières, et ceci malgré tous ses efforts pour les contenir, Jean préféra fermer les yeux, et en silence, les laisser couler sur son visage.

« Ne sois pas en colère contre toi-même pour tout ça. Ça n'en vaut pas le coup, lui demanda-t-elle les yeux toujours fermés. Ne te punis pas … ne nous punis pas … Tu as … fait ce qu'il fallait faire. »
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mar 7 Aoû 2018 - 21:56
R.I.P, Old Friend


Quand Jean était encore avec Summers, ils partageaient un lien particulier très puissant. Quelque chose sur le plan mental de presque fusionnel. Ce lien a été tranché lorsque je... Bref, lorsqu'il a fallu s'occuper du Phénix. Et quand la rouquine est revenue à la vie, c'et avec moi qu'elle s'est mise à construire, à tisser ce lien si particulier. Mais je me demande toujours s'il est aussi puissant que celui qu'elle avait avec Noeu-noeuil? Pourquoi? Par jalousie, ou par fierté, je ne sais pas. Comme je ne sais pas si avoir la réponse à cette question est en fait une bonne chose ou non. J'ai l'impression que peu importe la réponse, il n'y aurait aucune satisfaction à tirer de tout cela.

Tout cela pour en venir à l'échange que nous avons maintenant. Enfin "échange" est un bien grand mot. Il s'agit là plutôt d'un déballage dans les règles de l'art. Le genre de chose que je ne fais jamais - Logan, un homme, un vrai. Le terme de déballage est peut-être réducteur et méprisant. Je vais donc plutôt parler ici de... confession? d'aveu? Compliqué à qualifier. Ce que je sais, c'est que c'est quelque chose que Jean a besoin de dire, et que sans le savoir, j'avais besoin d'entendre. Savoir tout cela, sa position, son ressenti, vis-à-vis d'eux, de moi, de tout. De savoir maintenant ce que je peux me permettre et ce que je dois éviter de faire.

A aucun moment je ne la coupe dans les révélations qu'elle est en train de faire. Ce ne serait pas correct. Surtout que quand quelqu'un parle avec ses tripes, c'est pas comme quand t'es en face d'un automate qui récite une leçon, non. Quand tu coupes ces personnes un peu à fleur de peau, elles perdent le fil de leurs pensées, et ça serait dommage. Pas si, comme je l'espère, le fait de vider son sac peut avoir un petit effet cathartique sur la rousse.

Elle est à présent roulée en boule, la tête appuyée contre ma cuisse. Je ne vois pas son visage, simplement l'épaisse chevelure flamboyante qu'est la sienne. Si je ne la vois pas, elle non plus ne peut pas capter le fait qu'encore une fois, j'opine du chef afin de valider tout ce qu'elle dit.

Prenant une profonde inspiration qui gonfle ma cage thoracique, je laisse par la suite échapper un profond soupir. Comme si de mon coté, le moyen pour libérer mes pensées et mon corps des événements de la veille pouvait s'effectuer par cette simple action, et non pas en passant par une verbalisation de tout cela. Même si on se doute que ce n'est pas aussi simple, et que j'ai toujours quelques petits squelettes dans mon placard.

Ce que je fais maintenant? Ce qu'elle m'a demandé de faire pour qu'elle puisse se sentir elle-même à nouveau. J'agis donc en conséquence, et laisse l'une de mes mains se poser sur elle, à la frontière entre le haut qu'elle porte et le bas. Et d'une délicate petite caresse, mon pouce se fraie un chemin jusqu'à la peau du docteur Grey. Quelque chose de doux, de maîtrisé, mais d'affectueux. C'est ensuite toute ma main qui vient se placer contre elle. Et tel un petit robot, je fais le même mouvement, encore et encore, comme si cela pouvait avoir quelque chose de rassurant pour elle. Et pour moi.

Si ce geste est déjà un premier pas vers quelque chose de plus positif, je ne peux me permettre de rester silencieux. Je me racle donc la gorge avant de prononcer quelques petits mots.

- Je ne les laisserai pas gagner. Jamais.

Oui, nous sommes très loin de ce que vient de faire Jean. De ces phrases prononcées avec passion, sortie du plus profond d'elle-même. Non, moi, je suis plus... basique. Mais cela ne veut pour autant pas dire que je ne ressens rien.

