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And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen

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Justicier
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MessageSujet: And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen   Sam 28 Juil 2018 - 14:41
Titre du rp
Statut du sujet : Privé ft. Stephen Strange
Date du rp : présent.
Météo & moment de la journée : //
Autre : Dark Dimension



We were born to be together
Clea & Stephen

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Allongée sur le dos dans une simple couchette à même le sol, ses grands yeux clairs fixent sans vraiment le voir, le plafond de la cavité rocheuse au-dessus d’elle. Elle est venue se coucher quelques heures plus tôt avec l’espoir de trouver un peu de repos mais, n’étant pas à l’abri dans les bras de son aimé, Clea ne parvient pas à laisser son corps se reposer. Pourtant tout son être aurait besoin de dormir, de lâcher prise le temps d’une nuit, pour reprendre des forces. Mais son âme, elle… Elle ne peut s’apaiser alors que sa moitié est si loin, dans une autre dimension. Sa tête se tourne, elle regarde la place vide à côté d’elle, elle le sent si proche et pourtant si lointain. Il est probablement là dans leur lit, dans l’exacte même position que Clea, à sentir sa présence de l’autre côté du voile dimensionnel, à lutter contre ce vide qui les habite à chaque séparation, sans pouvoir prendre sa main. C’est une torture. La pire de toute. Ses paupières se ferment avoir force, si seulement elle pouvait mettre son coeur dans une boite, juste le temps de leur séparation, pour ne plus souffrir, pour trouver un peu de paix au milieu de cette nuit. Son coeur seul ne suffirait pas, de toute façon. Son âme a besoin de retrouver sa moitié, son corps réclame celui de Stephen, ses baisers, ses caresses, leurs doigts entrelacés. Tout. Elle s’est demandée, si à force, ils s’habitueraient à ces séparations, à ces longs jours, semaines, sans l’autre. Force est de constater que non, c’est l’inverse qui se produit. Chaque adieu n’en devient que plus douloureux, il est de plus en plus difficile à Clea de retourner dans sa dimension tout en laissant une partie d’elle sur Terre, le laissant lui.

Du revers de la main, la blonde vient essuyer ses yeux larmoyants et elle se redresse sur la couche. Dormir lui est impossible. L’envie est grande, de se téléporter dans leur chambre pour venir se blottir entre les bras de Stephen. Juste quelques heures pour apaiser leurs coeurs à l’agonie. Elle peut presque sentir la chaleur de son corps contre le sien, ses lèvres sur son front, sa tempe et ses doigts qui glissent dans ses longues mèches argentées. Elle l’entend si clairement, lui murmurer qu’il l’aime. Son coeur éclate et une vague de douleur s’abat brusquement sur elle, la faisant se recroqueviller sur elle-même. Non, elle ne peut pas faire ça. Ne peut pas revenir pour juste une poignée de minutes, pas en sachant à quel point ils auront mal de se lâcher. C’est irraisonnable, tout comme l’est leur amour. Une inspiration, Clea décide d’ignorer la douleur dans le creux de son ventre et quitte sa couchette en enjambant les autres rebelles endormis. Ce qu’elle peut envier leur sommeil… Depuis le dernier massacre de Dormammu et grâce également au recrutement intensif de Rhal, les rangs se sont regonflés et la lutte est repartie de plus belle.

Il est penché au-dessus de la table de pierre, ses cheveux bruns cachent une partie de son visage mais Clea peut rapidement voir qu’il a l’air soucieux. Elle s’approche, lui donne une petite tape sur l’épaule pour le tirer de ses pensées. Il sursaute, se redresse brusquement avant d’esquisser un sourire en voyant Clea :

« Ne devrais-tu pas être en train de dormir ?
-Je pourrais te retourner la même question. » Répond Clea avec un sourire taquin.

Tous deux rient légèrement pour finalement se pencher ensemble sur les documents étalés sur la table. Ils restent là de longues heures, à discuter d’un nouveau plan d’action, de trouver également plus de lieux où se cacher. Les yeux de Rhal se posent sur la bague brillante au doigt de Clea, il la désigne d’un mouvement de la tête.

« Je ne l’avais jamais vue.
-Oui je… Je préférais la dissimuler, pour éviter que Dormammu ne connaisse mon attachement pour Stephen… Elle regarde à son tour le saphir à son doigt. Mais je ne me sens plus de le cacher… »

Il y a ce long soupir puis ses quelques larmes qui osent glisser sur sa peau pâle. Le bras de Rhal vient se poser sur ses épaules dans une étreinte fraternelle, réconfortante. Quarante ans qu’ils se serrent les coudes, comme le ferait un frère et une soeur ; c’est tout ce qu’ils sont, à leurs yeux. Ils n’ont jamais rien vu de plus chez l’autre.

« Hey, tu le reverras bientôt… Puis la guerre ne va pas durer éternellement. »

Les yeux noyés de larmes, Clea se contente de hocher de la tête en essayant de trouver un peu de réconfort dans les mots de son ami.

« Peut-être devrais-tu demander de l’aide à Umar…Tu l’as bien fait une première fois..
-Il est hors de question que je demande quoi que ce soit à ma mère ! On a tous vu le résultat, je ne peux pas faire confiance à mon propre sang. Non, je dois affronter mon oncle seule. »

Comme une bulle qui éclate brusquement, sa magie se met à crépiter dans ses veines, à danser en sentant celle à laquelle elle est liée. Clea fait volte-face pour tomber sur lui. Stephen. A quelques mètres d’eux. Le coeur de Clea se met à battre à toute vitesse, il est là, il ne le devrait pas mais qu’importe, il est là et déjà elle peut sentir la douleur se faire moins vive. Elle se précipite vers lui, s’arrête à mi-chemin en voyant son regard, son attitude. Sa froideur a envahi toute la pièce, enveloppé Clea qui ne comprend pas. Ses yeux suivent son regard, rivé sur Rhal.

« Stephen, je te présente Rhal, mon bras-droit. »

Rhal s’est avancé vers eux, gardant néanmoins une certaine distance en sentant l’hostilité de Strange.

« Ravi de faire finalement votre connaissance. J’ai longuement entendu parler de vous. »

Voilà. Tout devrait être réglé, non ? Clea regarde à nouveau son aimé qui… Ne semble pas retirer cette armure de froideur qu’il a revêtue. Elle se rapproche, pose une main sur son bras, légèrement inquiète.

