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R.I.P, Old Friend - PV Jean

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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Ven 14 Sep 2018 - 15:18
R.I.P, Old Friend


Un cadre paradisiaque. Une femme belle à se damner. Franchement, que pourrait-il manquer pour que l'on passe un meilleur moment? Bon, j'ai bien quelques idées derrière la tête, mais nous n'en sommes pas là. Cela dit, j'ai comme l'impression que la rouquine et moi-même sommes sur la même longueur d'ondes. Ce baiser qu'elle m'offre est... C'est à peine descriptible, en fait. Je peux vous assurer qu'il est annonciateur de moments encore plus agréables.

Enfin, ça, c'est ce que je pensais jusqu'à ce que Jeannie s'écarte de moi, prononçant, murmurant presque, un "Désolée" qui me laisse sur le cul, faut bien que je le reconnaisse. Elle affiche un petit sourire au départ, toujours là, dans l'eau, nageant à reculons. alors peut-être qu'elle se joue de moi, instillant une sorte de petit jeu de chat et de la souris. Mais bon, j'ai beau essayer de me convaincre que c'est ce qu'elle fait, je vois bien dans son regard que quelque chose ne va pas.

Et cette façon qu'elle a d'annoncer qu'elle doit sortir de l'eau, avec une petite touche de panique dans la voix. Disons qu'il n'y a pas besoin d'avoir 150 de Q.I pour capter qu'il y a un truc qui cloche. Pas chez elle, hein. Mais pour qu'il y ait ce genre de virage à 180 degrés dans son comportement, c'est que forcément un événement est venu la perturber. Immobile, dans l'eau, je la regarde s'éloigner, regagner le rivage pour se mettre en sécurité.

- Mais quel con... Je parle de moi, là.

Avançant dans les flots turquoises pour la suivre, je comprends ce qui se passe. La femme qui est dos à moi, en train de trembler alors que la température et l'ensoleillement sont idéaux pour faire bronzette. Cette splendide rouquine qui est à croquer dans son bikini violet... Elle est déjà "morte" deux fois. L'un de ces deux fois est de mon fait. Mais l'autre? Elle s'est sacrifiée pour sauver un groupe de mutants, dont je faisais partie. Elle a utilisé ses pouvoirs pour retenir une vague digne d'un tsunami jusqu'à se faire emporter par le torrent que personne d'autre n'aurait pu retenir. Si ses pouvoirs ont pu la maintenir dans une sorte d'animation suspendue, il y a bien eu à un moment donné le choc, le liquide qui est venu remplir ses poumons, la sensation d'être ballottée par un ras-de-marée que rien n'arrête...

Je suis pas un fin psychologue ou spécialiste de la mémoire. Mon truc, c'est plutôt les trous dans la mémoire justement. Et les sensations de déjà-vu, la mémoire corporelle en quelque sorte... C'est pas du flan. Et là, avec ma connerie de vouloir lui faire boire la tasse, j'ai dû éveiller en elle des souvenirs de ce traumatisme, alors qu'elle ne se rappelle pas les avoir vécus.

Je me dirige vers ma serviette, que je secoue délicatement, pour en faire tomber les grains de sable. La rouquine est tellement dans son monde que je n'ai même pas l'impression qu'elle me voit. Me plaçant dans son dos, je l'enveloppe dans le linge sec, et l'étreinte au niveau de la taille, appuyant ma tête sur son épaule droite.

- C'est ma faute. C'était pas malin de te faire boire la tasse...

La sentant encore trembler, je la frictionne un peu. Je ne sais pas si je fais pire que mieux, là. Ce que je sais, c'est que ce n'est absolument pas ainsi que j'imaginais la suite des événements, pour sûr. Cependant, je ne lui en veux absolument pas. On a tous nos cicatrices - oui, même moi. Et le fait qu'elles ne soient pas visibles ne les rend pas plus faciles à guérir.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Lun 17 Sep 2018 - 8:27
L’esprit embrumé par cette angoisse oppressante, Jean ne remarqua même pas le canadien lorsque celui-ci sortit de l’eau à son tour. Plus rien ne semblait en mesure de retenir son attention hormis cette sensation d’anxiété. Ses oreilles bourdonnaient, percevant à peine le ressac ininterrompu des vagues venant s’échouer sur la plage … mélodie aussi monotone qu’entêtante, agissant telle une rythmique insidieuse et hypnotique sur la rousse. La respiration de la télépathe se faisait superficielle sous la sensation suffocante qu’exerçait ce mal-être grandissant sur sa poitrine. Incapable de se défaire de cet état, Jean continuait de frissonner de tout son être.

Jusqu’au moment où elle sentit qu’on l’enveloppait dans un écrin de douceur et de chaleur. Surprise, elle sursauta légèrement sur le moment. Mais rapidement, elle parvint à se raccrocher à l’instant présent, voyant en cette attention sa bouée de sauvetage … son issue de secours. Fermant les yeux, elle baissa la tête au moment où elle sentit les bras de Logan autour de sa taille, ainsi que le menton de ce dernier se caler sur son épaule. Ces simples gestes avaient suffit à dissiper les peurs de la rousse, à l’arracher de ses tourments. Alors, d’une voix posée, il s’excusa d’avoir provoqué cette réaction. Suite à quoi, Jean frissonna de plus belle. Il se pensait coupable. Il culpabilisait. Alors que le problème venait d’elle. C’était avec elle qu’il y avait un souci … avec son esprit. Pas avec lui. Le passage des mains du mutant sur elle fit taire les frissons de Jean, qui faisait tout son possible à ce moment là pour focaliser toute son attention sur Logan, sur ce qu’elle éprouvait pour lui. Dans ces moments là, il était sa force, son point d’ancrage. Et comme à chaque fois, il avait su se montrer présent.

« Non, ce n’est pas toi », le contredit-elle sans hésitation.

Sans quitter l’étreinte de ses bras, Jean pivota lentement sur elle-même, finissant par lui faire face. Sur son visage, elle affichait une mine navrée et peinée de savoir qu’il se blâmait pour cet incident. Alors, se hissant sur la pointe des pieds, elle vint coller son front contre celui de Logan, fermant les yeux un instant, prenant une profonde inspiration tout en se concentrant sur ce qui se dégageait de lui. Après quelques secondes, imperceptiblement, la rousse regagna peu à peu un discret sourire, ainsi qu’une certaine forme de sérénité. Il l’aimait. Elle pouvait le sentir. Combien de temps resta-t-elle ainsi contre lui, à se ressourcer, à stabiliser sa psyché ? Elle était bien incapable de le dire.