Et c'est là que je pense que le lien psychique qui m'unit à Jean est puissant. Elle sait lire entre les lignes. Elle sait "me" lire. Et elle sait donc combien j'approuve et épouse sa façon de penser, et souhaite réellement agir au mieux en cet instant précis pour qu'elle puisse se sentir le mieux possible.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 8 Aoû 2018 - 2:25
Un long moment, ils restèrent silencieux, l'un avec l'autre, sur le canapé de ce salon. Jean, toujours recroquevillée sur elle-même, le visage reposant sur l'une des cuisses de Logan, avait rouvert les yeux, fixant à présent la tasse fumante que le canadien avait reposé sur la table basse un peu plus tôt. Sa déclaration faite, à présent, elle se sentait comme soulagée d'un poids. Dans une profonde inspiration, elle sentit le torse de Logan se soulever, avant de lentement redescendre dans une longue expiration libératrice. Oui. C'était une évidence. Cette situation n'était pas évidente non plus pour lui. Elle pouvait sentir l'inquiétude qui l'habitait pour la femme qu'il aimait. Elle pouvait ressentir l'amour qu'il éprouvait pour cette dernière … ce besoin irrépressible qu'elle aille bien … qu'elle aille mieux. Elle pouvait percevoir cette nécessité de la savoir heureuse, et saine et sauve. Pour cela, il n'avait pas besoin de parler. Pas avec elle. Elle pouvait tout simplement le sentir par l'intermédiaire de son pouvoir, cette faculté innée à l'empathie … cette aptitude à lire même sans le vouloir les sentiments des autres … leurs émotions. Mais pour cela, Logan devait avant tout s'autoriser à les éprouver.

Lorsqu'enfin, il se décida à poser une main sur la hanche de la rousse, Jean se mit à doucement sourire, un léger frisson apparaissant sur sa peau à l'endroit où le pouce du canadien avait écarté avec délicatesse le tissu de ses vêtements pour venir la caresser. Puis, avec retenue, c'était sa main entière qu'il avait ainsi glissé sous le chemisier de la demoiselle. A son tour, Jean émit un léger soupir. Cette main, épaisse et forte … et pourtant si attentionnée et délicate … la rousse n'aurait su dire si à présent elle était capable de s'en passer. Elle avait Logan dans la peau. C'était indéniable. Si bien qu'elle avait besoin de son contact, tout autant qu'elle avait besoin de discuter avec lui, de le voir régulièrement … de l'entendre, de sentir son odeur. De percevoir sa conscience. Oui. Il y avait quelque chose entre eux … quelque chose que Jean n'aurait su expliquer. Un phénomène viscéral … qui semblait dépasser les frontières physiques. Car même lorsqu'il n'était pas avec lui, elle avait toujours au plus profond d'elle, une sensation … un pressentiment qui lui soufflait s'il allait bien ou s'il était en difficulté.

Cette caresse qu'il lui prodiguait, des plus banales et sans véritable arrière pensée, c'était de ce genre d'attention dont elle avait besoin pour l'heure. Ce besoin de savoir qu'il continuait de la percevoir comme la femme qu'elle était avant … avant la soirée dernière … avant qu'elle ne soit en quelque sorte, souillée. A travers son geste, elle le comprenait. A travers son soupir également. Elle savait qu'elle était toujours aussi importante aux yeux du mutant, si ce n'était plus encore que la veille.

Au plus grand étonnement de Jean, le canadien parla. Ce n'était pas dans ses habitudes, même si elle devait bien l'avouer, avec elle, depuis quelques temps, il avait tendance à faire des efforts de ce côté-ci. Un effort louable, autant qu'appréciable, qu'elle n'avait pas manqué de remarquer. Après s'être éclairci la gorge, il lui garantit que jamais il ne laisserait Tao et son sbire gagner. Des propos qui faisaient écho aux paroles de Jean. Jamais il ne cesserait de l'aimer … jamais il ne laisserait leur relation dépérir. A ces mots, la rousse se redressa, une main en appui sur l'assise du canapé, alors que celle de Logan était toujours dans son chemisier. Un instant, elle le regarda dans les yeux, lui adressant un sourire timide … et pourtant chargé de reconnaissance pour ce qu'il venait de dire … pour ce qu'il venait de faire. Affectueusement, elle glissa à son tour son autre main sur la joue du canadien, la faisant descendre lentement, caressant au passage sa rouflaquette, tout en lui adressant un sourire en coin un peu plus franc.

« On va s'en sortir … on va surmonter ça. J'en suis certaine. »

Calmement, Jean se releva, ne laissant d'autre choix à Logan que de doucement retirer sa main. Machinalement, elle replaça ses cheveux en glissant ses doigts à l'intérieur.

« Tout comme je suis certaine que nous parviendrons à faire toute la lumière sur la mort de Kesuke. »

Mais pour l'heure, il restait une chose importante à faire pour Jean. Rien de bien indispensable … mais plutôt quelque chose de symbolique. Et vu que Logan avait décidé qu'ils ne rendraient pas visite à Momoko ce jour, alors, c'était là l'occasion de consacrer du temps à cette tâche inachevée. Laissant Logan dans le salon, la rousse regagna la chambre. Là bas, elle observa un instant sa valise, avant de finalement l'ouvrir pour en retirer les quelques affaires qu'elle y avait placées le soir précédent. Calmement, elle rangea dans l'armoire de Logan l'ensemble de ce qu'elle avait apporté avec elle pour ce séjour à Madripoor. C'était là la confirmation qu'elle resterait jusqu'au bout de cette histoire aux côtés du canadien.