« Stephen, mon amour, ça ne va pas… ? »

Si seulement elle savait.


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Sorcier Suprême
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MessageSujet: Re: And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen   Jeu 13 Sep 2018 - 19:50

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Stephen & Clea
And it hurts like hell to be torn apart



Le silence. Pendant quarante ans, Stephen l'avait recherché à chaque instant de son existence. Fuir la foule, fuir le monde de tous les jours qui tournait sans lui, et dans lequel, au fond, il se sentait étranger depuis ses jeunes années. Il avait recherché la quiétude dans la méditation, et la méditation se trouvait principalement dans ce silence autrefois reposant. Mais aujourd'hui, le silence qui régnait dans le Sanctuaire, dans sa chambre, leur chambre, lui était insupportable. Il était tonitruant, agaçant, douloureux, et lui refusait tout sommeil un tant soit peu apaisant. Ne plus entendre sa lente respiration, ne plus sentir le régulier battement de son coeur contre son propre torse, ne plus sentir dans le creux de ses bras, la chaleur de cet être qui complétait le sien, était une épreuve à laquelle Stephen n'était définitivement plus habitué.

Dans ce lit froid, recroquevillé sur le flanc, tourné vers cette place vide, il lui était impossible de trouver le repos. Sa main serrée sur le pendentif à son cou, le magicien luttait pour résister à cette tentation viscérale qui lui intimait de céder, de la rejoindre, là-bas, de l'autre côté, même si ce ne devait être que pour quelques minutes. Même pour un seul baiser, un seul regard. Juste pour apaiser cette souffrance tapie au fond de lui. Son esprit, ses souvenirs, jouaient contre lui. Dès qu'il fermait les yeux, cherchait le sommeil, ce n'était que pour tomber face à ses yeux, son visage, tout près du sien, dans ce lit. Et sa main se crispait plus encore sur son pendentif. Plus ils se voyaient, plus il lui semblait difficile de se séparer d'elle. De ne pas savoir quand il la reverrait, ni s'il la reverrait. Ces montagnes russes de joie et de chagrin mettaient à mal la moindre de ses convictions. Sur son rôle, sa vie, ses ambitions. Terribles et dangereuses remises en question intérieures face à cet amour incendiaire qu'il nourrissait pour elle.

Puis, une alerte, une urgence. Presque une libération. Il bondit hors du lit, revêtit sa tenue et rejoignit la dimension attaquée avec une précipitation nerveuse. Travailler, quitter ce lit vide et froid, se noyer dans ses obligations pour échapper à ces maux du coeur et de l'âme qui l'assaillaient. Presque une question de survie. Occuper ce temps perdu à ne pas être auprès d'elle par quelque chose occupant ses pensées, quelque chose d'utile. Tant pis s'il accumulait le manque de sommeil. Il profita de l'occasion pour défouler sa frustration. Sa colère aussi, secrète, mais toujours là dès que, elle, ne l'était plus. Une colère tournée vers ce destin, cette vie qui refusait de les laisser s'aimer. Qui n'avait de cesse de les réunir pour mieux les séparer ensuite. Stephen savait qu'il avait un devoir de maîtrise émotionnelle, qu'il avait été formé ainsi à Kamar-Taj. Mais le détachement se faisait toujours plus difficile à chaque fois qu'il regardait sa silhouette si parfaite traverser le portail qui la ramenait dans sa dimension.

Et à cette seule vision, tandis qu'il achevait de refermer la brèche dimensionnelle qui avait causé du tort dans une zone isolée d'Afrique du Sud, il choisit lui-même de ne pas revenir au Sanctuaire. Il ne le pouvait pas. Elle lui manquait bien plus qu'il ne pouvait encore le tolérer, après plus d'une semaine séparés l'un de l'autre. S'il ne pouvait s'autoriser à l'aider sans raison, il pouvait tout de même aller la voir. Juste la voir. Sans interférer. Quand bien même ne le pouvait-il pas, après un énième combat haletant et exténuant, il n'était pas en état psychologique de l'accepter. Il voulait juste la voir, et il allait le faire. A cette seule idée, son coeur déjà reprit un rythme bien plus vivant qu'il ne l'avait été ces nombreux derniers jours. Invoquant subtilement l'enchantement du pendentif, le portail qu'il traversa le fit pénétrer dans la Dimension Noire, à l'entrée de la grotte, au plus près possible de celle qui le lui avait offert il y avait de cela bien des années. Visible mais dissimulé par des enchantements, afin d'atténuer sa magie et ne pas risquer d'attirer les sens alertes de Dormammu, Stephen avança dans les lieux, impatient de la retrouver, ignorant les rebelles endormis un peu partout qu'il dut enjamber. En entendant sa voix, son coeur bondit de plus belle, comme prêt à sortir de son thorax pour la rejoindre enfin.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Mais elle n'était pas seule, et la voix masculine qu'il perçut petit à petit changea progressivement sa joie en une inquiétude d'abord faible, mais qui se fit de plus en plus dévorante. Il les vit alors, et se figea. D'abord, parce que ce qu'il entendit résonna brusquement dans son esprit comme un coup de massue, qu'il douta d'avoir bien entendu tant il s'était attendu à tout sauf à cela. Dormammu, son oncle ? Etait-ce une plaisanterie ? Son inquiétude se changea en colère. Le pire fut probablement ce qu'il vit bien plus que ce qu'il entendit. Un homme avait son bras autour des épaules de Clea. Sa Clea. Pire encore, ils souriaient, parlaient de Dormammu comme si tout cela était normal, comme si c'était su depuis toujours. Comme si ce secret qu'elle lui avait caché depuis le début, n'existait que pour lui, et personne d'autre.