Finalement, elle se dégagea avec douceur des bras du canadien, lui rendant sa serviette, puis venant déposer un baiser plein de tendresse sur l’une de ses joues.

« Merci d’avoir été là … et d’avoir compris. Je sais combien c’est … difficile de devoir composer avec moi. »

Un moment, elle le regarda avec une infinie douceur et tout autant d’amour, avant de lui caresser la barbe, puis finalement de s’éloigner de lui. En elle, elle ressentait également une part de culpabilité : celle de lui faire endurer ceci. Lui qui avait déjà tant souffert par le passé. Allant chercher son paréo, elle le noua à sa taille, avant de se revenir vers Logan.

« Ne te rends pas responsable … s’il te plaît, lui annonça-t-elle sans détours avec calme. Il est inutile que tu t’infliges cette peine … ce n’est pas justifié et ça ne m’aide pas. »

Finissant de se rapprocher de lui, elle lui reprit la serviette avec délicatesse tout en lui saisissant la main pour l’entraîner à sa suite, allant étendre la pièce de tissu sur le sable à l’ombre des palmiers. Puis, elle prit place dessus, s’asseyant en position du lotus sur l’un de ses côtés. D’un mouvement de tête, elle invita le mutant à la rejoindre. Une fois qu’il fut assis à son tour, elle vint se placer contre lui, l’incitant par la même occasion à s’allonger en s’appuyant doucement dessus. Alors, calée à ses côtés, une main caressant avec tendresse son torse, et son visage reposant sur l’une des épaules du mutant, elle se détendit. Un long moment, elle resta ainsi, étendue aux côtés du canadien.

« Je t’aime, Logan, lui annonça-t-elle avec la plus grande des simplicités. Tu es plus que l’homme de ma vie … tu es celui qui me permet de garder les pieds sur Terre … mon point de repère. Tu n’as rien à te reprocher. Ce qui vient de se passer … c’est uniquement de ma faute : je me suis laissée surprendre par mes propres sensations … par des souvenirs ... »

Se réinstallant pour gagner en confort, Jean resta néanmoins lovée contre le mutant qui occupait ses pensées. Un moment, ils restèrent silencieux, bercés par les sons de la mer. La rousse voulait profiter au maximum de cet instant, pour rattraper ce qu’il venait de se passer, mais aussi en prévision que ce qui les attendrait dans quelques jours. Elle voulait simplement être avec Logan, cet homme pour qui elle était prête à tout.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mar 18 Sep 2018 - 15:01
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A partir de là, c'est la rouquine qui mène la danse. Elle qui prend la parole pour m'expliquer comment elle voit les choses, comment il faudrait que je ne me sente pas responsable pour des trucs sur lesquels je n'ai aucun contrôle. Mais est-ce aussi simple?

Je la suis, répondant à son invitation, pour m'installer à ses cotés sur la serviette placée à l'ombre des grands arbres qui bordent la plage. Chacune de ses phrases me fait réagir de la même façon, presque imperceptible: un petit sourire en coin. Quand elle affirme qu'il ne doit pas être facile de composer avec elle, je me retiens de rire, parce que ce n'est pas mon genre. Mais faut bien avouer que dans le style tête de c*n, je suis champion. Sans compter toutes ces nuits où elle a été réveillée en sursaut parce que je me mettais à hurler, à frapper dans le vide des ennemis morts depuis bien longtemps déjà - enfin, je l'espère.

De temps en temps, je fais * Oui * de la tête, pour montrer que j'écoute, que j'intègre et que je comprends ce qu'elle me dit, où elle veut en venir. Pourquoi est-ce que je ne lui réponds pas? Pourquoi est-ce que je ne lui dis pas que la vie avec moi n'est pas non plus un long fleuve tranquille? Parce qu'elle le sait, au plus profond d'elle, et que là, elle n'a pas besoin de m'entendre dire ça. Non, là, tout ce qu'elle veut, c'est qu'on soit simplement allongé l'un à coté de l'autre, et vider son sac. Alors je la laisse faire. J'ai organisé ce mini-périple pour qu'elle se sente bien, et si c'est de cette façon, bah soit.

Quand elle prononce les mots qui font parfois fuir les bonshommes - le fameux "JTM", je dois bien reconnaître que ça me fait quelque chose. On n'est pas sur de l'amourette de vacances - malgré le cadre qui s'y prêterait parfaitement. On est sur du sérieux, on joue le long terme. Et la suite de ses paroles vont dans ce sens. Elle est là, appuyée contre mon épaule. Et avec ce bras qui l'enroule, je viens la caresser du bout des doigts au niveau de la hanche. Il y a un tout petit temps mort, lorsque j'entends cette déclaration, un peu sortie de nulle part, mais qui fait vraiment du bien. Néanmoins, la rouquine dit un truc qui me fait froncer les sourcils, et me redresser légèrement.

- Des souvenirs? Mais je croyais que...

"Que tu n'avais aucun souvenir." Même pas je finis ma phrase tant là où je veux en venir est évident. Je finis par m'asseoir complètement, attendant une bribe d'explication de la part de Jeannie. Je ne sais pas depuis combien de temps on est là, allongés. Non pas que je me plaigne, mais je commence à avoir faim. Et on ne trouvera pas de barres protéinées dans mon sac à dos. Donc faudra que j'aille pêcher un petit peu. Mais avant ça, il me tarde de savoir ce dont se souvient Jean de sa vie "d'avant".

Même si cela peut vouloir dire le retour de sentiments que je pensais - espérais - à jamais éteints. C'est une crainte que j'ai, oui. Après, je me fais peut-être des films. je glisse quand même un "T'as faim?", histoire de détendre un peu l'ambiance.

Quoi? Vous vous seriez offusqué que je ne réponde pas à votre déclaration? C'est parce que vous ne me connaissez pas aussi bien qu'elle me connait. Je suis pas dans ce genre de relation, avec elle. Moi, c'est plus... Physique. J'peux pas mettre de mots sur ce que j'éprouve - la plupart du temps, il m'arrive de faire des efforts. Jean y parvient. Et c'est extrêmement plaisant à entendre. Moi, je lui fais - ferai - plaisir par d'autres moyens.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mar 18 Sep 2018 - 17:51
Comme souvent lorsque Jean exposait ainsi son point de vue, le canadien l'écouta en silence, ne l'interrompant à aucun moment, ce contentant de placer judicieusement quelques hochements de tête pour assurer que son attention était bien réelle. Affichant un air sérieux, il ne manquait pas une seule de ses confidences, parvenant même à la rassurer par quelques caresses réconfortantes.