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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Lun 27 Aoû 2018 - 17:54
R.I.P, Old Friend


Les relations humaines... C'est vraiment compliqué. Enfin, quand on tient à la personne en face. Quand on s'en moque éperdument, il est facile de passer à autre chose. Inutile de dire qu'ici, je suis en compagnie de quelqu'un à qui je tiens énormément. Quelqu'un pour qui je tuerais sans hésiter. Pour qui j'ai tué, sans hésiter. Sans remord. Sans regret. Si l'on fait abstraction évidemment de la fois où j'ai dû la tuer elle parce que... Passons.

Je la regarde quitter le canapé, et je me demande ce qu'elle a en tête. C'est pourquoi je m'aide de mes mains pour me tirer de l'assise confortable du fauteuil, et je lui emboite le pas silencieusement. Je ne veux pas qu'elle me remarque, je ne veux pas qu'elle change ses plans parce que je suis venu "espionner" ce qu'elle fait. Je reste dans l'encadrement de la porte de notre chambre. Je dis "notre", car la rouquine est en train de défaire le reste de ses bagages, signe qui indique clairement qu'elle compte rester avec moi.

Cela dit, les quelques mots prononcés avant qu'elle ne finisse par se lever allaient dans ce sens, donc bon, pas besoin d'être Sherlock Holmes pour tirer les conclusions qui s'imposent.

Quand elle finit par me remarquer, elle n'est même pas surprise. Elle lève simplement un oeil vers moi, avec un petit sourire en coin. Le genre de sourire qui a le don de me faire littéralement fondre. Je demeure immobile, appuyé contre l'encadrement, bras croisés sur la poitrine, et je la regarde faire. Quand elle a terminé, on se questionne l'un l'autre sur ce que l'on pourrait faire. Nous tombons d'accord pour rester à la maison. Peut-être pas en mode "Cocooning", mais on ne sort pas. Je profite de ce tête à tête que j'ai avec elle pour lui parler d'ici. Des coutumes locales. De ma vie à quelques dizaines de kilomètres de là, au Japon, quand j'étais plus proches du Samouraï que du Super-Héros.

Je vois à la façon dont elle me regarde qu'elle est un peu... triste pour moi. Pour ces nombreuses vies passées que j'ai eu le plaisir de vivre mais qui se sont pour la plupart plutôt mal terminées. Je réponds à ses questions, sans détour. Déjà, parce que si je dois la jouer franc-jeu avec quelqu'un, c'est elle. Puis aussi parce qu'elle a la décence de ne pas aller trop loin dans ses interrogations. Certains crieraient au scandale, qu'elle utilise sur moi ses dons télépathiques pour savoir dans quoi elle peut mettre les pieds ou non.

Crétins. Si vous pensez ça de Jean, c'est que vous la connaissez mal. Elle sait d'instinct ce qu'elle peut dire ou faire (ou ne pas entreprendre) pour mettre quelqu'un à l'aise. C'est la personne qui fait le plus preuve de compassion que je connaisse. C'est pourquoi nous sommes si bien ensemble... "Les opposés s'attirent."

Jusqu'à ce que l'on aille se coucher, on parle - assis l'un contre l'autre dans le canapé. Elle sur moi sur une chaise de la cuisine. On est collé, comme des siamois. - Le genre de trucs que je ne fais pas trop habituellement. Mais il est important qu'elle sache un maximum de choses sur Patch, sur Madripoor, sur tout ce qui peut se tramer ici. Je m'en veux de ne pas avoir commencé par là. Cela nous aurait peut-être évité l'incident d'hier... On finit par se coucher, l'un à coté de l'autre. Elle, appuyant sa tête sur ma poitrine, moi entourant ses épaules à l'aide de mon bras libre.

On ne peut pas dire que j'ai dormi comme un bébé, mais le fait d'être avec elle me rend quand même plus serein. On se réveille plus ou moins en même temps. Après l'avoir embrassé, je quitte le lit pour fuser sous la douche, puis je me prépare.

Je m'habille en blanc, couleur traditionnelle du deuil dans de nombreux pays en Asie, ainsi que de noir - la combinaison des deux teintes étant plus spécifique au Japon, d'où venait Kesuke.