Brusquement, son esprit perdit pied. Des images de Clea dans les bras de cet homme flashèrent devant ses iris rongés par le choc et la colère. Il l'imagina, ces quarante dernières années, lui offrir ce qu'il pensait n'appartenir qu'à lui. Ses caresses, ses regards, ses baisers. Il réalisa que finalement, il ne savait rien d'elle, de ce qu'elle était devenue, de ce qu'elle avait fait, pendant ces quarante années. Elle ne lui avait dit que ce qu'elle voulait bien lui dire. Mais des hommes, elle en avait forcément côtoyés, peut-être aimés, même, à en juger par cette complicité qui transpirait dans leurs gestes et leurs contacts. Tout comme lui avait noyé son chagrin dans les bras d'autres femmes. Naïf. Voilà ce qu'il avait été. Naïf de croire qu'il n'y avait que lui. Naïf de croire qu'il avait suffit de la retrouver pour regagner sa confiance, pour mériter ses secrets, qu'elle préférait donner à d'autres.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Douche froide. Littéralement. Et ce sang qui battait furieusement ses veines et ses tempes désormais, sous le joug d'une colère mêlée de peur et de trahison. De quoi draper le sorcier d'un voile glacial qui crispa chaque parcelle de son corps tandis qu'il plantait son regard perçant droit sur eux. Eux qu'il ne pouvait s'empêcher d'imaginer enlacés le soir venu, à son insu, dès qu'elle revenait ici, chez elle. Ils le virent alors.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Le regard noir braqué sur l'homme auprès d'elle, il descendit d'un dernier pas vers eux avant de ne plus bouger, serrant les poings pour se retenir de céder à l'envie furieuse qui lui intimait de l'attaquer, de le frapper, l'ensorceler, pour ne pas dire le tuer, dans un pur instinct primaire aussi incontrôlable que la jalousie qui irriguait ses veines. Stephen avait toujours été un homme fier, orgueilleux, et toute rivalité réelle ou non réveillait ses plus bas instincts en la matière. Mais plus encore, il était un homme terriblement possessif, pour bien des raisons liées à son passé, en plus de sa personnalité naturellement exclusive. Ce fut à peine s'il vit Clea s'approcher vers lui, ne retenant que le prénom de cet homme qui captait toute sa plus terrifiante attention. Homme qui osa lui parler. Poliment. Elle fit mine de ne pas comprendre, de ne pas voir ce qui n'allait pas, d'oser lui demander pourquoi ça n'allait pas. Autant de raisons qui attisèrent la folie qui s'emparait du sorcier au coeur broyé par les angoisses et la haine.
« C'est étrange. Je n'ai au contraire jamais entendu parler de vous, » rétorqua-t-il sur un ton ne peut plus cynique, fixant toujours le dénommé Rahl. Mais son sarcasme visait clairement Clea, à qui il n'accordait volontairement aucun regard, aucun signe. S'il le faisait, il savait que cette fureur qui l'habitait le submergerait, parce que la seule pensée qu'elle partage son lit avec un autre homme le rendait fou. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit sur lui ? Pourquoi lui cacher son existence si cela ne signifiait rien qui puisse mettre en danger leur propre relation ?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Mais je vous en prie, continuez, je ne voudrais pas vous interrompre, vous étiez en pleine conversation sur Umar, Dormammu, sur ta mère, ton oncle, je crois. A moins qu'il ne s'agisse des mêmes personnes, je ne sais pas. » La hargne vibrait dans sa voix, témoignant du mal qui l'habitait quant à retenir tout geste, toute action impulsive, contenue dans cette posture droite et stoïque qu'il arborait. « Mais quelle importance, du moment que ton bras-droit est au courant. Tu as visiblement toute confiance en lui. » Son regard se planta dans celui de Clea, définitivement accusateur. Sa voix avait accentué volontairement les mots "bras-droit" et "toute". Elle s'était confié à ce Rahl, et pas à lui. Lui qui se pensait unique dans sa vie, jusqu'à aujourd'hui. Combien de fois avaient-ils passé leurs nuits à parler entre deux élans de passion ? Combien d'occasions avait-elle eu, au creux de leurs draps, de lui parler de tout cela ? De lui. Car bien plus que sa filiation révélée, c'était ce Rahl qui nourrissait toutes ses angoisses. Et dire qu'il s'était tourmenté pour elle à en perdre le sommeil. Tout ça pendant qu'elle retrouvait en vérité d'autres bras que les siens. « Un dans une dimension, un autre dans l'autre. Dis-moi, à lui aussi tu lui as offert un pendentif ? » l'interrogea-t-il, plus cynique à chaque mot qui franchissait ses lèvres vibrantes de colère. Mais aussi, et surtout, de douleur, origine de toute violence malmenant les coeurs même les plus détachés.



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all smile, I know what it takes to fool this town, I'll do it 'til the sun goes down
I'm unstoppable, I'm invincible, I win every single game
I'm so powerful, I don't need batteries to play
I'm so confident, I'm unstoppable today
sia - unstoppable


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MessageSujet: Re: And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen   Ven 14 Sep 2018 - 20:03
We were born to be together
Clea & Stephen

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] L’ambiance dans la pièce est devenue glaciale. L’aura de Stephen, cette aura emplie de hargne, colère, s’est répandue tout autour d’eux. Et Clea ne comprend pas. Clea ne comprend pas pourquoi il est ainsi. Ses yeux observent les traits de son visage, il est épuisé, a des coupures sanglantes ça et là; ce qui ne fait qu’augmenter l’inquiétude grandissante en son sein. Elle peut aisément lire dans ses iris bleues qu’un ouragan arrive, qu’il va se déferler sur eux et tous les balayer d’un revers de la main. Iris, toujours fixés sur Rahl, en retrait. Pourquoi le fixe-t-il ainsi ? Pourquoi tant d’animosité alors même que le brun n’a rien fait qui pourrait mettre le magicien dans un tel état ? Puis la voix de Stephen résonne, avec cette voix acide qui vient fissurer le coeur de Clea. Elle comprend. Ces quelques mots suffisent à faire lever le voile du doute et il est vrai que la blonde n’a jamais ne serait-ce que fait mention de l’existence de Rahl. Elle ignore pour quelles raisons, d’ailleurs. Elle n’a rien à cacher, rien qui pourrait la faire se sentir honteuse mais elle ne l’a pas fait. Sûrement est-ce une erreur, sûrement n’avait-elle pas envie de voir Stephen soucieux, jaloux et sûrement espérait-elle qu’il ne rencontrerait pas son ami ainsi… Tout comme il n’aurait pas à apprendre ses origines par erreur. Elle aurait dû le dire plus tôt, ne pas chercher à cacher ce secret qui n’en est pas un dans sa dimension. Tout le monde le sait. Sauf Stephen. Une vague de culpabilité envahit la jeune femme, il ne mérite pas d’être mis à l’écart, d’être resté aussi longtemps dans l’ignorance.