Etendus, l'un à côté de l'autre, Jean déclarant ce qu'elle avait sur le cœur, ce qu'elle ressentait pour Logan, ils restèrent ainsi plusieurs minutes … jusqu'à ce qu'une parole de la rousse ne fasse réagir le canadien d'une manière bien plus perceptible que ses autres propos. Tout son corps s'était crispé, alors qu'au même moment, il s'était légèrement redressé, forçant la télépathe à faire de même. Au même instant, Jean avait pu percevoir dans la conscience du mutant une perturbation, telle une onde venant troubler le calme de son esprit. C'était l'évocation d'éventuels souvenirs qui avait ainsi fait réagir Logan. Jusqu'à maintenant convaincu que Jean en était dépourvue, il était surpris de l'entendre dire qu'elle avait été perturbée par l'un d'eux … plus que de la surprise, il émanait de lui … de la crainte et du doute. Assise de biais, la télépathe glissa une mèche de cheveux en arrière, à son tour légèrement troublée par cette situation, et légèrement mise mal à l'aise de percevoir ces incertitudes chez Logan, lui qui d'ordinaire était si plein d'assurance. Sa langue avait sans doute parlé trop rapidement. Car au final, pouvait-elle véritablement dire qu'il s'agissait d'un souvenir. Baissant les yeux sur le canadien, incapable de le regarder dans les yeux, elle mit un certain temps avant de trouver les bon mots pour répondre à cette question inachevée, réfléchissant encore à ce qu'elle avait bien pu expérimenter comme phénomène un peu plus tôt dans l'eau.

« C'est … étrange, finit-elle par se lancer. J'ignore si c'est à proprement parler un souvenir … ou simplement une interprétation élaborée de toute pièce par mon cerveau avec ce que l'on m'a raconté sur mon passé … un peu comme une histoire de mon enfance que l'on m'aurait tellement racontée qu'au final, j'aurais réussi à me convaincre d'en avoir un véritable souvenir. »

Se redressant d'avantage, Jean finit par s'asseoir correctement, regroupant ses jambes pour pouvoir enlacer ses bras autour, avant de reposer son menton au niveau de ses genoux. Dans son dos, Logan attendait en silence la suite.

« C'était plutôt … une sensation … une impression non pas de 'déjà-vu', mais plutôt de 'déjà-ressenti' … »

Nerveusement, elle chassa le sable qui s'était déposé sur un coin de la serviette de plage d'un revers de main répété.

« Je ne suis pas certaine que ça vaille le coup de s'en inquiéter », conclut-elle en tournant son visage vers lui avec un sourire aussi discret qu'attendrie.

Alors, le mutant lui demanda si elle avait faim, ce à quoi la rousse répondit par un haussement d'épaules. Elle n'était pas certaine de savoir ce dont elle avait envie. Une partie d'elle était tentée à l'idée de manger, mais d'un autre côté, elle n'éprouvait pas véritablement de faim … encore trop habitée par ce qu'il venait de se passer. Lorsque Logan se leva, sans doute pour aller chercher quelque chose à se mettre sous la dent, elle le suivit du regard.

« Logan ? », le retint-elle au moment où il se mettait en marche.

Un instant, toujours assise et les jambes enroulées dans l'un de ses bras, elle l'observa en silence avec un regard interrogateur.

« De quoi as-tu donc si peur que je me souvienne ? Si c'est au sujet de ce qu'il s'est passé il y a dix ans ... »

Jean marqua une pause. Sachant combien ce souvenir était douloureux pour lui, elle préféra ne rien préciser de plus. Il saurait sans problème à quoi elle faisait référence. Elle n'aimait pas spécialement parler de sa mort … pas avec lui en tout cas. Elle savait qu'il continuait de se tourmenter pour ce qu'il avait été amené à faire, si bien qu'elle n'aimait pas le faire culpabiliser d'avantage en évoquant ce jour devant lui. Mais parfois, elle ne pouvait pas faire autrement.

« On en a déjà discuté … tu m'as déjà tout raconté et je t'ai déjà pardonné. Alors … pourquoi cette angoisse ? »


Y avait-il autre chose ? Quelque chose dont il n'avait jamais osé lui parler ?
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 19 Sep 2018 - 18:25
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Là, dans un cadre semblable à nul autre, elle et moi profitons de ce que la nature a encore de beau à offrir à une humanité qui ne réalise pas encore la chance qu'elle a. J'écoute la rouquine me faire part de ses impressions, de ses sensations. Elle explique si bien ce dont il est question, que je réalise qu'elle et moi ne vivons pas exactement la même chose.

Mes souvenirs sont des sortes de flash, venus d'un passé dont je ne me souviens pas, et qui tirent plus de l'ordre du cauchemar éveillé, même s'il m'arrive bien souvent d'être en proie à d'assez grosses frayeurs nocturnes, mais passons... Elle ne sait pas si elle a faim, mais ce n'est pas un problème. Je prends la direction de la mer, la mine un peu refrognée quand Jeannie m'interpelle, me questionne.

Je fais quoi? Je profite de ce que l'on soit isolés du reste du monde pour lui révéler qu'est-ce qui peut vraiment me titiller l'esprit, maintenant que je sais qu'elle peut à tout moment se souvenir de son ancienne vie? Des choses qu'elle aimait avant? Des personnes qu'elle aimait avant? Et que le retour de tout cela effacerait celle qu'elle est aujourd'hui? Ou je fais ce que je sais faire de mieux? Oui, allons-y pour l'option deux.

Un simple haussement d'épaules, un petit * Non * de la tête, suivi d'un léger grognement qui annonce une prise de parole courte.

- Rien d'important. Laisse.

Faisant craquer ma nuque, je m'avance vers les flots d'un pas décidé, et sans me retourner, j'ajoute simplement un "J'reviens. Bouge pas."