Je laisse Jean se préparer, lui rappelant ces quelques "règles" concernant le style vestimentaire lors des funérailles par ici. Pas de petit déjeuner, car on s'est levé un peu tard, et je dois admettre que je n'ai pas faim. La voiture commandée pendant que la rouquine terminait de se préparer arrive enfin, et c'est avec elle à mon bras que nous gagnons le véhicule.

J'indique au chauffeur l'adresse écrite sur le faire-part, et nous voici en route. Je sens que Jeannie n'est pas spécialement à l'aise. Mais qui le serait? J'attrape sa main dans la mienne, exerçant une pression presque trop forte sur ses doigts délicats.

- Ca va aller. Il ne nous arrivera rien. Pas jusqu'à ce que je découvre qui a potentiellement fait tuer mon ami et que je fasse verser le premier sang.

Oui, même s'il tombe souvent à plat, il m'arrive aussi de faire de l'humour.

Bref, nous quittons donc la voiture une fois que celle-ci fut arrivée à destination. Nous rejoignons donc le reste de la famille Yoshikawa, et nous asseyons parmi les proches du défunt, où un siège à mon nom, ainsi qu'une sorte de "+1" nous étaient réservé.

Avant que la cérémonie ne commence, je fais un simple mouvement, venant me gratter une tempe, celle que Jean peut voir. Et à nouveau, je lui fais ce signe si reconnaissable, l'invitant alors à garder "l'esprit ouvert" si l'on peut dire.

Pour l'heure à venir, elle verra tout ce que mes sens ne pourront pas capter immédiatement. Culpabilité, tristesse, remord. Pour le reste, mon odorat, ma vue et mon ouïe feront de leur mieux pour nous aiguiller par la suite.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 29 Aoû 2018 - 22:18
D’un commun accord, les deux mutants firent le choix de ne pas quitter le loft pour le reste de la journée. Loin de tout ce qu’avait pu leur offrir cette île comme tumultes depuis leur arrivée, ils purent se consacrer pleinement l’un à l'autre, mais également se retrouver en tant que couple. Logan l’avait bien compris : ce n’était que de cette façon que la rousse parviendrait à surmonter ce qu’elle avait traversé. Le canadien se confia à elle, notamment sur son passé à Madripoor, et également de manière plus générale en Asie. Dans ses propos, Jean put pleinement sentir une certaine forme de nostalgie … ainsi qu’une part de souffrance. Logan semblait avoir perdu beaucoup en ces lieux. Pourtant, la télépathe n’insista pas à ce sujet. Le mutant lui expliqua également certaines coutumes locales, tout en apportant des éclaircissements sur la façon dont fonctionnaient les choses ici.

Dans leurs gestes et leurs attentions l’un envers l’autre, dans ces instants de vie passés ensemble, dans la banalité de leur relation, ils retrouvèrent leur complicité … redonnant une sorte de nouvel élan, de nouveau souffle à leur couple, à leur symbiose. Quelque chose, dont finalement, ils avaient tous les deux besoin.

Le lendemain annonçait les funérailles de Kesuke. Suivant les indications que lui avait fourni Logan, la rousse tenta de suivre du mieux qu’elle put les traditions et usages en cours au sein de la famille Yoshikawa, et de cette partie du globe. Si le premier jour elle s’était permise de plaisanter quant à la tenue qu’elle était prête à porter pour une telle journée, à présent qu’elle y était, Jean ne s’imaginait pas un seul instant pouvoir manquer de respect au défunt avec une apparence provocatrice. Son choix se porta donc sur quelque chose de classique et de sobre. Elle opta pour un débardeur en soie blanche, associé à une veste de tailleur noire, avec une jupe cintrée coordonnée. Quant à ses cheveux, elle les releva en un chignon banane impeccablement exécuté, optant pour la discrétion sophistiquée, ne tenant pas à attirer tous les regards sur elle au cours d’une telle journée, à cause de sa couleur de cheveux si peu conventionnelle dans cette région du monde.

Dans le véhicule réservé par Logan pour se rendre aux funérailles, ce dernier prononça quelques mots pour tenter de rassurer la télépathe, auxquels elle répondit d’un simple sourire. De son côté, elle n’était pas convaincue que les choses se dérouleraient de manière si simple.

Suivant Logan une fois arrivés, elle prit place à ses côtés, là où on leur avait réservé deux chaises. Machinalement, Jean balaya du regard l’ensemble des convives déjà présents, ne tardant pas à repérer Noboru. D’un signe de tête accompagné d’un sourire compatissant, elle le salua. En retour, il lui indiqua une direction d’un regard … ou plutôt, une personne. Assise au premier rang, tout comme lui, se tenait une vieille dame, au visage particulièrement ridé et à la peau parcheminée. Ses joues creusées, ne laissaient aucun doute sur le fait qu’elle ne devait plus posséder toutes ses dents. Ses cheveux poivre et sel étaient rassemblés en un gros chignon qui surmontait ce visage marqué par les années. Momoko. A croire qu’elle avait senti le regard de la rousse se poser sur elle, l’ancienne venait de pivoter sur sa chaise, jetant un coup d’œil en direction de la mutante, avant de s’attarder plus longuement sur Patch. À sa vue, les paupières de Momoko se plissèrent légèrement.