« Je… Je suis désolée. Je sais que j’aurais dû te parler de ma filiation… J’avais juste peur que tu le prennes mal. » Dit Clea avec la tête un peu basse, comme une enfant prise sur le fait.

Qu’importe ce qu’elle peut lui dire, Stephen ne l’entend pas. Ne l’écoute plus. Il ne semble écouter que sa jalousie grondante, envahissante et ne pas vouloir prendre en considération la moindre parole que Clea pourrait dire. Le fait qu’il ramène Rahl dans la conversation, ne fait que tiquer un peu plus la blonde qui se tourne vers son ami.

« Pourrais-tu nous laisser seuls, je te prie ? »

Il hoche de la tête, se dépêche de quitter la pièce sans demander son reste, ne souhaitant clairement pas se retrouver au milieu de la dispute des deux sorciers. D’un geste de la main, Clea lance un sort pour insonoriser la pièce, elle n’a pas la moindre envie que qui que ce soit les entende. Cela ne regarde personne d’autres qu’eux. Elle arrive, cette violente tempête. Elle qui ne rêvait que d’une chose : pouvoir se jeter dans ses bras pour l’embrasser, sentir la chaleur de son corps, juste profiter de lui, de sa présence. Sûrement est-ce ce que lui aussi, est venu chercher dans la dimension pour finalement ne trouver que la rage et la jalousie. Si elle pouvait éviter la dispute, faire comprendre à Stephen qui se trompe. Juste lui expliquer. Calmement. C’est ce qu’elle doit faire, ne pas se laisser intimider face à l’attitude du Sorcier Suprême.

« Stephen, je pense que tu fais f-… »

Sa voix se meurt alors qu’il l’interrompt si brusquement. Ces dernières phrases qu’il prononce, qui s’échappent de ses lèvres… Elles assomment Clea comme le ferait un violent coup de massue. L’incompréhension puis les images, celles qui passent par l’esprit torturé de Stephen, s’imposent dans la tête de la blonde qui a un mouvement de recul. Tout ce qu’il pense, ce dont il accuse si injustement Clea, alors même que cela ne lui viendrait même pas à l’esprit d’en aimer un autre, de partager son lit avec qui que ce soit d’autre que lui. Ses yeux se remplissent de larmes, encore une fois, tandis que la colère fait exploser son coeur, l’empêche de réfléchir correctement. Elle n’écoute plus que ses émotions, que la douleur qui écorche son coeur, son âme. Clea ne contrôle plus rien, pas même ses mouvements et c’est une violente gifle qui s’abat sur la joue de Stephen avec, tout de même, l’espoir que ça lui fera entendre raison.

« Mais est-ce que tu t’entends, Stephen ? Comment peux-tu dire des choses pareilles ? Ou même imaginer. Commence-t-elle, en essayant de garder un ton aussi calme que possible mais sa voix tremblante la trahit. Je ne suis pas comme toi. Ce n’est pas parce que tu as passé ces quarante dernières années à aller d’un lit à un autre, que j’ai forcément fait la même chose. »

Le goût de l’amertume se répand dans son palais. Elle sait, qu’elle ne peut pas lui reprocher ces années, les aventures qu’il a eues car il en avait le droit, le droit d’aller se retrouver dans d’autres bras, d’oublier Clea ou d’essayer. Mais visualiser Stephen avec une autre, comme lui vient de le faire avec Rahl, lui fait incroyablement mal. Sauf qu’elle sait. Que c’est dans le passé. Qu’il n’y a personne d’autre qu’elle. Cela ne semble pas être le cas pour Stephen qui, n’a toujours rien compris à une chose pourtant si simple.

« Je ne devrais même pas avoir à me justifier pour une faute que je n’ai pas commise et que je ne commettrai jamais. Quand réussiras-tu à comprendre qu’il n’y a jamais eu personne d’autre que toi ?! Qu’il n’y a que toi. »

Clea serre ses poings avec force, elle veut lutter contre la colère qui gronde. La dernière fois qu’ils se sont ainsi disputés, c’était à son retour et la blonde n’en garde pas un excellent souvenir. Elle déteste être en conflit avec lui, déteste qu’il ne puisse pas lui faire confiance à elle ou aux sentiments puissants et sincères qu’elle a pour lui. 

« Que t’imagines-tu ? Que je ne fais que feindre la douleur qui me déchire le coeur à chaque fois que je dois revenir ici ? Juste pour étouffer les soupçons que tu pourrais avoir sur ma liaison imaginaire ? Celle qui enflamme si facilement ton imagination et ton orgueil. » 

Et quelle imagination débordante ! Vraiment, un véritable talent. Les images qu’il a d’elle et Rahl sont tellement claires et précises… Cela en donnerait presque la nausée à Clea qui essuie d’un revers de la main ses yeux avant d’ouvrir un portail menant directement vers le Sanctum.

« Je pense que tu devrais rentrer. Tu ne fais clairement pas preuve de bon sens ; sûrement est-ce la fatigue puisque je t’ai apparemment fait perdre le sommeil. Je suis navrée, tu crois être le seul à ne pas souffrir de cette situation ? »

Son ton est devenu presque agressif et elle ne peut que l’inciter à franchir le portail, rentrer sur Terre pour réfléchir. Avec un peu de chance, la méditation l’aidera à se rendre compte à quel point c’est un idiot, là de suite.
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MessageSujet: Re: And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen   Mar 18 Sep 2018 - 20:15

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Stephen & Clea
And it hurts like hell to be torn apart