Est-ce que je suis de mauvaise humeur? Non, c'est pas mon style. Enfin, c'est pas mon style de l'être quand je suis avec le Docteur Grey. C'est juste que la journée a pris un tournant auquel je ne m'attendais pas, et que je ne sais pas comment gérer, comment réagir. Donc je plonge, tête en avant, et entame une nage libre afin d'attendre le large le plus rapidement possible. Je dépasse notre bateau, qui n'est en rien chahuté par les vagues, à peine balloté.

Quand j'estime être assez loin, je m'enfonce sous le niveau de la mer. Pas difficile, j'ai juste à ma laisser couler. Une fois au fond les yeux ouverts, debout, bien droit, j'attends. Evidemment que je repense à ce que j'aurais pu faire quand Jean m'a demandé ce dont j'avais peur. Là, tout seul sous l'eau, dans un silence presque oppressant, à pas loin de quoi... Quatre? Cinq? Six mètres de profondeur? Je sais pas. Quoi qu'il en soit, ma présence attire de petits animaux marins curieux. Je suis pas un spécialiste des poissons - faudrait voir ça avec celui aux oreilles pointues.

Mais quand un machin suffisamment gros passe à portée de main, bah d'une pensée je contracte les muscles de mon bras, et fais alors jaillir les griffes au dos de ma main. Empalé, la poiscaille se débat alors que je marche en direction du rivage, au fond de l'eau. Heureusement que cela ne m'a pas pris trop longtemps, je commençais à manquer d'air, et avoir enfin la tête hors de l'eau est une véritable libération.

Je vois la rouquine sur la plage, et continue d'avancer dans sa direction, les bras sous l'eau. Quand l'eau m'arrive à la taille, je dévoile ma prise. Un... Je sais pas. Quoi qu'il en soit, il est mort, là. Il fait dans les 35/40 centimètres. Et entre ça et les trucs qu'on peut ramasser sur l'île, on devrait bien manger.

Je reviens donc sur la plage, m'installant non loin de la serviette où nous étions il y a encore quelques instants tous les deux. Je sens son regard sur moi. Je ne sais pas si c'est de la colère, de la déception, les deux. Donc je plonge mon regard dans le sien.

- Je veux juste que l'on passe une bonne journée. Rien de plus.

Tout en parlant, je commence à préparer le poisson, l'ouvrant et sortant les entrailles que je garde de côté. Je ne sais pas comment ça va s'emboiter par la suite. Car j'ai vraiment pas envie d'avoir une discussion sur ce qui me dérange, m'effraie ou je ne sais pas quoi. Si elle veut me parler, je suis là pour écouter, mais moi, je ne fonctionne pas comme ça. Je le sais. Elle le sait.

Mais bon, ce n'est pas parce qu'on est au courant de quelque chose que l'on peut accepter tout ce qui en découle.

J'attrape mon sac, dans lequel se trouvent plein de choses pour que nous mangions comme il faut - couverts, assiettes, etc... Il y a même une petite pierre à feu, histoire de pouvoir faire cuire convenablement le repas du jour.

Je regarde la rousse, dans son joli maillot violet, drapée de son paréo.

- On fait un deal? Je m'en fais pas trop pour toi, et toi, tu t'en fais pas trop pour moi?

Bah c'est un peu ce que l'on s'est demandé l'un à l'autre là. J'officialise - si tant est que l'on puisse utiliser cette formule pour cette tournure maladroite - simplement tout cela.


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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Jeu 20 Sep 2018 - 17:53
Lorsque le mutant s'immobilisa et tourna légèrement la tête sur le côté pour indiquer à Jean qu'elle avait retenu son attention, cette dernière put voir sur son visage cet air renfrogné qu'il arborait lorsqu'il était contrarié. C'était une évidence : la tournure des événements ne lui convenait pas. Et la rousse pouvait aisément le comprendre. Il avait tout fait pour organiser une excursion sur une île paradisiaque afin de les arracher tous les deux de l'ambiance de Madripoor, mais malgré cela, de nouveaux grains de sable étaient venus se glisser dans les rouages de leur relation.

La réponse du canadien ne laissait aucun doute. Un haussement d'épaule, un signe de tête négatif, le tout accompagné d'un grognement. Et avec tout ceci, Logan s'était pourtant senti obligé de rajouter qu'il n'y avait rien qui devait retenir l'attention de la télépathe. Puis, la laissant après lui avoir demandé de rester où elle était, il se dirigea vers la mer, avant de disparaître sous les vagues. Les choses étaient claires. Logan n'avait pas envie de parler de ce qui le tourmentait. Il n'était pas nécessaire de pouvoir lire dans les pensées pour se rendre compte qu'il venait de mentir … il suffisait simplement de le connaître. Résignée, la rousse ne rajouta rien, le laissant partir en quête de nourriture, se contentant d'appuyer son menton sur ses genoux tout en fixant le point dans les vagues où Logan avait plongé.

A présent seule, et certaine qu'il ne pourrait pas l'entendre de là où il était, Jean laissa échapper un soupir, mélange de sa frustration et de l'agacement qu'elle éprouvait contre elle-même. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle parle ?! Qu'elle se sente obligée de dire ce qu'elle éprouvait ?! Ne pouvait-elle donc pas faire comme lui ?! Et se contenter de garder ce genre de choses pour elle ?!



Après réflexion, non. Ce n'était pas son style. Et ce n'était pas sain non plus. Ils traversaient simplement une mauvaise passe. Logan était affecté par la perte de son vieil ami, ainsi que par tout ce que Madripoor avait fait ressurgir de son passé. Tiraillé entre son instinct de base et son sens de l'honneur, la situation avec le dojo ne devait pas être simple pour lui. Il était normal qu'il soit préoccupé. Et tout cela, c'était sans parler du fait qu'il avait entraîné la femme qu'il aimait avec lui. Consciente de cela, Jean étudia la situation de leur couple sous un angle différent, se forçant à faire abstraction de son propre ressenti. Si elle voulait être objective et choisir les bonnes manières de réagir, elle devait impérativement se montrer impartiale. Et pour cela, elle devait prendre du recul, observer tout ceci avec un œil neuf … avec un regard extérieur. Alors, la rousse se rappela la raison pour laquelle elle avait décidé de suivre Logan jusqu'ici : le soutenir. Et aujourd'hui, elle n'avait fait que l'accabler sans le vouloir.