Le geste de Logan n’avait pas échappé à la télépathe. Il voulait qu’elle soit attentive à tout ce qui l’entourait. Une tâche qui n’avait rien de simple. S’ouvrir à la tristesse des gens, à la souffrance du deuil, cela n’avait rien d’une partie de plaisir. Pourtant, une nouvelle fois, Jean devait partir à la pêche aux informations. Un instant, elle sentit sa gorge se serrer. Faire cela … un jour pareil … La rousse soupira longuement, avant de finalement ouvrir son esprit à l’affût du moindre sentiment de culpabilité … ou au contraire de satisfaction.

Alors, Jean ouvrit son esprit …

Et contre toute attente, elle fut loin d'être submergée par un flot tumultueux de chagrin et de deuil. C'était même tout le contraire. Autour d'elle, les esprits étaient étrangement posés au regard des circonstances. Il y avait certes une saveur de peine dans toutes ces pensées, mais cette dernière était toute en retenue, comme si elle était disciplinée … une façon pleine de pudeur de ressentir la perte de l'être cher. Un étrange calme spirituel … sans doute induite par l'éducation et les mœurs de l'Extrême Orient.

Etonnée par un tel phénomène, Jean reporta son attention sur Logan, lui adressant un signe de tête négatif pour lui indiquer qu'elle avait fait chou blanc de son côté. Mais loin de se décourager si rapidement, elle continua d'observer les personnes autour d'elle. Peut-être finirait-elle par déceler quelque chose.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 31 Aoû 2018 - 16:00
R.I.P, Old Friend


Comme je le craignais, Jean ne parvient pas à déceler quoi que ce soit qui pourrait nous aider à retrouver le meurtrier de Kesuke - si meurtrier il y a. Possible que je me trompe, après tout... Pfff, j'arrive même pas à le croire en le pensant, alors que j'envisage cela comme une possibilité sérieuse: n'importe quoi.

Je reste donc attentif, tête légèrement baissée, les yeux rivés sur le bout de mes chaussures noires. Si ma vision est ainsi focalisée sur quelque chose qui n'a rien d'important, je peux me concentrer sur mon odorat. Tenter de trouver quelque chose qui détonnerait avec le reste. Mais je suis bien obligé d'admettre que même là, je fais choux blanc. Alors oui, je peux vous dire que certains abusent du parfum bon marché qu'ils achètent pour couvrir l'odeur de la maîtresse avec qui ils ont passé la nuit, mais à part ça? Rien de bien folichon.

En ce qui concerne mon audition, elle est toute dévouée à l'écoute de la personne qui fait la cérémonie. Il parle un mélange d'anglais et de Japonais. Et il dit des choses très touchantes sur mon vieil ami. Je comprends les deux langues, et murmure de temps à autre une traduction rapide à l'oreille de la rouquine qui se tient à coté de moi, quand je considère que le discours en nippon se fait trop long. J'en profite d'ailleurs à chaque fois pour glisser un regard aux différentes personnes présentes ici. Mais rien ne semble clocher. Et c'est principalement ce qui cloche, en fait!

Mais bon, croyez-le ou non: la cérémonie se passe sans heurt. Et tout aurait pu continuer normalement si, à la fin, une sorte de notaire n'avait pas pris la place du maître de cérémonie. S'exprimant dans un anglais impeccable, il s'adresse alors à l'Assemblée.

- Mesdames, Messieurs. Je suis vraiment désolé pour la perte de votre parent et ami, Kesuke Yoshikawa. Je m'adresse à vous à la demande de ce dernier. En effet, il souhaitait que l'exécution de son testament soit fait le jour de ses funérailles. Et a expressément émis le souhait que les personnes suivantes soient présentes... Il marque une petite pause, plongeant la main dans sa poche pour tirer une feuille de papier qu'il déplie, puis se racle la gorge avant de reprendre. Yoshikawa Noboru. Yoshikawa Momoko. Bon, jusque-là, pas de surprise. Yoshikawa Tetsuo. Nagiri Morita. Et... Pourquoi il s'arrête, ce con? Et pourquoi il me regarde comme ça? Monsieur... "Patocho". Ok, là, c'est une surprise. Je lance un regard vers Jean pour qu'elle me confirme qu'il est bien question de moi, et vue la mine qu'elle affiche, y a pas de doute. Je fais partie du petit quinté invité à l'after!