Le claquement de sa main sur sa joue retentit dans toute la grotte. Et pourtant, isolés par le sortilège d'insonorisation, aucun des rebelles endormis ne l'entendit, pas plus qu'ils ne purent entendre le craquèlement de l'orgueil du Sorcier Suprême suite à ce geste. Bien des femmes avaient tenté de le gifler dans sa jeunesse arrogante, lorsqu'au petit matin il les traitait tout sauf galamment durant ses études, et même ensuite, pris dans son tourbillon de gloire professionnelle. Mais jamais il ne s'en était soucié, et même, ce geste outragé l'avait amusé bien des fois, comme un trophée de conquête.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Mais cette gifle-là, violenta définitivement sa fierté déjà mal placée à son arrivée. Il encaissa le choc en tournant la tête, avant de revenir lentement planter son regard noir dans celui de Clea face à lui. Au lieu de le ramener à la raison, cela ne fit qu'aggraver sa colère sourde, et surtout aveugle. « Ne refais jamais ça, » maugréa-t-il, presque menaçant. Une menace qui n'aurait jamais de concrétisation d'aucune sorte que ce soit, car jamais, il ne pourrait lui faire de mal, jamais volontairement en tout cas. Mais une menace quand même, spontanée, parce que ce geste de sa part avait plus de signification et d'impact sur son coeur que toutes les gifles et les coups qu'il avait pu recevoir dans sa vie. Tout simplement parce qu'elle venait de la seule femme qu'il aimait. Celle qui lui brisait le coeur par ses mensonges, ses omissions. Volontaires ou pas, il ne cherchait plus. Il était juste en colère, et blessé. Les mots scandalisés qu'elle prononça frappèrent son esprit, et son coeur se serra plus douloureusement encore lorsqu'elle évoqua ses propres failles, ses propres erreurs du passé. Ses découchages nombreux et désespérés de ces quatre dernières décennies pour tenter de l'oublier le temps de quelques insomnies, lorsque son absence et l'absence de sens dans sa vie lui refusaient tout repos.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]La culpabilité revint se confondre avec sa rage, confusion qui accentua sa hargne et sa mauvaise foi plus qu'elle ne les atténua, en rien aidé par la propre colère de Clea. « Et comment suis-je censé le savoir si tu ne me dis rien, » rétorqua-t-il en retour, cinglant et impitoyable. « Peut-être n'aurais-je pas fait ça si tu ne t'étais pas enfuie sans un seul mot, sans même me laisser savoir si je te reverrais un jour. Ne rien dire, encore et toujours, à croire que c'est ton passe-temps préféré. » Il était de très mauvaise foi, et au fond, il le savait. Il ne supportait juste pas d'avoir tort, et encore moins de sentir cette culpabilité qui le rongeait quant à toutes ces femmes qu'il avait eues. Il savait qu'il ne pouvait pas mettre ses fautes sur la sienne. Que c'était trop facile, et odieux, même. Mais le sorcier était plongé dans bien trop d'émotions négatives pour être lucide. Pour vouloir ne serait-ce que tenter de l'être. Pire encore, chaque parole prononcée, fut-elle de lui ou d'elle, était d'une douleur terrible qui ajoutait à cet ouragan incontrôlable.

« Je ne devrais même pas avoir à me justifier [...] Que t’imagines-tu ? [...] Celle qui enflamme si facilement ton imagination et ton orgueil. » Comment osait-elle ? Comment osait-elle non seulement lui mentir, lui cacher les éléments essentiels de sa vie, comme si de rien n'était, et plus encore, fouiller son esprit et l'insulter ensuite ? Son orgueil n'en finit plus de s'enflammer, très justement suite à ces nouvelles paroles. Le temps de réaliser pleinement qu'elle avait osé fouiller son esprit par le biais de ses pouvoirs, et ce fut un index ganté et menaçant qu'il leva vers elle, entre eux deux tellement proches que leurs auras colériques semblaient sur le point de se frapper mutuellement d'éclairs furieux.

« Je t'interdis de t'immiscer dans mon esprit ! Tu parles de mon orgueil mais ton arrogance et ton assurance enfin acquis loin de moi semblent tout aussi en mesure de te faire permettre des choses que tu ne devrais pas ! Je ne suis pas venu chercher ce Rahl dans ton esprit dès ton retour que je sache, ni aucun des nombreux secrets que tu me caches visiblement ! » vociféra-t-il, tendant le bras sur le côté pour pointer le fond de la grotte vers lequel ce dernier était parti pour les laisser seuls. Cet index lancé à la volée vers nulle part faisait tout autant référence à Umar et Dormammu, et à tout ce qu'elle pouvait encore lui cacher. « Mais peut-être aurais-je dû ? Peut-être aurais-je dû au lieu de compter sur une confiance que tu n'as pas pour espérer que tu te confies un tant soit peu. Tu as eu mille occasions, Clea, mille occasions et pas un seul mot, pas même un sous-entendu... comment veux-tu que je prenne les choses ?! Comment veux-tu que je puisse croire qu'il n'y a rien entre cet homme et toi ! Si c'était le cas, pourquoi ne m'en as-tu rien dit ?! Pourquoi ! »

Il ne comprenait pas. Et ne voulait pas comprendre, prisonnier de sa jalousie. C'était là le fond du problème. Pour toute réponse, elle ouvrit un portail menant au Sanctuaire et le darda d'un regard glacial à son tour. « Je pense que tu devrais rentrer. [...] sûrement est-ce la fatigue puisque je t’ai apparemment fait perdre le sommeil. Je suis navrée, tu crois être le seul à ne pas souffrir de cette situation ? » Son affront, à vouloir ainsi le jeter dehors, le fit se crisper de plus belle, insulté qui plus est par son rappel de son intrusion psychique. Blessé, surtout. Evidemment qu'il ne dormait pas sans elle. Il savait qu'elle non plus. Il le sentait. Mais il en venait à se dire que c'était pour une autre raison que pour leur séparation. Il était venu là pour la retrouver, pour faire cesser cette souffrance lancinante après une absence trop longue. Et voilà où cela l'avait mené que d'arriver à l'improviste. Sauf qu'il ignorait combien de temps encore elle lui aurait caché tout cela s'il ne l'avait pas fait. Un bruit lointain retentit soudainement. Un rugissement. Une chose était sûre, il était hors de question qu'elle se débarrasse de lui si aisément, aussi fit-il refermer le portail d'un geste sec de la main, sans la lâcher de ses yeux iris foudroyants. « Je n'irai nulle part. Il est trop tard pour ça. Neutralité ou non, il se trouve que ta filiation change la perspective, » annonça-t-il, sarcastique. Faux prétexte, bien sûr, mais il la défiait de lui argumenter le contraire en cet instant. Il resterait, parce qu'il n'en avait pas fini avec elle. Et avec ce Rahl. Bien déterminé à démêler le vrai du faux, et à savoir si elle ne lui cachait pas d'autres choses importantes. Accessoirement, pour l'aider à faire fuir les rebelles en plein réveil paniqué face à la menace qui venait visiblement de les retrouver. Et surtout parce qu'il était bien incapable de partir en la sachant soumise soudainement à un danger capable de lui faire du mal.