La mutante releva la tête, fixant les flots alors qu'une expression inquiète grandissante commençait à s'afficher sur son visage. Depuis combien de temps était-il sous l'eau ? Jean était sur le point d'envoyer un message télépathique lorsqu'elle le vit surgir hors de l'eau. Soulagée, elle se détendit tout en soupirant pour évacuer ses angoisses. Empalé sur ses griffes, Logan ramené un énorme poisson à présent inerte. Une technique de pêche peu conventionnelle, mais efficace, il fallait bien l'admettre. En se rapprochant de Jean, le canadien affichait plus ou moins la même expression, ce qui poussa la rousse à ne rien dire. Il ne voulait pas discuter, il n'était donc pas la peine d'insister. Pourtant, il lui précisa qu'il voulait simplement passer un moment agréable à la base. Impliquait-il qu'elle avait tout gâché ? Un instant, Jean se posa la question … mais c'était surprenant de la part du mutant de sous-entendre ce genre de reproche. Il était plutôt du genre à dire les choses directement, sans détour. Non. C'était sans doute une précision totalement dénuée de la moindre critique. Simplement qu'avec son état d'esprit actuel, il était … plus brusque que d'ordinaire.

Alors qu'il s'occupait de préparer le poisson, Jean continua de garder le silence, sans pour autant le quitter des yeux, un long moment s'écoulant sans qu'aucun mot ne soit échangé. Finalement, Logan proposa qu'ils en restent là. Spontanément, Jean haussa un sourcil devant cette mise à plat. Ce n'était pas vraiment ce qu'elle avait espéré … mais puisque c'était ce que lui voulait, alors, elle s'y tiendrait.

« Ok … faisons comme ça », dit-elle simplement, sans pour autant déborder de conviction.

S'en suivit un nouveau moment de silence, alors que Logan continuait de préparer le poisson, le mettant en place sur une branche qui, de toute évidence, ferait office de broche. De son côté, la rousse détourna le regard, le portant sur la végétation qui tentait de gagner du terrain sur la plage. C'était comme une lutte de tout les instants entre le cœur de l'île et la mer, chacun tentant tour à tour de gagner du terrain sur l'autre, et ceci malgré une forme d'osmose entre les deux milieux … une sorte de métaphore de ce qui était en train de se jouer entre Logan et Jean. Cette pensée fit froncer les sourcils de la rousse. Oui, elle était là pour le soutenir, pour l'aider à traverser cette épreuve qu'était son voyage à Madripoor, ainsi que l'enterrement de Kesuke. Mais cela ne signifiait pas qu'elle devait se montrer forcément conciliante avec tout ce qu'il voulait. Reportant son regard sur lui, affichant un air déterminé, elle resta encore un moment sans parler, jusqu'à ce que …

« En fait, non », annonça-t-elle avec aplomb. 

Jean ne reprit la parole qu'une fois qu'elle fut certaine d'avoir toute l'attention du mutant.

« Que tu ne veuilles pas parler de ce qui te préoccupe, c'est une chose que je veux bien entendre et accepter. Après tout, depuis plus d'un siècle, tu n'as jamais été très loquace … je ne vais donc pas te demander de changer aujourd'hui. »

La rousse le leva, sans cesser de le regarder, toujours aussi déterminée dans son attitude, les bras croisés devant sa poitrine.

« Alors, ne me demande pas de changer qui je suis et de ne pas m'inquiéter pour toi. Et inutile de jouer le vieil entêté acariâtre avec moi pour me faire changer d'avis, tu sais très bien que ça ne m'impressionne pas. On ne tombe pas sous le charme d'une tête de cochon comme toi sans être séduite par ce trait de ta personnalité ! »

Dans les faits … elle tremblait de la tête aux pieds, aussi bien d'agacement que de peur. C'était un pari risqué qu'elle venait de faire en allant ainsi à la confrontation. Soit ça allait passer … soit …
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Sam 22 Sep 2018 - 21:52
R.I.P, Old Friend


Que je suis content! Jean a accepté mon deal. Un truc simple, sans prise de tête. En gros, même si une telle formulation est un peu péjorative, c'est chacun s'occupe de ses oignons. Elle me demande de ne pas culpabiliser, de pas m'en faire, etc... Je lui demande simplement d'en faire autant à mon égard.

On ne dit pas grand chose, elle et moi, alors que je suis en train de préparer le poisson. Pour ainsi dire, on ne dit rien. Le seul bruit que l'on capte, c'est bien évidemment celui des vagues, et de temps en temps, les feuilles des palmiers qui bruissent quand une brise un peu plus forte se met à souffler.

Sauf que la rouquine est pleine de surprise. Et elle revient sur ce qu'elle avait dit. Pour elle, ce que j'ai proposé n'est pas envisageable. Agenouillé, les mains ensanglantées par l'être que je viens de dépecer, je l'écoute m'expliquer sa façon de voir les choses. Et je dois reconnaître que c'est très désagréable de se faire passer ce genre de savon.

Les problèmes, je les règle la plupart du temps tous de la même manière. Je tape dessus le truc qui me dérange jusqu'à ce qu'il ne me dérange plus. Mais là? Bah c'est clairement pas possible. Néanmoins, comme si mon corps avait une sorte de mémoire face au sentiment de frustration, je sens mes muscles se contracter. Je sens mes sourcils se froncer. Je sens aussi ce petit fusible, à l'arrière de mon crâne, cette espèce de cran de sécurité se retirer.

Là, d'un simple mouvement de main, je balaie le repas, envoyant la chaire finement découpée dans le sable. Un véritable gâchis que ma réaction purement animale et irréfléchie me fait ignorer royalement. Prenant appui sur l'un de mes genoux, je me redresse, et une fois debout, je fais craquer ma nuque, avant de fixer la rouquine dans les yeux.

Bien qu'ils furent le déclencheur de ce qui va suivre, j'élude totalement les derniers mots que Jeannie vient de m'adresser, pour revenir quelques instants plus tôt dans la conversation, quand elle me demandait ce qui me troublait - alors que bon, elle vient quand même de dire que mon coté refermé sur moi-même, elle l'avait accepté, hein.

- Tu veux savoir ce qui m'angoisse? C'est pas que tu m'en veuilles pour ce que je t'ai fait. La situation était ... Il n'y avait que moi qui pouvais faire ça. Les autres étaient trop faibles. Ils t'aiment pas autant que moi je t'aime. C'est pour ça que c'était à moi de le faire.

Je tapote sur le coté de mon crâne.