J'espérais que la rousse et moi pourrions nous éclipser avant de rejoindre les autres dans le bureau du notaire, mais des hommes de mains veillent à ce que nous ne quittions pas les lieux. Je voulais me retrouver seul avec elle afin de lui faire part de mes pensées, mais bon... Je peux aussi bien le faire en présence des autres.

- Mon bureau n'est qu'à deux pas, nous pouvons nous y rendre à pied, précise alors le pseudo-notaire qui disparait sans même nous attendre.

Avec Jean, on se lève, bras dessus-dessous. Et là, je peux vous jurer que le poids des regards insistants se fait clairement sentir. Moi, je m'en fous, j'ai l'habitude, mais mettre la femme que j'aime dans cette position... Je n'aime pas trop ça.

*Ignore-les... Ferme ton esprit... Ils ne comptent pas.*

Mes conseils sont moisis, et certainement moins efficaces que ceux du professeur Xavier, mais je fais avec ce que j'ai! Nous marchons donc, coincés entre le groupe de Noboru et celui de Tetsuo. J'espère que le bureau où l'on va est grand, car toutes les personnes citées - à part moi - dans le testament sont accompagnées de 7 à dix hommes.

Quelques instants plus tard, nous voici donc dans la salle où la lecture du testament aura lieu. Autour d'une très longue table rectangulaire, qui doit faire bien sept à huit mètre de long, sont disposées six chaises, dont une est rapidement occupée par le notaire.

La vieille Momoko prend place par la suite. Tetsu et Noboru enchainent, puis vient enfin s'asseoir Morita. Ne reste donc que moi. Enfin, Jean et moi. Car il n'est pas question qu'elle reste debout. Que la presque trentaine de Yakuzas présents reste debout, je m'en cogne, mais pour elle? Je tire donc la chaise qui m'est destinée, puis m'y installe. Je tapote alors sur mon genoux pour lui faire signe de prendre place - elle fera comme bon lui semble.

La lecture commence, et pendant un vingtaine de minutes, des biens sont énumérés. Et pendant autant de temps, je me demande pourquoi je suis là. Non pas que j'espérais obtenir quelque chose, mais si ce vieil enfoiré - paix à son âme - m'a fait perdre mon temps pour s'amuser, il va m'entendre!

Quand le fameux dojo dont nous a parlé Noboru la veille est abordé, on sent comme de l'électricité dans l'air. La tension est presque palpable.

- "Je lègue le dojo familial à la seule personne qui le mérite vraiment. Le seul être ayant montré suffisamment de persévérance, de sérieux, d'assiduité dans sa pratique des arts martiaux - je vous raconte pas la tronche de Noboru qui capte déjà que sa maison secondaire, il peut s'asseoir dessus! - A toi, mon plus proche et fidèle ami... Oh non, il recommence avec son silence et son regard vers moi... "Patocho". Putain!

Okay, donc là, y a un gros blanc. Un truc costaud, hein. A nouveau je regarde Jean, un peu stupéfait. Mais avant qu'elle ne puisse répondre nous sommes surpris par un violent coup de poing mis sur la table. C'est Tetsuo, un ancien lutteur de Sumo. Il doit bien faire dans les 170 kilos.

- C'est une honte! Comment ce Gaïgin pourrait hériter de mon dojo!
- Ton dojo? Laisse-moi rire! Depuis quand ne t'es-tu pas entrainé? lui rétorque Nagiri Morita, une nièce de Kesuke - je crois, je n'ai pas bien écouté les présentations en début de séance.

Si sa remarque parait cinglante, c'est parce qu'elle, qui doit être dans la trentaine, a un pur physique de pratiquant d'arts martiaux.

Cela part en brouhaha général, auquel je ne prends pas part. Tout comme Momoko, qui d'un seul coup de canne, parvient à faire revenir le silence. Nous la regardons tous, attendant qu'elle prenne la parole.

- Pourquoi vous?


Ok, la question est légitime. Et je n'ai absolument pas de réponse toute prête à déballer.

- Parce que j'ai été le meilleur élève de Kesuke, et ce pendant des années.

Je ne sais pas si cela sonne bien, mais je me permets d'envoyer une pique à l'autre loque au passage.

- Vraiment? Alors vous ne verriez pas d'inconvénients à ce que l'on organise un petit tournoi pour voir si ce que vous affirmez est vrai?


Je ne suis qu'un idiot. Légalement, le dojo est à moi. Et en plus, j'en ai rien à faire de ce truc, j'étais pas là pour ça alors pourquoi je fais exactement ce que Jean m'indique de ne pas faire d'un mouvement de la tête? Je l'ai dit plus tôt: je suis un idiot.