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MessageSujet: Re: And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen   Sam 22 Sep 2018 - 13:11
We were born to be together
Clea & Stephen

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Dois-je te rappeler les nombreuses fois où tu as utilisé tes pouvoirs contre moi ? Tu sais, tous ces moments où tu décidais à ma place ce que je pouvais faire ou non. Tu es très mal placé pour évoquer mon arrogance quand tu n’es pas la définition d’humilité. Balance-t-elle, d’un ton amer. Si je ne t’ai rien dit, peut-être est-ce parce que je craignais ta réaction ainsi que ta jalousie maladive et aveuglante. »

Oh bien sûr, que Clea aurait dû s’abstenir de vérifier dans l’esprit de Stephen ce qui pouvait bien le mettre en colère. Elle sait qu’il y a une limite à ne pas franchir et que lui, bien qu’il ait pu faire des choses un peu douteuses à une certaine époque, n’aurait pas osé venir fouiner dans ses souvenirs… Peut-être devrait-il, finalement, pour éviter toute confusion et quiproquo. 

« Je n'irai nulle part. Il est trop tard pour ça. Neutralité ou non, il se trouve que ta filiation change la perspective. »

Son coeur s’est comme brisé et les mots résonnent dans sa tête avec une violence inouïe. A-t-elle bien compris ? Durant l’espace de quelques secondes, Clea est incapable de bouger ou même de respirer. « (…) ta filiation change la perspective. » c’est comme lui enfoncer une lame en plein dans sa poitrine ; ce n’est pas possible. Cela ne peut pas être vrai. Probablement a-t-elle mal entendu mais elle n’a pas l’occasion de lui demander de répéter, n’en a pas envie, trop peur de l’entendre dire encore. Ses poings se serrent, elle refoule ses larmes en prenant une profonde inspiration puis finit par sortir de sa torpeur pour quitter la salle dans laquelle elle se trouve encore. L’entrée de leur refuge est pris d’assaut par des Incérébrés et déjà, certains résistants ont formé un bouclier pour permettre d’évacuer en priorité les blessés. Clea se dépêche d’ouvrir un portail, aidant Rahl et un autre rebelle à transporter les pauvres âmes. D’une main, elle contrôle le portail magique tandis que de l’autre, elle renforce le bouclier. Tous savent quoi faire, ce n’est pas la première fois qu’ils sont ainsi surpris dans leur sommeil et qu’ils doivent faire une évacuation d’urgence. Les derniers blessés ont été transportés dans d’autres planques ; ne reste plus qu’une poignée de rebelles, le plus grand nombre devant partir pour éviter les trop grosses pertes.

La blonde ne parvient pas à se concentrer, son regard ne cesse de glisser sur Stephen dont la colère se reflette si facilement dans ses sorts et ses répliques. Dire qu’elle est la cause de tout ça. Elle ne suit pas, ne fait pas réellement attention à l’environnement qui l’entoure alors que c’est sur ça et uniquement ça, qu’elle devrait se concentrer. Comment le pourrait-elle alors que son coeur même est en miettes ? Les incantations s’enchainent, touchent leurs cibles mais elle ne le voit pas, ce rayon vert qui vient la frapper en plein dans son épaule vert, la faisant tomber à la renverse. Déjà, Rahl a surgi devant elle, la protégeant d’un bouclier. La main de Clea se place à quelques millimètres de la plaie ouverte dont le sang s’écoule tout le long de son bras; trempant l’étoffe violette. Une légère lueur vient illuminer sa paume alors qu’elle murmure à mi-voix un sort de restauration. 

« Ça va ? Demande Rahl, sans pour autant se tourner vers elle.
-Juste une égratignure. »

Il hoche de la tête, se retenant de la regarder pour s’assurer qu’elle ne minimise pas les dégâts sauf qu’il sait qu’il se doit de rester concentré si il ne veut pas les mettre tous deux en danger. Plus qu’ils ne le sont déjà. Il peut sentir le regard courroucé du Docteur Strange sur lui, il ne viendra pas s’excuser d’avoir été plus rapide que lui. Dans son dos, Clea s’est relevée ; ils se regardent brièvement et dans un commun accord, se lancent tout deux à l’assaut des envahisseurs. Quarante ans qu’ils se battent côte à côte, qu’ils ont appris à coopérer sans plus avoir à dire le moindre mot ; c’est sur eux deux que repose toute la rébellion. 

Le calme est revenu, les corps des Incérébrés jonchent le sol de la caverne et heureusement, aucune victime n’est à déplorer du côté des rebelles. Clea passe d’un blessé à un autre pour soigner les plaies avant d’ouvrir un portail pour le faire partir vers tel ou tel endroit. Elle essaie de ne prêter aucune attention à Stephen dont la présence pèse pourtant lourdement ; la colère de ce dernier est toujours entière, envahit la grotte. Toujours sans un regard, elle se diriger vers la pièce dans laquelle ils se trouvaient plus tôt pour récupérer tous les documents encore étalés sur la table de pierre. Elle les confie à Rahl.

« Il va nous falloir de nouveaux endroits où se cacher. D’un geste de la main, elle fait apparaitre un plan magique de la Dimension. Contacte Tili, dis-lui de nous retrouver sur la plateforme à l’extrême Sud, dans les ruines de cristal. Que personne ne bouge sans un ordre direct. Je t’y rejoins sous peu… J’ai encore des choses à faire. »

Il acquiesce, les sourcils légèrement froncés et un peu soucieux. Son regard a glissé sur Stephen, comprenant sans mal ce que Clea entend par là. Il disparait sans un mot dans un portail, laissant seuls les deux amants. Le silence est lourd et Clea prend les devants car elle ne souhaite pas que les mots cyniques de Stephen prennent le dessus. Elle se retrouve face à lui, lève ses mains et, juste avant que ses doigts ne se posent sur ses tempes, elle murmure :

« Cela risque de faire mal. »