- Les souvenirs.... C'est un merdier. Pour toi. Pour moi. On a traversé des trucs qui auraient foutu en l'air la plupart des gens. Mais nous, nous sommes meilleurs. Même si j'ai eu une mauvaise phase après ton ... - je cherche le mot - départ, j'ai fini par retrouver un sens à ma vie. Mais sans toi, c'était...

Je marque une pause, et laisse échapper un soupir d'exaspération. Je ne réalise pas combien les propos que je tiens peuvent manquer de sens. Mais je sors les phrases comme elles viennent.

- C'est pour ça que quand t'es revenue, j'ai cru qu'on t'offrait une nouvelle chance. Celle de pouvoir vivre une vie que tu méritais, car tu es revenue exactement comme tu étais avant que je ne ...
Pas la peine d'en dire plus, et c'est avec un regard presque triste que je continue sur ma lancée. Compatissante. Douce. Gentille. Avenante. C'était comme si tu n'étais jamais partie. A un détail prêt.

Là, je me pointe du doigt.

- C'est avec moi que t'es, maintenant. J'ai presque envie de dire que c'est à moi qu'on a offert cette nouvelle chance, tu vois. J'pense pas que tes sentiments pour Scott étaient factices à l'époque, ou que ceux que tu éprouvais pour moi étaient moins forts, mais tu avais fait le choix de rester avec lui. Mais pas là, pas cette fois.

Remettant mes mains sur les hanches, je reprends.

- Il va se passer quoi, si tu te mets à avoir des retours de ta vie "d'avant"? Il va se passer quoi, si tu te remets à avoir des sentiments pour l'autre, hein?

Mettant un petit coup de pied dans un tas de sable devant moi, je  prends la direction du rivage. Je sais que ma réaction n'est absolument pas rationnelle, même si là, tout de suite, je n'ai pas vraiment conscience d'être à coté de la plaque. Surtout que je me retrouve à craindre un élément de son passé, dont elle ne se souvient pour l'instant même pas.

Non, définitivement, je n'envisageais pas cette journée comme ça. Je regarde les vagues qui viennent donc s'échouer sur le rivage, et rincent mes pieds des petits éclats de sang, dûs à ma petite préparation de poisson que l'on ne goutera pas aujourd'hui en fait.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Sam 22 Sep 2018 - 23:55
Et visiblement … ça ne passerait pas.

Jean s'en rendit rapidement compte lorsqu'elle vit le corps du canadien se tendre face à ce qu'elle venait de lui dire. Sous sa peau, ses muscles s'étaient contractés, devenant encore plus visible que d'ordinaire, comme s'il était prêt à bondir pour passer à l'attaque, alors que le regard qu'il lui lançait était devenu subitement encore plus sombre qu'habituellement, ses sourcils se fronçant dans une expression de colère évidente. D'un revers de main rageur, il envoya les filets découpés dans le poisson, voler dans le sable de la plage, avant de se relever d'une impulsion de ses jambes, pour se tenir face à Jean. Et même si elle n'en menait pas large, impressionnée par la réaction que Logan venait d'avoir, ainsi que par la carrure de ce dernier, la rousse ne céda pas un pouce de terrain, continuant de le fixer droit dans les yeux. Pourtant, lorsqu'il fit ce petit mouvement de tête pour faire craquer sa nuque, un geste nerveux qu'il faisait sans s'en rendre compte lorsqu'il était contrarié, la télépathe eut du mal à déglutir sa salive, sa gorge soudainement plus serrée que précédemment.

Un instant, un silence de plomb sembla s'emparer de l'île, uniquement perturbé par la respiration sourde et puissante du mutant énervé. Finalement, il prit la parole. Il tenait dans un premier temps à clarifier certaines choses, puisque de toute évidence, il avait bien compris que Jean souhaitait connaître ce qui pouvait à ce point l'angoisser. Ainsi, il précisa qu'il ne craignait nullement qu'elle lui en veuille pour ce qu'il s'était passé une décennie plus tôt, conscient qu'elle avait bien compris ce qui l'avait conduit à faire ce choix. Personne d'autre n'aurait pu le faire selon lui.

Du bout de l'index, le canadien indiqua sa tempe, faisant référence à son esprit et à sa mémoire, avant de préciser qu'il était question de ceci. Leurs souvenirs étaient une chose compliquée. Pourtant, ils avaient réussi à composer avec, à se reconstruire à chaque fois, et même, à se trouver. Le retour de Jean à la vie avait été pour lui un nouvel espoir, un soulagement, mais également quelque chose de perturbant. D'après lui, elle était … la même qu'avant sa mort. A une exception prêt. Aujourd'hui, c'était avec lui qu'elle était en couple. C'était lui qu'elle avait choisi, et pas Summers. Dans sa voix, Jean pouvait sentir toute l'émotion et toute la tension qui habitait Logan, cette forme de rage qu'il avait, cette passion qui l'animait lorsqu'il s'agissait d'elle … mais également la peur. La peur de la perdre, que tout ceci ne s'arrête … qu'on lui arrache ce qu'il avait de plus précieux au monde : elle. C'était cette idée qui le mettait dans cet état. Plus il faisait part de ce qui le préoccupait, plus son intonation se faisait forte et emportée, signe qu'ils étaient en train de toucher un point sensible chez lui.

En l'écoutant parler, Jean comprit qu'il était convaincu que la rousse était en couple avec lui uniquement parce qu'elle ne se souvenait pas de Scott. Si dans une première vie, c'était Summers sur lequel elle avait jeté son dévolu, alors, le canadien était persuadé qu'il en serait de même si demain, Jean venait à se rappeler de ce qu'elle éprouvait pour le mutant aux lunettes en quartz rubis. En comprenant cela, la télépathe se détendit complètement, esquissant même un sourire attendri, alors que le canadien s'éloignait d'elle pour aller se placer face à la mer. Alors que le silence retombait, l'île retrouvant les sons naturels qui l'habitaient, Jean observa le mutant. Elle comprenait mieux à présent l'attitude qu'il avait eu … ses motivations. Et elle les trouvait louables. A en juger par la posture qu'il avait encore, il était toujours aussi tendu et contrarié. Discuter n'était pas toujours chose simple avec un animal farouchement amoureux. Et c'était encore plus vrai lorsque l'animal en question se dévalorisait au point de s'en blesser. Il ne tenait donc qu'à Jean de le rassurer.