- Où et quand vous voulez.

Je vous passe les détails. Mais sachez simplement que l'on quitte tous le bureau sans qu'une goutte de sang ne soit versée, c'est déjà pas mal. Alors que nous regagnons le véhicule qui nous reconduira à notre domicile, j'essaie d'apaiser la rouquine.

- Tu n'as pas à t'en faire. Il ne pourra rien m'arriver. Mais je ne pouvais pas les laisser bafouer l'un des derniers souhaits de Kesuke parce qu'ils l'ont mauvaise de ne pas avoir la main sur ce vieux dojo... Tu comprends?

Je sais qu'elle comprend, mais je sais aussi qu'elle n'aime pas... tout ça.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Sam 1 Sep 2018 - 8:16
Un air concentré sur le visage, les sourcils froncés par l’attention qu’il manifestait à son environnement, Logan fixait sans prononcer le moindre mot le bout de ses chaussures. Un silence qui ne rassurait pas vraiment la rousse. Non pas qu’elle craignait un débordement ou un piège, pas ici, pas en plein milieu d’un enterrement. Mais Logan était préoccupé. C’était indéniable. Elle pouvait le voir à son attitude.

Tout comme Jean un peu plus tôt, il ne parvenait sans doute pas à trouver le moindre indice qui aurait pu l’aider dans son enquête, une impasse qui mettait sa patience à rude épreuve. Pour le canadien, trouver le commanditaire du meurtre de Kesuke était devenu une sorte d’obsession. Un point d’honneur.

L’honneur. Un concept qui semblait être la trame de fond de cette cérémonie. Tout autant que la tradition. L’espace d’un instant, Jean aurait presque pu en oublier qu’elle se trouvait sur Madripoor, une île où ces deux choses n’étaient pas vraiment une priorité. Une forme évidente d’humilité et de simplicité caractérisaient également ces funérailles, sans doute à l’image de l’homme auquel elles étaient destinées.

La cérémonie terminée, un homme vint alors se présenter à l’ensemble des convives, un occidental à l’anglais irréprochable. Il s’agissait du notaire en charge du testament de Kesuke, et comme il ne tarda pas à l’indiquer, il en ferait la lecture d’ici quelques instants en présence de certaines personnes, suivant les dernières volontés du défunt. Alors, il énonça la liste des concernés … terminant en portant son regard sur Logan. Parmi les invités, de nombreux chuchotements de stupeur et de désapprobation commencèrent à se faire entendre. Le canadien, aussi surpris par cette annonce que le reste de l’assemblée, tenta de trouver une réponse auprès de Jean, qui ne put lui offrir qu’une mine tout aussi prise de court.

Comme pour lui manifester son soutien, elle posa une main sur le genou du mutant.

C’est peut-être là l’occasion d’obtenir les réponses que tu cherches, lui fit-elle remarquer par télépathie, … mais s’il te plaît : ne fais rien d’irréfléchi.

Les deux mutants suivirent alors les membres de la famille Yoshikawa concernés par le testament, escortés de leurs hommes de main, jusqu’au cabinet du notaire. Ce dernier les reçut dans une pièce aussi spacieuse que lumineuse, grâce à une imposante baie vitrée qui occupait tout un pan de mur. Au centre de la salle, les attendait une longue table encadrée d’un nombre limité de chaises : une pour chacun des héritiers, et une autre pour le responsable du testament. Logan prit place en dernier, semblant suivre une sorte de hiérarchie familiale à laquelle répondaient les Yoshikawa. Puis, mettant à disposition son genou, il invita Jean à y prendre place. Sur le coup, la rousse sentit le rouge lui monter aux joues, se sentant soudainement mise sur le devant de la scène. Les sourcils légèrement crispés de surprise et de désaccord, elle lui fit un signe négatif de la tête. Elle n’était pas concernée par cette affaire. Elle n’avait donc rien à faire à cette table. Au lieu de cela, elle vint se placer à côté de Logan, restant debout et  posant une main sur l’une de ses épaules robustes.

La lecture du testament débuta alors, se poursuivant de longues minutes, les biens du défunt étant légués aux divers membres de la famille. Sous sa main, Jean pouvait sentir le mutant se tendre à mesure que les minutes s’écoulaient. Elle le vit alors relever légèrement le regard lorsque le notaire parla du dojo, le fameux bâtiment dont leur avait parlé Noboru la veille. Parmi les héritiers présents, la tension sembla monter d’un cran, comme s’ils n’attendaient tous que ce moment. Après un silence au suspens insoutenable, le notaire posa une nouvelle fois son regard du Logan, avant d’annoncer que ce dernier était à présent le propriétaire de la bâtisse familiale, sans omettre de citer les paroles de Kesuke.