Son regard est perdu, elle ne sait où donner de la tête, quelle méthode appliquer, quel sort lancer. Les gens tombent comme des mouches, les cadavres jonchent le sol et les gardes d’Umar sont plus déchaînés que jamais, ne laissant pas une seconde de répit aux rebelles qui luttent comme ils le peuvent. Depuis combien de temps, est-elle revenue dans sa dimension d’origine ? Quelques jours ? Une semaine ? Pas bien plus. On ne cesse de la juger, de la regarder avec la plus grande des méfiances, elle qui a abandonné sa dimension pour suivre un humain. Sorcier Suprême, de surcroit. On ne lui fait pas confiance et quand bien même celle-ci est l’héritière légitime du trône, personne ne veut la voir avec les Flammes de la Régence. Elle ne pensait pas, lorsqu’elle a suivi Stephen, qu’elle reviendrait un jour dans la Dimension Noire, qu’elle se retrouverait à combattre auprès des rebelles. Clea ne peut pas leur en vouloir, de lui refuser leur confiance, de ne pas la voir comme leader ; elle qui manque cruellement de confiance en elle. La situation dans laquelle elle se trouve le lui rappelle si violemment : elle a tout à apprendre. 
Elle tente d’incanter une boule d’énergie mais un sort l’atteint avant même que le bout de ses doigts ne se soient illuminés. Le choc est d’une tellement violence que son corps est soufflé à plusieurs mètres de là, s’écrase sur le sol et rapidement, une mare de sang se forme sous elle. La blonde ne sent plus rien à part un froid immense qui se répand dans tout son corps meurtrit, engourdit ses membres et ses paupières se ferment alors qu’une grande silhouette se penche au-dessus d’elle.

Ses yeux ne se rouvrent que des jours plus tard, alors que la même silhouette veille sur elle. Il lui faut quelques instants pour que sa vue ne redevienne normale et qu’elle reconnaisse la personne comme étant Rahl. Un des seuls à avoir approuvé sa présence dans la rébellion, à se montrer sympathique, bienveillant. Sa main se pose doucement contre son épaule tandis qu’elle tente de se redresser. 

« Tu dois te reposer, tu as été pas mal amochée. Lui dit-il en la faisant se rallonger sur la couchette. En te voyant nous rejoindre, je pensais que ta formation était achevée. »

Un rire douloureux s’échappe de Clea, elle secoue la tête de gauche à droite.

« La théorie, oui. La pratique… Ça n’allait nulle part. Je n’avais jamais le droit de le suivre sur le terrain, je devais rester au Sanctuaire à étudier.
-Mmh. Drôle de méthode, pour un mentor. »

Les yeux de Clea se baissent, ses lèvres se pincent et son coeur se serre dans sa poitrine. Rahl n’a pas besoin de plus pour comprendre.

« Oh. Pas qu’un mentor, hein ? Il se passe une main dans ses cheveux. Je ne suis clairement pas au même niveau que ce Docteur Strange mais je peux t’aider à t’entraîner.
-Merci… »


Changement de décor.

« Tu vas jusqu’à souiller ton propre sang, essayer de détrôner ta propre mère. »

La douleur est fulgurante. Comme la nausée qui l’envahit alors que les mots de son père finissent de résonner entre les murs de la cellule. Elle chancèle, ses jambes ayant soudainement du mal à supporter son poids après la terrible nouvelle qu’il vient de lui annoncer sans la moindre délicatesse. Elle se rattrape contre un mur, sa poitrine se soulève rapidement, dans d’amples mouvements. L’air lui manque. Sa vision est troublée par les larmes qui menacent de dégouliner le long de ses joues blêmes. Sa mère. Umar. Elle secoue sa tête, cela ne peut pas être vrai, il lui ment. Pourtant, au fond d’elle et même si cela la tue de l’admettre : Clea sait. Ces terribles mots sont la réalité, elle partage le même sang qu’Umar… Pire encore, que Dormammu.

Elle quitte la cellule rapidement, pour ne plus avoir à supporter les regards choqués des autres membres du Conseil, ne plus entendre les murmures. Fille d’Umar. Nièce de Dormammu. Elle est une abomination, de celle qui ne devrait même pas exister. Comment peut-elle prétendre au trône alors que coule dans ses veines cette même magie destructrice qui oppresse la Dimension Noire depuis de si nombreuses ères ? Elle ne mérite pas la couronne, le titre et la confiance qu’on lui a finalement accordé. Certains sont de cet avis, dans le Conseil, et ne se font pas prier pour le faire savoir, pour s’opposer à ce que Clea continue de mener leur rébellion. D’autres sont confus, ne savent quoi penser puis il y a ceux qui n’ont pas perdu leur foi en elle. Surtout un. Il se dresse face aux pessimistes.

« Clea nous a prouvé son dénouement, elle ne court pas après le pouvoir comme les autres membres de sa famille. Elle se bat contre eux pour nous, pas l’inverse. »

Ses mots ont suffi à faire changer d’avis les plus indécis et adoucis les pessimistes mais Clea sait que rien n’est gagné. Encore une fois, elle devra faire ses preuves et lutter contre le dégoût d’elle-même.

Nouveau flash.

Le peuple est en liesse. Umar est vaincue, exilée dans une dimension de poche avec son ancien amant et chef de la garde. Ses parents ne sont plus ; ne reste qu’elle. Et elle est là, assise sur ce trône, les Flammes de la Régence auréolant sa tête. Tous sourient, se réjouissent qu’après de si longues années à se battre, ils ont finalement achevé leur lutte et la paix est revenue sur la dimension. Peu, pour ne pas dire personne, ne se souvient de ce que vivre sans peur du lendemain peut bien signifier. Dormammu, Umar, que des règnes de terreur. Alors que l’un ne se cachait pas, la seconde n’avait rien à envier au premier et savait juste faire preuve de plus de tact. Une main de fer dans un gant de velours. Ses grands yeux clairs sont comme perdus, le léger sourire qu’elle affiche paraît plus triste, mélancolique, qu’heureux. Debout à côté d’elle, Rahl n’est pas sans voir que Clea se force et il pose une main sur son bras pour la tirer de ses pensées.

« Pourquoi ne te réjouis-tu pas ? Tu as réussi, Umar n’est plus et la dimension est enfin en paix.
-J’aurais juste voulu qu’il soit là. » Répond Clea dans un murmure.