Calmement, elle marcha vers lui, sans chercher à dissimuler son approche, afin de ne pas le surprendre, si toutefois c'était quelque chose de possible. Mais, perdu dans ses pensées comme il l'était actuellement, à ressasser ses à-priori, Jean préférait ne prendre aucun risque. Elle s'arrêta à quelques pas de lui, dans son dos.

« Excuse-moi, lui dit-elle avec douceur et compassion. Je n'avais pas conscience de cette crainte. Je … »

La phrase de la rousse resta inachevée, alors qu'elle baissait les yeux, posant son regard sur les mollets de Logan, sans véritablement les fixer. Nerveusement, elle se mordilla la lèvre inférieure. Elle n'aimait pas le voir souffrir ainsi … et encore moins à cause d'elle. Alors … qu'il n'y avait absolument aucune raison. Mais comment lui faire prendre conscience qu'il n'y avait aucun risque ? Lui qui avait connu le temps où Jean et Scott étaient ensemble … Lui qu'elle n'avait pas choisi la première fois … Comment le convaincre qu'aujourd'hui, c'était différent. A moins que …

Relevant les yeux sur le dos du mutant, sans cesser de ce mordiller la lèvre, elle releva une main en direction de l'épaule de Logan … avant de suspendre son geste à mi chemin. Un instant, elle hésita … avant de finalement, la baisser. Ce qu'elle venait de s'apprêter à faire ... ce n'était pas rien ... c'était plus que tout ce qu'elle avait déjà partagé avec lui jusque là. Ce qu'elle avait été sur le point de faire réclamait une confiance absolue en l'autre ... car cela impliquait de s'exposer ... de se rendre totalement vulnérable. Si bien que Jean n'était pas certaine que ce soit totalement judicieux. Pourtant ...

Prenant une profonde inspiration, comme pour se donner du courage, la rousse acheva de franchir la distance qui les séparait, finissant par se coller dans le dos de Logan, l'enlaçant au niveau des hanches, avant de poser son visage sur sa nuque avec affection. Chaque geste s'était fait avec une délicatesse témoignant de son amour pour lui.

« Je vais ... te montrer … ce sera plus simple », annonça-t-elle naturellement malgré une légère anxiété dans la voix.

Fermant les yeux, et resserrant légèrement ses bras autour de la taille de Logan, Jean expira doucement avant d'user de son pouvoir télépathique pour relier leurs deux consciences, ouvrant son esprit à celui du canadien. Cela n'avait pas été bien compliqué. Elle n'avait eu qu'à se servir de ce lien si particulier qui existait entre eux depuis … depuis qu'il était ce qu'il était pour elle, puis d'abaisser ses défenses ... d'ouvrir cette intimité que nul autre humain n'avait le pouvoir de dévoiler. Se concentrant sur ce qu'elle éprouvait pour lui, elle le laissa sentir son amour au sens le plus pur du terme, un amour sans limite pour lui, cette passion démesurée et viscérale pour l'homme qu'il était, ce besoin vital de l'avoir dans sa vie. Il était l'une de ses priorités. Son bonheur était l'une de ses priorités. En le laissant pleinement accéder aux sentiments qu'elle éprouvait pour lui, il n'y avait plus de non-dit … juste la vérité dans le plus simple de ses apparats. Jean nourrissait pour Logan un attachement au delà de tout entendement. Il était l'une de ses raisons de vivre, et elle éprouvait pour lui quelque chose de beau, de chaud et d'intense, quelque chose d'éblouissant et de galvanisant ... quelque chose de comparable à une étoile. Aujourd'hui, sur cette plage, il était placé face à cette vérité enivrante … une vérité qu'une entité cosmique qu'il n'appréciait guère avait pourtant déjà tenté de lui faire comprendre quelques mois plus tôt. Ainsi, durant un instant, la conscience de Logan baigna dans l'affect psychique que lui portait la femme qui se tenait à ses côtés depuis quelques temps.

Fermant son esprit, Jean mit doucement fin à cette démonstration, les ramenant tous les deux sur cette île perdue en pleine mer. Lentement, elle desserra son étreinte, avant de se détacher de Logan en faisant un pas en arrière dans une attitude presque désolée. Jamais auparavant elle ne s'était mise à nu à ce point devant quelqu'un. Mais s'il y avait bien une personne avec qui elle devait le faire … alors, c'était avec Logan. Sans aucune hésitation.

« Tu … tu n'as aucune raison de t'inquiéter, finit-elle par lui dire avec une voix chargée d'émotion et un timide sourire en coin. Aujourd'hui ... dans cette vie ... c'est toi que je choisis, Logan. »
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mar 25 Sep 2018 - 15:55
R.I.P, Old Friend


Est-ce que j'attendais quoi que ce soit, en faisant ainsi part de cette crainte qui m'habite? Très franchement, non. D'ailleurs, si vous me demandiez de répéter mot pour mot ce que je viens de dire, j'en serais incapable. C'est trop confus. Je suis muré dans cette part d'irrationalité couplée à de la bestialité qui font qu'à cet instant très précis, j'ignore complètement tout ce qui m'entoure.

C'est pour cela que j'ai comme un réflex, quand la rouquine vient se placer contre moi, dans mon dos. Je sens mon poing se serrer, je sais qu'il ne faut rien pour qu'un coup de coude parte. Mais je me contiens. Je reviens sur cette île, où nous devions elle et moi passer un moment agréable. Je n'ai pas entendu ce qu'elle a dit avant de s'approcher. Quand elle annonce qu'elle va me montrer, je regarde autour de moi, car je ne comprends pas du tout à quoi elle est en train de faire allusion.

Et c'est là qu'un spectacle indescriptible se produit. Usant de ses pouvoirs, la télépathe me fait percevoir l'amour qu'elle me porte. Je sais que formuler ainsi, cela parait idiot, mais c'est ce qui se passe. Elle n'a même pas besoin de me préciser ce qu'est cette lumière douce, chaude et réconfortante. Je le sens parfaitement dans mes tripes. Je n'ai aucun doute là-dessus. Néanmoins, quand la démonstration prend fin, la rouquine prononce quelques mots qui se veulent rassurants. Mais après un tel... Je ne sais pas comment dire... un tel show, les mots sont superflus.