Le silence pesant qui suivit fit frissonner Jean, qui réalisa bien vite au regard que lui lança le canadien que ce dernier était très loin de s’attendre à une telle annonce. Dans la pièce, la tension était palpable, tous les autres héritiers portant leur regard sur le mutant d’une façon plus ou moins belliqueuse. La rousse sursauta lorsque l’homme au gabarit de sumo frappa la table de son énorme poing, la faisant trembler dans son intégralité, avant de manifester d’une voix rugissante son désaccord, estimant que le dojo lui revenait. Immédiatement, il provoqua une réaction du même style mais à son encontre de la part de l’une des nièces du défunt. S’en suivit des haussements de voix et débats véhéments de toute part … que seule Momoko parvint à faire taire d’un simple coup de sa canne sur le sol. L’ainée de la famille venait d’imposer le silence à tous ses membres de par ce simple geste. Depuis un moment déjà, elle fixait Logan de son regard plissé, comme si elle cherchait à sonder l’esprit de ce dernier, faisant fi des jérémiades des autres membres de son clan. Le silence revenu, elle demanda au canadien pourquoi lui. Subtilement, Jean resserra ses doigts sur l’épaule de celui-ci, comme pour le retenir d’envenimer davantage la situation. Ce qui fut un échec puisqu’il se montra particulièrement provocateur dans sa réponse, forçant la télépathe à retenir son souffle en attendant la réaction de la doyenne. Ce fut à ce moment précis que la rousse vit dans le regard de Momoko l’étincelle de la satisfaction s’allumer … et un fin sourire s’étirer sur son visage ridé.

La matriarche des Yoshikawa proposa alors à Logan un tournoi, afin de déterminer qui méritait le plus ce dojo, puisqu’il prétendait être le meilleur élève de Kesuke. Une nouvelle fois, Jean resserra ses doigts sur l’épaule du mutant, lui adressant un signe négatif de la tête pour l’inciter à refuser cette proposition. Pourtant, une nouvelle fois, le canadien n’en tint pas compte, acceptant la requête de Momoko. En entendant cette réponse, la rousse laissa échapper une profonde expiration de désapprobation, retirant par la même occasion sa main.  

La lecture du testament terminée, chacun partit de son côté. En silence, Jean regagna la voiture avec Logan. À l’intérieur, celui-ci chercha à argumenter son choix, tout en tentant de rassurer sa compagne. S’il avait réagi de la sorte, c’était avant tout pour défendre l’honneur de son ami. Cela, la rousse pouvait l’entendre. Elle connaissait suffisamment l’homme qui partageait son lit pour savoir qu’il lui était impensable d’agir différemment. Pour autant, tout ceci déplaisait à la télépathe. Tout était trop … trop rapide … trop calculé.

« Si tu le dis », se contenta-t-elle simplement de répondre pour le moment, sans grand enthousiasme.

De retour dans le loft, la mutante ôta avec calme sa veste, la déposant sur l’accoudoir du canapé, avant de retirer une à une les épingles de son chignon. D’un mouvement de tête délicat, elle laissa ses cheveux se dérouler pour retomber naturellement dans son dos. Durant tout le trajet du retour, elle n’avait eu de cesse de retourner la situation sous tous les angles … de repenser à chaque réaction des personnes présentes autour de cette table.

« Tu réalises que les dernières volontés de Kesuke étaient respectées
, annonça-t-elle d’une voix posée au canadien, sans se retourner pour lui faire face. Il voulait que le dojo te revienne, et c’était le cas … jusqu’à ce que tu ... »

Laissant sa phrase en suspens, Jean déposa les épingles sur la table basse, avant de se tourner pour regarder Logan.

« Il est évident que cette histoire de tournoi est un piège. Elle avait tout prévu … jusqu’à ta réaction, poursuivit-elle toujours avec ce même calme. Elle est en train de te conduire exactement là où elle te veut … dans une situation qui te sera défavorable. »

Se rapprochant du canadien, la rousse enlaça ses bras autour de sa nuque, blottissant son visage contre son épaule. Plusieurs secondes, elle resta silencieuse, contre lui.

« Ignore-les … ils ne comptent pas … ce sont là tes mots lorsque nous avons quitté les lieux de la cérémonie. J’aurais aimé que tu suives ton propre conseil », lui dit-elle proche de son oreille.

Se reculant légèrement, elle saisit le visage du mutant entre des mains, le fixant dans les yeux quelques instants avant de poursuivre. Du bout des doigts, elle lissa avec une nervosité à peine voilée les rouflaquettes de Logan.

« Je t’aime Logan … et je n’imagine pas la vie sans toi. S’il devait t’arriver quoi que ce soit … si on devait être séparé … je ne le supporterais pas. Alors promets-moi d’être prudent. »
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