Nul besoin de préciser de qui elle parle, de prononcer son prénom. Il sait. Les yeux de la jeune reine se baissent, elle observe ses mains alors que toute trace de sourire disparait de sur ses lèvres. Le vide de son absence n’en est que plus écrasant, oppressant. Elle n’a plus les combats perpétuels pour la détourner de cette douleur sourde qui résonne dans tout son être, toute son âme. Et si elle revenait vers lui ? Pourrait-il seulement lui pardonner sa fuite ? Combien d’années se sont écoulées sur Terre ? Peut-être a-t-il tourné la page, est-il heureux avec une autre. Il en a tous les droits mais cette simple pensée ne fait que renforcer la douleur. Sans lui, sa vie n’a pas vraiment de sens.

Nouvelle scène.

Les magies crépitent, des étincelles jaillissent de partout. Clea est extrêmement concentrée, son regard rivé sur cette faille qui menace de s’ouvrir en plein milieu de la Dimension Noire. Ses lèvres ne cessent de bouger, de répéter des incantations muettes dans le but d’empêcher ce maudit portail de s’ouvrir. Il ne lâche pas le morceau, redouble d’ardeur et Clea ne peut pas souffler une seule seconde. Ce n’est pas la première fois, qu’elle se retrouve indirectement face à lui. Face au Sorcier Suprême de la Terre, tentant de se frayer un chemin dans la Dimension Noire. Mais celle-ci est scellée, consciencieusement surveillée par sa propre Sorcière Suprême qui, une fois Dormammu revenu, a décidé de fermer tout accès à la dimension. A la fois pour contenir les menaces intérieures de se répandre et protéger son peuple d’invités indésirables. Stephen compris. Elle ne peut pas le laisser pénétrer la dimension, au risque de se mêler à des histoires qui ne le regardent pas et face auxquelles il doit rester à l’écart. Clea le connait bien, par coeur, même. Il n’est pas du genre à respecter les règles, les lois et ne se gène pas pour aller à leur encontre. Pas cette fois. La magicienne doit y veiller. 

« Pardonne-moi, Stephen. »

Un torrent de larmes dégouline sur son visage, la douleur a atteint des sommets et ses jambes sont tremblantes. Elle ne lâche rien. Se fait plus hargneuse, plus agressive, jusqu’à ce que la magie, de l’autre côté du voile dimensionnel, ne se calme, disparaisse. Il a abandonné. La sorcière tombe à genoux, tête baissée et tout son corps tremblant comme une feuille. Rahl se précipite, passe un bras autour de ses épaules pour l’aider à se relever. Il n’est pas raisonnable de rester ainsi à découvert et il peut sentir la détresse psychologique dans laquelle Clea est plongée. Il la serre contre lui pour tenter de la réconforter bien qu’il sache que ses mots n’auront jamais aucun effet sur cette peine dévorante.

« Shhh, tu as réussi, c’est bon. C’est fini, tout est fini. »

Les yeux de Clea se posent à l’endroit même où le portail a fait son apparition et elle secoue la tête de gauche à droite.

« Ce ne serait jamais fini. » Chuchote-t-elle.


Le corps de Stephen s’effondre, la cape de Lévitation amortissant la chute de son mieux. Les quarante dernières années de la vie de Clea ont défilé dans son esprit. Rien n’a été omis, pas un seul détail et ce, jusqu’à cette exacte minute où il a fait son apparition, quelques heures plus tôt. Il lui reprochait de lui avoir caché des choses, de ne pas lui avoir fait suffisamment confiance. Maintenant il sait. D’un mouvement du poignet, elle ouvre un portail tandis que de l’autre, elle soulève le corps de Stephen. Tous deux franchissent le portail pour se retrouver dans la chambre du magicien, plongé dans l’obscurité. Délicatement, il est déposé sur le matelas et Clea s’approche de lui pour venir soigner les coupures et autres blessures causées par ses derniers combats. Sa main glisse doucement sur sa joue, elle se penche pour embrasser ses lèvres. Juste une dernière fois. 

« Je t’aime. »

La second qui suit, elle se volatilise.

***

A peine le portail refermé dans son dos, qu’un lourd poids lui tombe sur les épaules. Clea ne sait pourquoi elle a ainsi voulu tout lui montrer, alors même qu’il a été plus que précis ; que sa filiation changeait tout. Ses grands yeux clairs se sont remplis de larmes qu’elle essuie d’un geste rageur. Elle n’a pas le temps pour ça, pas le temps de laisser ses émotions prendre le dessus… Mais elle ne peut réfréner la douleur presque étourdissante qui lui étreint le coeur avec force. Une main se pose sur son épaule et elle sursaute, ayant un geste de recul avant de reconnaître la silhouette de Rahl à travers le voile humide de ses larmes. 

« Tu es sûre que ça va ? Lui demande-t-il, une pointe d’inquiétude dans la voix.
-Tout va bien. » Répond-t-elle en s’écartant pour s’enfoncer à l’intérieur des ruines de cristal.

Elle peut entendre les pas de son bras-droit dans son dos, une certaine agitation sévit dans toute la base; les résistants sont nerveux, on se demande combien de temps encore leur quartier général restera secret. Dans combien de temps les troupes de Dormammu leur tomberont dessus, dans le coeur même de la rébellion. Cela n’inquiète pas Clea plus que cela, le lieu est méconnu, découvert durant son court règne et surtout, protégé par une ribambelle de sorts de dissimulation. Le seul qui serait en mesure de les trouver serait… Stephen et l’Oeil d’Agamotto. Ce qui, n’est pas un danger car quand bien même se sont-ils plus ensemble, jamais il n’irait trahir Clea. La blonde traverse les dédales de couloirs, s’arrêtant de temps à autre pour glisser un mot à un membre la rébellion qui passerait là avant de continuer sa route jusqu’à ce qui devait abrité, il y a très longtemps, l’autel principal du temple et qui aujourd’hui sert de salle de conseil. Si on peut appeler leur trio un conseil ; tous les anciens ont péri, ne reste plus que Rahl et Clea, rejoint par Tili. La rouquine est déjà là, appuyée contre l’un des murs de cristal tellement épais qu’il en est impossible de voir à travers. Elle jette un coup d’oeil interrogateur à Rahl qui se contente de répondre d’un haussement d’épaule. La porte de bronze se referme sur eux, ils n’ont pas le temps de se reposer.

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And it hurts like hell to be torn apart. ✖ Stephen

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