Nous sommes maintenant séparés d'à peine plus d'un pas, et elle et moi faisons face à l'étendue d'eau salée qui s'anime inlassablement. Ce qu'elle vient de m'offrir, c'est quelque chose d'hyper fort. Je l'envie, car elle est capable de donner une couleur, une texture, à cet amour qu'elle a pour moi, et elle a pu me le montrer. Jamais je ne pourrai faire la même chose.

Enfin... Si, d'une certaine manière. La force des sentiments que j'ai à l'égard de Jean est teintée d'un rouge sanguin. Ce même rouge qui coule à chaque fois que j'ai utilisé mes griffes pour mettre fin aux vies de ceux qui lui voulaient du mal. Elle a la texture coagulée de ce même liquide déversé sur mes vêtements lors des affrontements auxquels j'ai pris part. Elle est ...

Je réalise que non, jamais je ne pourrai lui prouver de manière aussi puissante, poétique et splendide que je l'aime. A cette pensée, mes épaules s'affaissent et un long soupir vient s'échapper de ma bouche. Mais sur les hanches, je finis par me retourner.

L'ambiance est bien moins pesante qu'il y a encore une minute, cela ne veut pour autant pas dire que tout est redevenu serein. Regardant le docteur Grey dans les yeux, je ne vois qu'une seule façon de faire, pour que cette situation évolue de façon positive.

- Je ... C'était ... Je fais * Non * de la tête. Son sens? Incroyable.

Voila, ça, c'est dit. Parce que je ne peux pas dire ce qui, je l'espère, rendra cette gêne presque palpable bien moins inconfortable sans commenter ce qui vient de se produire. Et comme c'est maintenant chose faite, je glisse un:

- Tu m'as vraiment traité de "vieil entêté acariâtre"? de façon tout à fait sérieuse!

De deux choses l'une, soit elle comprend que ce n'est qu'une boutade, soit je n'ai fait qu'anéantir un des instants les plus purs et les plus beaux que je n'ai jamais vécu jusque là. Mais afin de dissiper tout malentendu, je me mets à sourire, très légèrement en coin, tout en lui tendant une main et en articulant un "Je t'aime" parfaitement inaudible.
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MessageSujet: Re: R.I.P, Old Friend - PV Jean   Mer 26 Sep 2018 - 19:10
Comme figé par ce qu'il venait de percevoir, tétanisé par ce qu'il venait de vivre, Logan resta plusieurs secondes aussi immobile que silencieux face à la mer. Jean l'avait bien senti se crisper légèrement, comme s'il était sur la défensive, lorsqu'elle l'avait enlacé. Pourtant, progressivement, il s'était détendu entre ses bras alors qu'elle laissait agir son pouvoir. Mais à présent qu'elle avait terminé de lui montrer ce qu'elle voulait lui faire voir, il ne semblait plus en mesure de réagir d'une quelconque façon. Un court instant, la rousse s'en inquiéta même. Alors, les épaules du mutant s'affaissèrent légèrement telle une manifestation de son abattement soudain, accompagnées d'un long soupir de sa part. Même si une certaine insatisfaction se dégageait de cette réaction, elle n'était en rien comparable à précédemment. Non. Cela avait plus du ressort de la résignation.

Logan se tourna afin de faire face à la rousse, les mains posées sur ses hanches. Encore un moment, il la fixa dans les yeux sans dire un mot. Pourtant, son visage semblait plus détendu, et dans son regard, quelque chose avait changé. Jean pouvait y retrouver l'étincelle qui habitait le canadien lorsqu'il posait les yeux sur elle en temps ordinaire. Difficilement, il tenta de prononcer quelques mots, sans réellement parvenir à tenir des propos compréhensibles. Il était encore sous le coup de l'émotion, c'était à présent une évidence pour la télépathe. L'expérience qu'il venait de vivre était visiblement indescriptible, et d'une rare intensité. Puis, regagnant une expression sérieuse, Logan lui demanda si elle l'avait réellement qualifié de vieil acariâtre entêté, propos devant lesquels, la rousse ne put s'empêcher de rouler des yeux vers le ciel avec un sourire en coin, mi désolée, mi amusée.

Oui, c'était bien ce qu'elle avait dit, précisant également que c'était un trait de son caractère qui contribuait à son charme. Bien rapidement, un sourire remplaça l'expression sérieuse du canadien, alors qu'il tendait une main en direction de la mutante, tout en articulant une phrase que Jean parvint sans difficulté à comprendre en lisant sur ses lèvres. Sans hésiter, elle saisit cette main tendue avec douceur, avant de se rapprocher de Logan tout en lui souriant affectueusement, pour venir se caler contre lui. Puis, se hissant sur la pointe des pieds, elle vint déposer un baiser avec tendresse au coin des lèvres du mutant, avant de le regarder avec un sourire malicieux.

« Oui … mais tu es mon vieil entêté acariâtre. »

Glissant ses mains sous les bras du canadien, Jean l'enlaça et se serra contre lui, calant son visage sous le menton de ce dernier. Un discret sourire d'insouciance sur les lèvres, elle resta ainsi contre le mutant, se contentant de simplement pouvoir ressentir sa personne auprès d'elle, savourant une nouvelle fois ce petit moment. Tendrement et sans même s'en rendre véritablement compte, elle laissa l'une de ses mains lui caresser le dos lentement.

Madripoor et ses environs, malgré tout ce qu'ils avaient pu faire endurer à Jean ces derniers jours, avaient au moins eu le mérite de mettre leur couple à rude épreuve, et ainsi, de renforcer plus que jamais leur relation. A présent, Logan savait parfaitement à quoi s'en tenir avec elle. Si jamais il avait eu quelques doutes, elle espérait qu'après ce qu'elle venait de partager avec lui, ce n'était plus à l'ordre du jour.

« Je n'aime pas quand on se dispute …, finit-elle par confesser d'une voix ténue, alors qu'elle était toujours contre lui. Je suis désolée si j'ai … gâché cette journée. Je sais bien que ça te tenait à cœur que l'on passe un moment agréable ici, tous les deux … que c'était aussi un besoin pour toi avant … avant les prochaines jours. »

Un bras toujours autour de la taille de Logan, elle ramena pourtant instinctivement son autre main pour venir machinalement caresser avec douceur du bout de l'index le haut du torse de ce dernier, suivant du regard ce geste. Il y avait dans cette action quelque chose de rassurant et de réconfortant pour elle, sans même qu'elle ait véritablement conscience de ce qu'elle faisait.
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